Opinions 

 

 

 


Cliquez sur une des six sous-rubriques

écrites de 1999 à ce jour (ordre chronologique)

 

 

*        Politique

*        Sports

*        Economie

*        Management

*        Education

*        Humour

 

 

Politique

 

Sarkozy élu président le 6 mai 2007
vidé par la crise le 6 mai 2012

 

1 -  Rôle de l’Etat

 

Sauf pour ses trois fonctions régaliennes (défense, affaires étrangères, police et justice), l’État devrait se cantonner à fixer les règles du jeu et à contrôler leur application. Pour le reste, il devrait donc « faire-faire », au lieu de mal faire lui-même et à des coûts infiniment supérieurs à ceux du privé. L’État fait forcément moins bien et à plus fort coût (salaires comparativement supérieurs pour moins d’heures de travail et de motivation) que le privé dans les secteurs concurrentiels. Est-ce sa mission, par exemple, que de faire de la télévision, entreprise de loisirs par définition ?

 

 

2 –  Mandats électifs

 

Les trois règles suivantes devraient s’appliquer à toutes les élections des institutions publiques (organismes d’État et collectivités territoriales) et aux associations, pour favoriser une rotation (donc un rajeunissement) des responsables, des méthodes et des idées – donc d’éviter des situations de monopôle produisant immobilisme, favoritisme et souvent concussion :

 

1)  5 ans pour tous

La durée de mandat issu d’une élection ne devrait pas dépasser 5 années
(donc quinquennat obligatoire pour le Président de la République).

 

2)  70 ans maximum

L’âge maximum pour pouvoir être élu à une élection devrait être de 70 ans
(entre la date de naissance et la date du dernier tour de l’élection).

 

3)  Deux sans trois

Il ne devrait pas être possible d’être élu ou nommé pour une troisième fois consécutive à un mandat électif ou à une présidence d’organisme public ou associatif.

 

Ces suggestions, écrites dès 1999 à l’ouverture de ce site,
n’ont reçu en 2012 (12 ans plus tard) qu’une seule application partielle :
quinquennat pour le Président de la République élu depuis 2007 !

 

 

3 –  Pléthore de parlementaires

 

Les Etats-Unis sont grands comme 20 fois la France et pèsent 5 fois plus économiquement. Ils ont 435 députés et 100 sénateurs. Nous, Français, sommes bien plus malins et démocrates : il nous faut 577 députés (la gauche a ajouté 86 députés en juillet 1985 pour l’élection à la proportionnelle : les postes ont été maintenus malgré le retour au scrutin d’arrondissement) et 348 sénateurs (depuis les sénatoriales du 25 septembre 2011 : il n’y avait que 274 sénateurs en 1958). Au total, 925 parlementaires en France contre 535 aux USA : 390 parlementaires de plus, soit 3/4 (73 %) de plus. Il y a, de toute évidence, environ 400 postes de parlementaires à supprimer. La caste politique se refusera toujours à se voter une loi de réduction. Seul un référendum peut imposer une telle réforme, pour peu qu’elle trouve un président de la République assez courageux pour oser le proposer. .

 

Cette rubrique d’origine a été actualisée début 2012,
compte tenu des augmentations de parlementaires depuis 1999.

 

 

4 –  Une copie aux Présidentielles

 

Tout élève ou étudiant à un examen commence par un écrit se traduisant par la remise d’une copie répondant à des questions précises sur le programme du diplôme à obtenir. Normal. Sauf pour les candidats à la Présidence de la République. Ils peuvent se contenter, eux, d’exprimer de vagues objectifs (tous identiques), du type « améliorer l’emploi, réduire l’exclusion, rénover les structures » sur lesquels tout le monde est évidemment d’accord. C’est la bonne mine et l’origine politique des candidats qui font la différence aux yeux d’un électorat versatile par nature.

 

La constitution (ou une loi organique, pour parler plus juridiquement) ne devrait-elle pas prévoir que tout candidat soit obligé de remettre une copie écrite ? Une grille serait imposée avec des thèmes en lignes (économie, social, institutions, éducation, etc.) et des échéances en colonnes (à 6 mois, 1 an, 3 ans et fin de mandat, par exemple). Le candidat aurait à dire les mesures concrètes qu’il entend mettre en œuvre au terme des délais, par année (pour chacune des années de présidence) avec leurs incidences budgétaires : coût supplémentaire pour l’État  ou montant des économies attendues. Les nouvelles recettes fiscales envisagées (impôts et taxes) devraient donc être aussi chiffrées. On y verrait plus clair sur les intentions précises des candidats pour voter et pourrait juger de la réalisation des promesses faites au fil du temps et lors de la prochaine élection. Mais comment voulez-vous que nos dirigeants politiques s’imposent ce qu’ils exigent de simples potaches, et prennent le risque de mettre en évidence leur manque de fiabilité ?

 

Ajoutons une mesure de simple bon sens qui devrait être imposée pour pouvoir être candidat à une élection présidentielle : avoir été un minimum de temps (au moins un an) membre d’un gouvernement. On exige des diplômes précis pour être candidat à un concours : par exemple une maîtrise pour se présenter au Capes ou à l’agrégation. Or, aucune compétence préalable correspondante n’est exigée pour la plus haute épreuve de la nation ! Ce serait un moyen supplémentaire de limiter les candidatures fantaisistes aux présidentielles. Voir par ailleurs la rubrique 75 sur une autre mesure destinée à limiter sérieusement les candidatures sans rapport avec l’objet : ils peuvent dire et ils disent n’importe quoi (propos irréalistes et extrémistes) puisqu’ils n’on aucune chance d’être élus.

 

 

5 –  Bluff sur l’Egalité

 

Bien que notre devise nationale soit « Liberté, Égalité, Fraternité », l’égalité est prétendue prioritaire par tous nos gouvernements parce que le mot Liberté est trop proche de l’adjectif « libéral » (à faire précédé de Ultra pour mieux le déconsidérer). Pourtant, il n’y a pas plus inégalitaire que l’État qui favorise bien les fonctionnaires (mieux payés, travaillant moins, ne risquant pas le chômage et accédant plus tôt à une retraite plus élevée) sur les salariés du privé. L’État qui subventionne certaines entreprises et pas d’autres ou qui accorde des réductions fiscales à certaines catégories professionnelles et pas à d’autres. Qui conteste ces inégalités maintenues par l’État ? Personne, c’est une situation normale, même pour les partis dits de droite républicaine.

 

 

6 –  Abus d’inégibilité

 

Les affaires de fausses factures concernant par un « paritaire politique » (on ne peut plus dire « homme politique » depuis que les femmes sont à égalité) aboutissent à une fabuleuse distinction,  selon que son but était l’enrichissement personnel ou le détournement de fonds publics au profit de son parti. Comme si la somme destinée au parti ne revenait indirectement plus tard au candidat pour l’aider à financer sa campagne et ainsi prolonger ses revenus d’élu.

 

Les sanctions d’inéligibilité (les seules que craignent les paritaires) des tribunaux sont carrément comiques : car basés sur une durée et non pas sur la (ou les prochaines) élection(s) nommément désignée (municipale, cantonale, régionale, législative, européenne, présidentielle). Ainsi le hasard du calendrier peut faire que l’interdiction de se présenter soit purement théorique. Parce qu’il n’y a pas d’élection prévue dans le délai ou que celle-ci n’intéresse pas le condamné. Quand même sympas nos juges.

 

 

7 –  Ex-Fonctionnaires

 

Autrefois, l’Assemblée Nationale était surtout composée de médecins et d’avocats. Aujourd’hui, près des 2/3 des députés sont fonctionnaires d’origine. Ceci explique un état d’esprit général peu favorable au monde des entreprises. C’est un état de fait anormal parce que le fonctionnaire a le temps de préparer une élection et retrouve son poste s’il est battu après avoir effectué un mandat.

 

La correction de cette situation nuisible à une vraie démocratie représentative ne doit pas se faire par des quotas, mais par un texte prévoyant que tout fonctionnaire perd, après l’exercice d’un mandat, sa qualité de fonctionnaire et donc la possibilité de se retrouver au chaud avec son poste et son salaire en cas de défaite électorale ultérieure.

 

 

8 –  Fonctionnaire jeune

 

Pou être fonctionnaire, il faut réussir un concours que l’on passe jeune au sortir des études. Après on peut être mauvais ou buller pour le restant de ses jours. Pourquoi l’Etat n’autorise-t-il pas tout le monde, quel que soit son âge, à être candidat à un concours ? Discrimination interdite légalement sur le sexe ou la race. Mais sur l’âge : oui ! Par peur de recruter des personnes déjà expérimentées et motivées ? Pour se présenter à des élections politiques, nos parlementaires savent bien ne mettre aucune limite d’âge.

 

 

9 –  Sacré Attali

 

« Dans un monde de plus en plus éloigné du modèle qui inspira le statut de la fonction publique française, l’Etat ne sait ni déléguer, ni consulter, ni faire confiance, ni gérer la transparence, ni ouvrir des chantiers, ni proposer des réformes. »

 

Cette phrase est extraite de la chronique de Jacques Attali, ancien grand conseiller de Mitterrand, dans L’Express du 30 mars 2000. Heureusement, car si de tels propos provenaient d’un opposant de droite (difficile à imaginer puisqu’il n’y en a plus), il serait vite accusé d’être un ultra-libéral pro capitaliste américain !

 

 

10 –  Un puissant ?

 

Le président de la République est tout puissant en France si la majorité de l’Assemblée Nationale est de son bord. Il est une simple potiche, n’ayant plus qu’un pouvoir de nuisance sur l’action du gouvernement, si elle lui est contraire. C’est ce que nous vivons avec les cohabitations. Cela plaît visiblement aux Français, parce que les partisans de gauche comme de droite ont l’impression d’être représentés dans les hautes sphères de l’Etat. Pourrait-on concevoir une situation aussi ridicule qu’inefficace dans une société privée où le PDG et le Directeur Général passeraient leur temps à se débiner et se contredire aux yeux des salariés et des clients ?

 

 

11 –  Service militaire

 

Le service militaire est né à la Révolution pour que le maximum de bras puissent défendre la nation en danger. Puis une fonction d’homogénéisation des classes sociales s’est ajoutée pour justifier et pérenniser cette institution, jugée intouchable. En fait, le service militaire coûtait la peau des fesses et donnait de mauvaises habitudes aux jeunes Français (fumer, mal parler, glander, etc.). Son seul mérite revenait à occuper les militaires professionnels en temps de paix et à assouvir leur soif de commandement (crier sur des bidasses).

 

Il a suffi qu’un Président, fraîchement élu, décide en 1996 de le supprimer pour que les militaires et les politiques reconnaissent unanimement que l’avenir est à l’armée de métier. La seule réforme sensée de Jacques Chirac montre le poids de la pensée unique et la facilité avec laquelle il est possible de la modifier, si on a une position élevée et le courage de ses opinions !

 

 

12 –  Aide aux PVD

 

Les aides de la France aux Pays en Voie de Développement (ex sous-développés) ne devraient  exister que sous 2 conditions simultanées :

1)       Être limitées aux pays réellement démocratiques ;

2)     Être versées uniquement « en nature », pour éviter que l’argent ne soit détourné dans les poches des quelques dirigeants et pour faire travailler les entreprises françaises. La France construirait directement le pont demandé, au lieu de faire un pont d’or indirecte aux hauts dignitaires locaux, issus d’un coup d’état ou d’élections truquées, et dénués de tout scrupule.

 

 

13 – Sur les quotas

 

Pourquoi les immigrés sont-ils la plupart du temps en France : pauvres, pleins d’enfants et originaires du Maghreb ou de l’Afrique noire ? Une constatation à laquelle s’ajoute que nous admettons, par droit d’asile, les persécutés des régimes politiques étrangers. C’est invérifiable et imprudent puisque la moitié de la population mondiale vit encore sous le joug de dictateurs. Les services d’immigration américains n’hésitent pas à repousser les riches blancs d’Europe. Il y a donc deux poids et deux mesures dans la sélectivité de l’immigration selon les pays. S’il y a des quotas à introduire en France (Mitterrand disait lui-même qu’on ne peut pas « accueillir toute la misère du monde »), c’est peut-être d’abord en cette matière (nombre annuel tolérable, répartition par origine, conditions de ressources) plutôt qu’en politique électorale interne (pourcentage obligatoire d’élues).

 

 

14 –  Réformes… pour les autres

 

Les Français ne sont pas conservateurs puisqu’ils sont pour les réformes, mais… à condition qu’elles aient lieu chez les autres où, que diable, il faut remédier aux abus et privilèges ! Celles qui les concernent personnellement sont par contre refusées parce que mauvaises pour les clients (ou les usagers) ou décidées sans concertation suffisante. Dans les services publics, les fonctionnaires arguent des deux à la fois. C’est plus efficace pour faire échec à tout projet de réforme et faire virer rapidos le ministre de tutelle qui a osé les perturber.

 

 

15 –  Objectifs de réformes

 

Toute réforme de structures ou de prestations, instaurée par l’Etat, devrait être basée sur un des deux principes suivants (et même sur les deux, si les circonstances le permettent) :

Principe de meilleure répartition des moyens. C’est-à-dire que toute réforme de structure devrait avoir pour objectif une meilleure utilisation des ressources disponibles (en main d’œuvre et en moyens financiers ou matériels). Ainsi, l’Etat crée très souvent des nouveaux organismes pour suppléer la défaillance de structures existantes, sans oser supprimer ces dernières. On aboutit donc à une accumulation d’administrations, de comités, de services qui se marchent sur les pieds et n’ont plus d’autres buts que d’essayer de subsister.

Principe de financement par économie correspondante de dépenses publiques. Si la réforme projetée doit inévitablement conduire à des dépenses supplémentaires (cas des prestations sociales), elle ne devrait jamais être financée par la création d’impôts ou la hausse des impôts existants, mais par une réduction obligatoire d’autres dépenses publiques. Une surcharge de frais dans le privé (35 heures par exemple) ne peut être avalée que par une réduction des dépenses (c’est l’emploi qui déguste en premier), car le consommateur (concurrence oblige) n’est pas d’accord pour payer les pots cassées. L’absence d’application de ce principe dans le public conduit à la situation d’aujourd’hui avec un déficit annuel du budget de l’Etat de 200 à 300 milliards nouveaux et une dette globale plus de trois fois supérieure à un budget annuel.

 

 

16 –  Exos en cadeau

 

Quitte à être inégalitaire en favorisant financièrement des catégories ou actions d’entreprises (jeu de la concurrence faussé), l’Etat serait bien inspiré de procéder uniquement par exonération d’impôts, au lieu d’utiliser le mécanisme des subventions. L’exonération est un simple manque à gagner, alors que la subvention oblige à prélever de l’impôt sur d’autres.

 

 

17 –  Création d’entreprises

 

Jospin a annoncé le 11 avril 2000, à grands renforts de médias et avec un air de « Plus libéral que moi, tu meurs… », qu’il va prendre des mesures pour encourager la création d’entreprises. Qu’en penser ? Spontanément, trois choses :

Effets d’annonce. D’abord, les effets d’annonce sont toujours tonitruants. Mais les mesures prises ensuite se révèlent souvent sans consistance (la montagne accouche d’une souris). Pour mémoire fin 1997, le gouvernement claironne vouloir prendre plus de 36 mesures pour faciliter la vie des micro entreprises. Au même moment, l’administration fiscale imposait que la déclaration de TVA, jusque là trimestrielle, soit remplie chaque mois, multipliant les charges de paperasserie par trois !

Amour intéressé. C’est fou ce que nos gouvernants aiment les entreprises, mais uniquement en tant que cochons de payeurs. Il faut bien qu’ils trouvent de nouveaux contribuables - vaches à lait - pour remplacer les sociétés qui se sont écroulées sous le poids des taxes, impôts, charges et prélèvements de toute sorte. Ca ressemble à un cercle vicieux.

Philosophie interventionniste. L’état d’esprit qui préside à de prétendues améliorations consiste toujours à aller puiser un peu plus dans les caisses de l’Etat (donc, dans nos poches) pour assurer leur financement. Or le financement des créations doit relever, par nature, d’intervenants privés : banques, capital-risqueurs, salariés actionnaires ou avec compte courant. La création est une affaire d’initiative privée sur un marchés concurrentiels.

 

 

18 –  Des vraies mesures

 

Les principales mesures annoncées en faveur de la création d’entreprises par le gouvernement Jospin seront encore « bidons ». C’est-à-dire qu’elles ne seront, comme d’habitude, que provisoires et insignifiantes. La simplification des formalités de création n’est qu’une goutte d’eau au regard de tout ce qu’a à faire un apprenti créateur (projet marketing, financement, statuts, locaux, équipements, etc.). C’est juste un petit échauffement sur les formalités coûteuses, en temps et en argent, qui lui seront sans cesse demandées dans l’exploitation de son entreprise. Même remarque pour les allégements fiscaux de départ qui servent de produits d’appel : le créateur verra les dégâts quelques mois après s’être installé à son compte !

Les mesures les plus efficaces pour favoriser la création d’entreprises seraient plutôt :

1)       Formations gratuites sur la création, pour que tous ceux qui ont le moindre projet soient bien informés des risques et bien formés pour réussir. Gratuites, parce que c’est le seul moyen qu’ils les suivent effectivement, au lieu de se croire assez armés (être responsable d’une entreprise n’est pas le même métier que d’être responsable d’un service dans une entreprise, comme salarié) ou de vouloir éviter ses dépenses supplémentaires de stage à leurs frais. Gratuites parce l’Etat dépensent des sommes folles pour les scolaires, les étudiants, les réinsertions, les prisonniers, etc. La formation préalable à la création serait, elle, directement productive. Elle devrait donc être, non seulement gratuite, mais obligatoire avant inscription de la société, pour auto-protéger le créateur et ses futurs créanciers.

2)       L’aide de l’Etat devrait se borner à assurer un service de caution gratuit aux créateurs. Si nos frileuses banques refusent de prêter de l’argent, c’est surtout parce que le créateur ne peut leur fournir de garanties suffisantes. La moitié du temps sans emploi, il a déjà raclé ses poches et les fonds de tiroir de sa famille pour dégager le capital et les apports personnels. L’Etat ne devrait pas aider par de la fraîche, mais apporter cette assurance de remboursement qui intéresse la banque, en cas de difficultés. La décision d’accorder la caution de l’Etat (et son montant) serait prise par un organisme local à créer, composé majoritairement de chefs d’entreprises expérimentés, dans le cadre d’enveloppes et de critères définis par l’Etat.

 

 

19 –  Parts de gâteau

 

Pourquoi  ne pas (et ne plus) aider le créateur d’une entreprise par des aides financières directes ou des réductions momentanées de charges ? Pour deux raisons de pure logique.

 

  1. La première est que ces pratiques, comme toutes subventions, revient à favoriser une entreprise, forcément au détriment d’une concurrente. C’est fausser le jeu de l’économie, alors que le rôle de l’Etat est de fixer des règle d’égalité et de saine compétition.

 

  1. La seconde raison touche à un raisonnement plus macro-économique (global, pour parler clair). Le marché intérieur étant ce qu’il est (petit ou en expansion), toute entreprise nouvelle ne peut vivre ou se développer qu’en prenant des parts de marché sur ses consœurs du même secteur d’activité. Habiller Paul (le nouveau) revient donc à déshabiller Jean (l’ancien) ! Le gain sera à l’arrivée « nul » en termes de volume d’emplois réellement créés ! Le seul cas qui mérite une aide financière (par déduction d’impôts et non par subventions) concerne une entreprise nouvelle travaillant à l’export, car sa production procure une richesse nette pour la France (au détriment d’exportateurs étrangers ou de la main d’œuvre des pays destinataires).

 

 

20 –  Mauvais calculs

 

Le premier objectif d’un nouveau candidat à une élection politique est d’être élu. Normal. Une fois élu, son seul objectif sera de parvenir à être réélu. Et ainsi de suite aux élections suivantes. N’est pas professionnel qui veut. C’est la même chose pour un gouvernement. Le principal objectif du parti au pouvoir est (hélas) de gagner les prochaines élections générales pour y retourner. Si les places n’étaient pas si bonnes à prendre, il y aurait moins de bousculades au portillon.

 

Pour être élu, il faut nécessairement se différencier (c’est le b.a.ba. du marketing) et donc radicaliser son programme. Une fois en place, l’élu ou le gouvernement croit que, sa clientèle (électorat) étant supposée acquise (fidèle), il ne lui reste plus qu’à séduire ceux du bord opposé (qui n’ont pas voté pour lui) pour conforter sa position et assurer une réélection confortable.

 

C’est là que tout se complique. Le gouvernement de gauche fait, une fois en place, une politique de droite, et vice versa ! Et l’opinion ne voit plus de différence de politique entre un gouvernement de gauche et un gouvernement de droite. C’est « Bonnet blanc et Blanc bonnet », comme disait avec humour le communiste Jacques Duclos dans les années 60 ! Furieux d’avoir été grugés, les électeurs s’abstiennent, ou émettent un « vote protestataire » pour un parti marginal de mécontents (qu’il s’appelle PC, vert, Chasse-pêche-nature, Lutte ouvrière ou Front National : c’est le même principe) ou même apportent leurs suffrages au parti ennemi, avec l’idée que, à tout prendre, il saura mieux faire la politique inverse.

 

C’est comme ça qu’on a droit à l’alternance depuis le début des années 1980. Les hommes politiques sont peut-être diplomates, mais sûrement mauvais calculateurs. Ils n’ont pas assimilé l’essence du marketing selon lequel le client est versatile par nature et se détourne du produit s’il n’est pas conforme aux attentes. C’est pas très surprenant puisqu’ils sont presque tous d’origine fonctionnaire ou profession libérale. Quand un cercle est vicieux, il vaut mieux en sortir. Ils auraient plutôt, en fait, intérêt à faire sincèrement ce qu’ils ont promis. S’ils étaient obligé de faire la politique pour laquelle ils ont été élus, les programmes seraient dès le départ plus sensés et réalistes. Et ils auraient plus de chance de repasser !

 

 

21 –  Le nez de Chirac

 

Chirac passe pour être un mec sympa, mais impétueux et gaffeur. Ajoutons qu’il est aussi cruellement malchanceux. Quand il dissout l’Assemblée Nationale en 1997, il attend « pile poil » le moment où la conjoncture se retourne, passant d’une crise pourrie à une folle croissance. C’est triste comme il y en a qui n’ont pas de bol.

 

C’est dommage qu’il n’ait pas pensé à se renseigner. Ayant alors tous les pouvoirs et l’administration entre ses mains, il aurait appris, par l’INSEE et les instituts de conjoncture, que l’expansion était à la porte ! Il aurait aussi pu penser, à l’occasion de ses multiples voyages à l’étranger, à observer l’évolution économique, au lieu de ne regarder que les pognes à serrer. Ils étaient souvent déjà en début de croissance, signe annonciateur…

 

Avoir le nez dans le guidon est peut-être bon pour les cyclistes, mais sûrement pas pour un stratège politique ou un chef d’entreprise. La différence est que ce dernier le sait.

 

 

22 –  Croissance et 35 heures

 

Si Chirac n’a pas de nez, donc pas de chance. C’est l’inverse Jospin en 1997. Au plus bas dans les sondages, les socialistes récupèrent aux législatives le pouvoir sur un plateau. L’abstention ou les votes égarés sur des partis de mécontentement des électeurs de droite, déçus de deux années d’augmentations incessantes d’impôts par Juppé, a suffi à propulser Jospin à Matignon.

 

Deuxième miracle : pas sitôt installé que la croissance arrive. Il fait les 35 heures que jamais les entreprises n’auraient pu psychologiquement tolérer ni financièrement supporter sans une très forte expansion générale. Le problème est qu’il y aura inévitablement un retour de bâton. Elles se réveilleront un jour avec une croissance atténuée ou disparue. Attention les dégâts en faillites et sur l’emploi ! Pourvu que ces foutus américains et leur internet mondialiste nous prolongent, le plus longtemps possible, la bonne situation actuelle.

 

 

23 –  Idéal socialiste ?

 

Une société de fonctionnaires où plus rien ne fonctionne (humour).

 

 

24 –  Socialistes au gouvernement

 

C’est pas plus mal que si c’était pire !

 

 

25 –  Les deux France

 

Sur le thème des deux France, on peut multiplier à l’infini les classifications : géographiques (France du nord et du sud, avec accent et soleil), politiques (gauche et droite, classe politique et peuple, sociologiques (riches et pauvres, jeunes et vieux, conservateurs et réformateurs) ou économiques (patrons et salariés, cadres et employés, au boulot et sans emploi, etc.).

 

Le concept a été lancé en 1982 par un livre du polytechnicien Lionel Stoléru, sous le titre de « La France à deux vitesses ». Il parlait déjà de la « Fracture » qui coupait notre pays en deux : la France « abritée » (5 millions sur 22 au travail) face à la France « exposée » (17 millions), sur le critère de l’exposition à la concurrence internationale.

 

Serait-il faux d’actualiser Stoléru en disant que la principale distinction est aujourd’hui la France du Public et la France du Privé ? La première cumule les avantages et la seconde doit se débrouiller comme elle peut. La seule contrepartie heureuse pour la France du Privé est qu’elle connaît moins, statistiquement, les dépressions et les maladies que la France du Public. Cette présence plus soutenue au travail de la France du Privé lui donne la productivité indispensable pour payer l’autre France. Sans compter que les 15 millions qui travaillent dans le privé ont aussi à financer, outre les 5 millions de fonctionnaires, les 5 millions de sans emploi.

 

 

26 –  Chefs d’entreprise en politique

 

Pour renouveler la politique, confisquée par les professionnels, beaucoup pensent qu’une solution consiste à intégrer un plus grand nombre de personnes émanant de « la société civile ». Ainsi les partisans de la droite pourraient espérer que les chefs d’entreprises viennent apporter leur efficacité pour dynamiser les réformes, l’économie et l’emploi. Que nenni !

 

Le patron nouvellement élu ou nommé est aussitôt happé par le système, ses méthodes démagogiques et son état d’esprit collectiviste. S’il gérait avec parcimonie et lucidité les dépenses et emplois de sa boîte, il devient soudain terriblement dépensier, augmentant le nombre de fonctionnaires à son service et les frais généraux. Il prend grand soin de faire, comme les autres, financer ses projets par des augmentations d’impôts.

 

Résultat des courses : bénéficiant de son expérience du privé, il est encore plus redoutable que les professionnels en place dans ses actions dirigistes et socialisantes. Conclusion finale : comment voulez-vous qu’on s’en sorte ?

 

 

27 –  Démocratie ou comédie ?

 

Pour faire de la politique, il faut être élu. Pour être élu, il faut communiquer. Communiquer sur quoi ? Sur ce que l’on veut faire si l’on est élu (programme) et sur soi-même (image). A défaut de programme par manque d’idées (y en a pourtant plein ici dans ces rubriques d’opinions) ou de conviction (pensée unique), les candidats (perpétuels, vus que les mandats ont une durée limitée) ne communiquent plus que sur leur image.

Ainsi s’explique deux phénomènes simultanés : la disparition des émissions purement politiques à la télé et la présence de nos politiciens dans les émissions de divertissement (genre Mimi Drucker). Là, ils ne font que d’essayer de se rendre sympathiques (vendre leur image). Meilleurs comédiens que les vrais artistes, ils sont toujours très bons. Spectacle assuré, démocratie moderne !

 

 

28 –  Gestion ou mission ?

 

Un sujet classique des épreuves de Sciences Politiques est la distinction entre l’administration de gestion et l’administration de mission. La première gère et la seconde anime. Le problème est que les gouvernants eux-mêmes constatent que l’administration de gestion est inefficace, endormie dans son train-train. Pour dynamiser ou lancer une nouvelle politique, ils ont tendance à créer une administration de mission qui se sur-ajoute à la précédente, laquelle ne peut être supprimée (fonction publique oblige).

 

Cette pratique explique en partie la profusion continuelle de services publics (donc d’impôts) et les lutes intestines internes d’attribution de compétences (d’ou lenteur). La nouvelle administration de mission, bien motivée au départ, perdra progressivement son punch et se transformera en molle administration de gestion. Elle se battra pour trouver des choses à faire (même en double ou triple emploi) et subsistera. Re bellotte pour une administration supplémentaire…

 

 

29 –  De « 7 » à « 5 »

 

Chirac annonce lundi soir 5 juin à la télé son accord sur la réduction à 5 ans du mandat du Président de la République. Peu importe que sa motivation soit purement personnelle : augmenter ses chances de réélection en 2002. Il compte soumettre à référendum la simple question du quinquennat « sec ». La logique démocratique voudrait que le peuple ait à se prononcer sur le choix entre 4 possibilités :

1.       Voulez-vous garder le septennat actuel (renouvelable) ?

2.       Voulez-vous le septennat, mais non renouvelable ?

3.       Voulez-vous un quinquennat renouvelable ?

4.       Voulez-vous un quinquennat renouvelable une seule fois ? (la meilleure solution)

 

Les Suisses ont l’habitude de voter sur de multiples solutions, mais les Français, immatures en politique, n’auraient droit qu’à jouer au « oui ou non » sur une question unique ! C’est d’autant plus important que les mandats « renouvelables plus d’une fois » sont une des causes du mauvais fonctionnement et des abus de toutes nos institutions (lire la première opinion de cette rubrique). Appliquer au Président le principe de « pas plus de 2 mandats de suite » créerait un précédent plus facilement extensible aux autres organes publics et aux associations.

 

 

30 –  Totalitaires

 

Nazisme et communisme sont des régimes à mettre sur le même plan : totalitaires en internes et expansionnistes par le guerre à l’extérieur. Massacres politiques et racistes, charniers et camps de concentration (goulags en russe) ont été leur mode d’action courant, abominable.

 

Pourtant, dans les bilans et l’échelle de l’horreur, le communisme détient bien la palme. Hitler est arrivé au pouvoir par voie démocratique (chancelier le 30 janvier 1933, après des élections démocratiques), alors que Lénine s’est imposé par la révolution d’octobre 1917. Le fascisme s’est effondré après onze ans le 30 avril 1945, alors que le communisme soviétique a poursuivi ses méfaits pendant 77 ans jusqu’en 1989. La Seconde Guerre mondiale, imputable à Hitler, n’aurait sans doute pas eu lieu si Staline ne lui avait pas laissé les mains libres en signant le pacte germano-soviétique le 23 août 1939. Les communistes français ne sont entrés dans la Résistance qu’après qu’Hitler soit entré en Russie le 21 juin 1941. Et ils ont eu le culot à la Libération de prétendre qu’ils incarnaient à eux seuls toute la résistance (ils ont encore le culot de le prétendre aujourd’hui) ! La défaite de l’Allemagne a permis aux communistes russes de s’emparer de toute l’Europe de l’Est. Voulant aussi imposer leur système au Tiers Monde, ils ont provoqué des guerres nationales ou civiles en Orient (Indochine), en Afrique et en Amérique du Nord pendant quatre décennies. Au total, le communisme, tel qu’il a été appliqué, est à l’origine d’un nombre de morts considérable, sans commune mesure avec celui de la guerre 1939-1945. Stéphane Courtois a estimé, dans son Livre noir du communisme publié en novembre 1997, que l’idéologie responsable de la mort d’environ cent millions de personnes depuis 1917. Il chiffre par pays (page 14) les principales victimes : 65 millions de morts en Chine, 20 millions en URSS, 2 millions en Corée du Nord, 2 millions au Cambodge, 1 million au Vietnam et 1 million en Europe de l’Est.

 

Pourtant en France aujourd’hui, malgré les faits objectifs qui viennent d’être rappelés, le communisme a droit de cité. Les mots nazisme et fascisme sont les seuls à être synonymes de totalitarisme et d’horreur. Le communisme a toujours son parti sous le même nom et même des ministres au gouvernement. Il dégage un coefficient de sympathie par la bonne bouille et le comique rassurant de son nain de jardin ; il bénéficie encore de 7 à 10 % des votes. Que la Gauche républicaine se satisfasse de ce scandale parce qu’elle lui permet d’être au pouvoir grâce à son alliance électorale, c’est son intérêt propre, même si c’est 100 % anormal et amoral. Que la majorité du peuple et les partis dits de droite tolèrent cette situation, c’est « révoltant », comme dit PPD aux Guignols de l’info.

 

 

31 –  Reliques : oui à Staline

 

Yahoo, un des plus célèbres site d’Internet, est en conflit avec les autorités françaises pour avoir hébergé des offres de vente d’objets de l’époque hitlérienne. On peut donc légalement proposer sur le Web des portraits, statues ou souvenirs de Staline, ou de Lénine, ou de n’importe quel dictateur communiste, mais surtout pas un drapeau ou autre relique des fascistes allemands qui n’intéressent que des collectionneurs historiens ou des nostalgiques à moitié fous. Passionné personnellement par aucune de ces reliques, je ne comprends pourquoi on créerait des interdictions limitées à un seul de ces régimes totalitaires.

 

 

32 –  Mme « Moi Je » pleure Rézala

 

Rézala, le meurtrier de trois jeunes femmes dans le train, s’est suicidé par asphyxie, fin juin 2000, en mettant le feu dans sa cellule de Lisbonne, au Portugal. C’est la meilleure fin qui pouvait nous arriver pour deux raisons :

§         La première est que sa mort volontaire venge les victimes et leurs familles.

§         La seconde est  cette issue économise à l’Etat français (donc à nos impôts) une petite fortune correspondant aux frais de procès et de prison (à vie).

 

Il est compréhensible que les avocats des familles regrettent le geste de Rézala qui les prive d’honoraires et de notoriété. Mais que notre Ministre de la Justice, la blonde « Madame Moi Je », qui se croit aussi belle qu’elle a la tête enflée, déplore publiquement (elle aurait préféré qu’il soit jugé et condamné) sa disparition, ça dépasse carrément les bornes. Elle aurait eu un tout autre langage si elle avait dû payer, de ses propres deniers, les frais de procédure et de prison. Facile de jouer à l’humanitaire « gauche caviar » quand c’est les autres qui trinquent !

 

 

33 –  Suppression du sursis

 

La Justice dispose, dans son arsenal de peines, de la condamnation « avec sursis ». Cette possibilité donne bonne conscience aux juges et jurés qui ont l’air de sanctionner sévèrement, alors qu’une infime partie de la peine « officielle » sera en fait exécutée (sans compter les remises de peine ultérieures). Cette pratique devrait abolie pour une plus grande clarté.

 

 

34 –  Rénovation interne

 

Il est de bon ton pour les parlementaires de déplorer l’état lamentable des prisons françaises. Qu’attendent-ils pour voter une loi mettant au travail les prisonniers : qu’ils rénovent eux-mêmes leurs bâtiments et leurs cellules. L’Etat n’aura qu’à acheter les matériaux. Trop logique et économique, pour que personne ne songe à cette solution ?

 

 

35 –  A l’Est de Chirac

 

Chirac hérite pour 6 mois de la Présidence tournante de l’Europe. Son grand projet démagogique est d’accélérer l’entrée des anciens pays communistes des l’Est. Comme ça, le système deviendra ingérable et les occidentaux vont payer les dégâts de cinquante années de marxisme. Pour être copain avec tout le monde et aggraver encore plus la situation, il ne va pas manquer de pousser le candidature de la Turquie qui ne possède en Europe que le tiers de la superficie de sa capitale, Istanbul !

 

Son sens de la géographie n’est pas meilleur que celui des Allemands qui en 1940 avait placé Bayonne en zone Nord (zone occupée) et Clermont-Ferrand, situé 500 kilomètres plus au nord, en zone Sud (sous l’autorité de l’Etat Français, jusqu’en 1942) !

 

 

36 –  Bon sens

 

Le référendum sur le quinquennat du dimanche 24 septembre 2000 donne 73% de Oui sur les 30% de votants. C’est une avancée d’avoir pu réduire une durée vieille d’un siècle et quart. Il y aura inévitablement d’ici peu une autre réforme consistant en un alignement de tous les mandats à 5 ans, durée pour le président. Il ne restera plus qu’à fixer un âge limite de candidature (70 ans) et interdire plus d’un renouvellement immédiat, pour aboutir au système que nous préconisons depuis toujours, démocratique et anti-concussion (voir opinion politique n° 2).

 

 

37 –  Pléthore de prétendants

 

Au premier tour de la présidentielle du 21 avril 2001, pas moins de seize candidats se sont présentés. Il n’y avait eu que six prétendants (dont un Barbu) à la première élection au suffrage universelle de la Ve République. On avait cru atteindre un maximum avec 12 candidats en mai 1974 où Giscard fut élu président. La solution à cette inflation, qui dénature son but de choisir un homme capable et représentatif (et non d’utiliser cette tribune pour défendre des intérêts catégoriels ou se positionner pour l’avenir), est simple. Il suffit de décider que seuls les 6 candidats (ou un peu plus) qui auront recueilli le plus de signatures (sans même besoin de fixer un minimum de 500 parrainages) seront admis à se présenter au premier tour.

 

 

38 –  Socialiste au tapis : pas nouveau

 

La gauche plurielle a beaucoup pleuré l’élimination de Jospin au premier tour de la présidentielle, le 21 avril 2001. Aurait-elle, comme tous les Français, la « mémoire courte » ? Pareille mésaventure que l’éviction d’entrée du candidat socialiste avait eu un précédent historique. Le 1er juin 1969, le SFIO marseillais Defferre avait obtenu un piteux 5,07 % des suffrages exprimés, laissant Pompidou en découdre aisément face à Alain Poher (alors président intérimaire, en tant que président du Sénat) au second tour. La présence de deux candidats dits « de droite » au second tour d’une présidentielle s’était donc déjà produit avant le 5 mai 2002 : le 15 juin 1969 où Georges Pompidou succédait à Charles de Gaulle à la présidence de la République !

 

 

39 –  Classe politique « Faux-jeton »

 

L’ensemble de la classe politique s’est comportée avec un gigantesque mensonge entre les deux tours de la présidentielle de 2002. Elle a fait croire que Le Pen représentait un danger pour la démocratie. Alors qu’ils savaient tous pertinemment que, même élu, le leader du Front national n’aurait eu absolument aucun pouvoir politique (sauf les nominations présidentielles) face à une majorité forcément hostile au Parlement. Profiter de l’ignorance des Français en matière constitutionnelle, « c’est pas bien », comme disait Jospin dans les Guignols !

 

 

40 –  Chirac réélu : meilleur pire score !

 

Jacques Chirac a réussi un double exploit simultané aux présidentielles de 2002. Au premier tour, le 21 avril, il réalise le plus mauvais score d’un candidat ensuite élu président au second tour : moins de 20 % des votants (19,88 %) et 13,75 % des inscrits ! Au second tour, le 5 mai 2002, il pulvérise le record jusque là détenu par Louis-Napoléon Bonaparte (74,5 % des voix le 10 décembre 1848, premier président de la IIe République, avant de devenir Napoléon III) en obtenant le score ex-soviétique de 82,08 % des voix ! Est-ce une logique « à la française » ou un « effet Chirac » incompréhensible ?

 

 

41 –  Législatives : un système électoral juste

 

Le système électoral en vigueur pour les élections législatives mérite d’être réformé pour concilier le double impératif de l’efficacité (dégager une majorité) et de la démocratie (assurer une représentation plus équitable des voix). Deux solutions sont proposées, à cumuler si l’on veut mieux atteindre l’objectif :

1er  Incorporer une dose de proportionnelle au scrutin d’arrondissement à conserver comme méthode de base. Comment ? En remplaçant le scrutin d’arrondissement par la proportionnelle dans les grandes agglomérations qui deviendraient une circonscription unique élisant plusieurs députés au pourcentage des voix obtenus par parti déclaré. Pour les départements sans très grandes villes (à fixer à 50.000 habitants par exemple), les circonscriptions seraient redécoupées autour des vrais pôles économiques, dégageant éventuellement un ou plusieurs sièges à la proportionnelle départementale. Ainsi, le département de l’Allier comporte actuellement quatre circonscriptions : une correspondant effectivement aux trois principales agglomérations de Moulins, Montluçon et Vichy, une quatrième factice en plein milieu du département de Gannat à Cérilly. Les communes de St-Germain-des-Fossés et de Billy, situées à 12 km seulement de vichy, font ainsi partie de cette quatrième circonscription sans signification géographique. Il serait plus logique de répartir ses arrondissements au plus proche des trois autres entités et de créer un siège départemental pour le quatrième siège de député.

2e  Limiter le second tour aux deux candidats arrivés en tête au premier. Et non pas aux candidats ayant obtenu un nombre de suffrages égal au moins à 12,5 % des électeurs inscrits. Il faut reprendre le (bon) système existant pour l’élection présidentielle éviterait tout risque de triangulaire dont les calculs politiciens faussent le résultat.

 

 

42 –  Bulletins jaunes aux élections

 

Comment s’étonner du mauvais fonctionnement de la démocratie lorsque les voix s’éparpillent sur de « petits candidats » recueillant le mécontentement à l’égard du système, d’un parti au pouvoir insuffisamment efficace ou d’un homme politique qui a déçu ? L’électeur en colère n’a que les possibilités de s’abstenir, voter nul (sans bulletin dans l’enveloppe ou bulletin raturé) ou d’émettre un « vote protestataire ». C’est cette dernière solution qu’il préfère adopter pour se donner bonne conscience. Mais il fausse ainsi le jeu démocratique au bénéfice d’organisations extrémistes ou fantaisistes n’ayant aucune vocation à diriger le pays. Ces hommes, associations ou groupuscules, qui obtiennent des voix par rejet, troublent la réalité des forces en présence et les majorités.

 

Il existe une méthode simple pour manifester cet « avertissement » de manière positive et neutre (que l’électeur soit de droite ou de gauche). La solution est d’introduire un « bulletin jaune », présent sur les tables à toutes les élections. Il serait pris en compte comme une catégorie de suffrages exprimés dans les statistiques. Pourquoi de couleur jaune ? On ne pourrait pas prendre rouge (trop communiste), rose (trop socialiste), vert (trop écolo), bleu (trop maison UMP), blanc (trop royaliste) ou noir (trop facho).

 

 

43 –  Dangereux voyageurs

 

Il est imposé aux communes françaises de plus de 5.000 habitants de mettre à disposition des aires d’accueil aménagés pour les « Gens du voyage ». Cette population errante de 350.000 personnes, constamment grossie par des bandes mafieuses de l’Europe de l’Est, commet 30 fois plus d’infractions sur les personnes et 5 fois plus de vols de biens que les sédentaires, d’après le ministère de l’Intérieur lui-même. Curieuse législation humanitaire qui ne fait qu’accroître l’insécurité ! Ne conviendrait-il pas de la remettre en cause sans délai ?

 

 

44 –  Ministres sucrés

 

La classe politique d’en haut profite des vacances d’août 2002 des Français pour voter une augmentation de 70,31 % des salaires des ministres : de 51.224 F par mois (7.809 €) à 87.242 F (13.3300 €). Ce supplément de 36.018 F est magnifiquement justifié par un alignement sur les traitements de hauts fonctionnaires et par l’abolition des enveloppes des « fonds secrets ». On pouvait faire l’inverse en réduisant les salaires des technocrates au niveaux des membres du gouvernement. On légalise une pratique illicite : imagine-t-on le parlement avaliser et pérenniser une pratique illégale constater par le fisc dans une entreprise privée ? Le troisième argument avancé atteint le summum de la mauvaise foi : mieux mettre nos gouvernants « à l’abri d’une tentation de corruption » (ne pouvant émaner par définition que des riches sociétés capitalistes). Nos hommes politiques continueraient à se battre comme des chiffonniers pour obtenir un poste ministériel (gloire, puissance et avantages matériels), même s’ils ne percevaient aucun centime !

 

 

45 –  Les rouges… dans le rouge

 

Après avoir conquis 25 % des électeurs à la Libération, le PC est tombé à 4,91 % aux législatives de juin 2002, faisant suite au maigre score de 3,37 % pour Robert Hue à la présidentielle. Cette chute vertigineuse se traduit par un groupe limité à 23 députés (36 en 1997) amputant les finances du parti déjà pénalisées par le manque d’adhérents-cotisants. Le PC annonce donc 43 licenciés parmi ses permanents. Mais pas question de grève ! Le PC ne préconise la grève que chez les autres, les affreuses sociétés capitalistes qui font semblant d’avoir des problèmes pour vider les salariés… Les mairies communistes sauront bien les recaser, pardon les reclasser.

 

 

46 –  Sarkozy : deux fois « cinq ans »

 

Nicolas Sarkozy a-t-il profité de l’approche l’anniversaire des de Jacques Chirac (né le 29 novembre 1932 : 71 ans en 2003) pour souhaiter que le mandat présidentiel soit limité à deux mandats ? Merci, monsieur de ministre de l’Intérieur d’avoir bien visité ce site qui préconise cette solution démocratique depuis sa création en 1999. Se reporter à l’opinion n° 2 en tête de cette rubrique. Je regrette à ce propos de ne pas avoir daté mes observations au fil de leur rédaction ! En revanche, vous devriez encore relire cette opinion qui demande à ce que ce régime (que j’appelle « le 2 sans 3 » : pas plus d’un renouvellement immédiat) soit imposé à tous les mandats électifs. On n’a pas besoin d’avoir de bonnes idées si l’on sait les trouver chez les autres…

 

 

47 –  Toujours Sarko

 

Sauf accident, l’omniprésent Nicolas sera forcément, un jour, Premier ministre (au pire, pour lui) ou président de la République (au mieux, pour lui), si ce n’est les deux (dans l’ordre). C’est le seul à se bouger au gouvernement et à appliquer concrètement avec courage les idées de droite alliant efficacité et bon sens. Par contre, ceci implique qu’il ne se mette pas, à son tour, à « disjoncter » en adoptant les idées faussement « cœur bavant sur la main » de la gauche généreuse avec l’argent de ceux qui se défoncent dans le privé. C’est ce que Sarko vient de commencer dangereusement à faire en décembre 2003 avec le concept de « discrimination positive » : faire des immigrés ou des étrangers des privilégiés de la République, sous prétexte de ne pas les défavoriser. Cette bavure s’explique naturellement parce qu’il est le fils d’un Hongrois, Sarkozy de Nagy-Bocsa, réfugié politique en France en 1951. Souhaitons que sa Cécilia lui déconseille bien de ne pas mettre le doigt dans cet engrenage funeste (pour son avenir personnel et pour le grand principe républicain d’égalité) !

 

 

48 –  Les rois JP (journalo-politiques)

 

Les journalistes et les hommes politiques sont deux catégories de Français en parfaite connivence, à part des autres d’en bas. Ce sont les nouveaux rois de France. L’abréviation (de mon invention, pour Journalo-Politiques) se prononce Jipé et non Juppé. Ils imposent les sujets d’actualité, comme les sujets de société. Quand ils décident de nous imposer à longueur d’ondes dans leurs médias une guerre, un attentat, le port du voile islamique… ou simplement le temps qu’il fait (canicule ou inondations) : plus rien d’autre n’existe. Ce qui se passe ailleurs en France ou dans le monde n’a plus aucune importance. Le téléspectateur n’a pas le droit de savoir. Rideau. Dans leur série favorite « la parole donnée exclusivement aux minorités » (religieuses ou immigrées : ce sont pratiquement les mêmes), Frantz-Olivier Giesbert vient d’atteindre le summum, le mercredi soir 10 décembre 2003 sur France 3, dans une émission sur les religions. Il a laissé parler pendant trois-quarts d’heure les Musulmans (dont Tariq Ramadan qui ne vit même pas en France) et les athées (dont Michel Charasse, ex-bretelles de Tonton qui en quatorze ans n’a pas songé à supprimer les fameux « signes ostentatoires ») avant que Bernard Lecomte ait le droit de rappeler l’existence de l’Eglise catholique en France. Ce dernier est un journaliste très objectif qui a écrit une remarquable biographie du pape Jean-Paul II. Mais point de prêtres ni d’évêques pour exprimer le point de vue de la religion de 90% des Français !

 

 

49 –  Ostensiblement « nul »

 

La langue française est d’une richesse incommensurable. On ne sait comment interdire, ostensiblement mais sans trop le montrer, le voile islamique, symbole d’une religion rabaissant la femme au point de refuser de montrer ses pervers cheveux, mais rehaussant son intérêt sexuel au point de s’autoriser à en posséder plusieurs. Il suffisait de penser à remplacer l’adjectif « ostentatoires » par celui d’« ostensibles » pour que les signes deviennent d’une clarté parfaitement légale…Notre société de Politiciens et technocrates réunis brillent par sa courageuse imagination sémantique !

 

Il aurait été si simple (en six mots) de dire franchement que : « le voile est interdit à l’école ». Ou, pour viser à une égalité parfaite de traitement non promotionnel de religions, de partis ou de marques d’entreprises, de décider une taille maximale (de 5 cm² par exemple) pour les signes extérieurs (religieux, politiques ou commerciaux) portés sur soi ou inscrits sur des vêtements. Le texte pouvait tenir en une seule phrase. Il serait objectivement vérifiable avec un dixième de mètre si les tenues sont légales. Dans un débat télévisé, Michel Charasse a lancé l’idée d’un « retour au tablier » qui, dans l’enseignement public comme dans le privé, interdisait (jusqu’au début des années 1960 : c’est pas si vieux) de montrer des différences d’appartenance ou de richesse. Dommage que le pétulant sénateur du Puy-de-Dôme n’y ait pas pensé et, surtout, ne l’ait pas fait quant il était au pouvoir aux côtés de son cher Tonton à l’idéologie égalitaire !

 

 

50 –  Juste le droit de b….

 

Nous vivons dans une société de progrès où l’État prétend régenter notre vie privée pour nous auto-protéger, depuis notre naissance de pauvre « homo fiscalus » à notre mort (les droits de succession réconfortent la descendance). Merci pour cette compassion altruiste. On ne peut plus fumer (sauf à donner au fisc 80 % du prix exorbitant des cigarettes), rouler (limitations de vitesse contrôlées par radar automatique) ou se garer (parcmètres et amendes). Bref, plus aucun risque pour notre santé et notre sécurité. Bravo pour la vie moderne insipide que nous imposent les pouvoirs publics à seul fin de remplir leurs caisses constamment percées ! Il ne nous reste plus que le droit de b….. bénir le ciel d’avoir des dirigeants paternalistes aussi attentifs à notre bonheur.

 

 

51 –  Chine : l’URSS du XXIe siècle ?

 

La venue en France du Premier ministre chinois, mi-janvier 2004, a surtout mis en évidence la formidable puissance en devenir de ce peuple de 1,3 milliard d’habitants. Les Chinois sont travailleurs et ont un sens inné du commerce (des affaires). Nul doute que d’ici une trentaine d’années, au milieu du siècle au plus tard, la Chine sera une puissance économique et donc politique à l’égal des USA. Nous nous retrouverons devant la situation du XXe siècle avec deux super-puissances. Il reste à espérer que les Chinois ne chercherons pas à imposer un régime communiste au monde, comme Staline et ses successeurs voulaient le faire. Et au XXIIe siècle, peut-être même avant, l’Inde (1,1 milliard d’habitants d’aujourd’hui) sera le troisième puissance mondiale, l’Europe restant probablement à l’état d’un sous-continent américain.

 

Pour revenir à la Chine et au non-respect des « Droits de l’homme », il faut convenir, à la décharge des dirigeants chinois, qu’on ne peut manier une telle masse de population avec les mêmes libertés que dans les pays occidentaux. Nos gouvernants, qui peinent déjà à faire fonctionner correctement une société de seulement soixante millions de personnes, se devraient d’être plus modestes dans leurs leçons... Surtout quand on voit le chef de l’État lui-même être le premier à contester l’état de droit dont il est constitutionnellement le garant (affaire Juppé ci-dessous).

 

 

52 –  Juppé : douce criminalité financière

 

La Chiraquie est-elle devenue folle ? Élu en 2002 sur le thème de l’insécurité, le président Chirac ouvre les vannes de la défense de la criminalité financière, après la condamnation de son chouchou, le hautain Alain Juppé, le 30 janvier 2004. Il fait ovationner à tout rompre son ancien Premier ministre, pris la main dans le sac à détourner des fonds publics pour financer des permanents de son parti. Nul doute qu’il était « le meilleur d’entre eux » pour remplir les caisses du RPR…

 

Une condamnation sévère ? Aucun jour de tôle (le mécanisme du sursis est une absurdité à supprimer du droit pénal : mieux vaut une peine plus légère mais immédiatement appliquée) et aucune amende (aucun remboursement sur ses biens propres ou sur l’argent du parti incriminé). Pour être un héros en France, il faut voler le contribuable et crier à l’injustice, avec l’appui du maximum d’hommes politiques dociles, si un tribunal ose se permettre de le constater. Avec un tel exemple, allez demander à Sarkozy de se défoncer pour arrêter et punir les « casquettes à l’envers » qui piquent les sacs des vieilles dames dans les banlieues !

 

Certains hommes de droite croient bien faire en soutenant Juppé, au prétexte que la gauche a utilisé les mêmes pratiques avec de moindres sanctions. Cette attitude est profondément choquante par son absence totale de probité et de légalité. L’autre argument consistant à réclamer la clémence parce que le détournement n’a pas pour but un « enrichissement personnel » est lamentable. Il y a bien et bien vol : à la fois immoral et doublement collectif (sur un public de contribuables et pour une catégorie de copains). Autant de circonstances encore plus aggravantes que pour un vol purement personnel. C’est de la mafia qui n’ose dire son nom. Comme l’inéligibilité est « la seule punition » susceptible d’avoir un effet sur les hommes politiques professionnalisés, il faut au contraire l’appliquer. Cet exemple dissuadera à l’avenir de semblables tentations, faisant jurisprudence et ouvrant enfin la voie à une vraie moralisation de la vie publique. Au pire, à  l’inverse du dicton : la prochaine fois, ils voleront peut-être « un œuf », mais certainement plus « un bœuf ».

 

Cette affaire Juppé est complétée par une véritable « série de gags ». D’abord, l’inéligibilité résulte d’une loi de 1995 votée sous le gouvernement Balladur dont Juppé était le ministre, ne pensant qu’elle viendrait s’appliquer à lui-même. Ensuite, c’est l’épisode des trois commissions d’enquête, alors qu’une seule aurait dû être nommée sous l’égide du Conseil supérieur de la magistrature. Et encore était-il nécessaire d’avoir une commission pour prouver la pression ? La déclaration de Juppé disant qu’il l’abandonnerait la politique en cas de condamnation était déjà suffisante pour constituer une pression sur des juges censés ne pas se mêler de politique. Le fait que Juppé ait renié sa parole confirme à l’évidence qu’il s’agissait bien d’une pure manœuvre destinée à influencer la décision du tribunal. Enfin, comment une personne condamnée peut-elle bénéficier d’un quart d’heure d’antenne en prime-time (sur TF1 avec PPDA, mardi soir 3 février 2004) pour tenter de se disculper ? Étonnant privilège réservé uniquement aux hommes politiques. Juppé a travaillé trois jours avec ses conseillers d’image à cette défense médiatique. Il a choisi la recette éculée de l’émotion (le mouchoir pour les chaumières) propre aux plus mauvais « reality shows », style Star Ac’. Triste Chiraquie et pauvre France qui sombre dans le grotesque. Retombée collatérale de cette prestation marche-arrière de Juppé : Olivier Mazerolle, rédacteur en chef du JT de France 2, est démissionné de son poste (remplacé par la belle Arlette Chabot) pour avoir cru au sincère retrait de Juppé (annoncé par son présentateur David Pujadas, lui aussi sanctionné par quinze jours de mise à l’écart).

 

 

53 –  Débâcle UMP aux régionales : vive les synonymes

 

Le 28 mars 2004 a confirmé, tant au plan régional (seuls l’Alsace et la Corse restent à droite) qu’aux cantonales (48 départements à gauche), la victoire écrasante de la gauche retrouvant un semblant d’unité après « le choc du 21 avril 2002 » où l’éparpillement des voix avait exclu Jospin du second tour de la présidentielle. C’est « un 21 avril à l’envers » selon l’expression de François Fillon qui n’en conserve pas moins un portefeuille ministériel. Après un dialogue impossible avec l’ensemble des syndicats, il est condamné à affronter ceux de l’éducation nationale, beaucoup plus durs et conservateurs. Une vraie punition pour celui qui a perdu la région des Pays de la Loire.

 

Le vocabulaire utilisé par la presse et les hommes politiques victorieux est une occasion unique d’améliorer son français. La multitude des synonymes employés pour décrire l’écrasement de la droite est enrichissante. Le premier tour du 21 mars avait déjà vu naître la claque (dixit Jack Lang), la baffe, la calotte, la gifle. L’amplification du dimanche suivant rend la punition corporelle encore plus sévère : on parle maintenant de branlée, de déculottée, de dérouillée et de raclée ! Le « coup de semonce » se transforme en « coup de pied au cul » et en « volée de bois vert » ! La droite n’est pas simplement battue. Défaite, échec et revers sont des mots trop tendres, même accompagnés des adjectifs cinglant, cuisant et éclatant. Il a fallu trouver des termes plus forts pour mettre au pilori les victimes de la « vague rose » qui devient une « lame de fond ». Il s’agit en fait pour la droite d’une débâcle, d’une déconfiture, d’une débandade, d’une déroute, que dis-je d’un désastre. Tous les mots commençant par « dé » (y compris déculottée et dérouillée mentionnés plus haut) sont les plus appropriés. Pour mieux encore claironner l’effondrement électorale de la droite, il reste encore la référence à deux grandes défaites militaires de la France : Bérézina et Waterloo. Heureusement que les journalistes manquent, comme beaucoup de Français, de connaissances historiques. Sinon, ils auraient pu comparer la catastrophe de l’UMP avec bien d’autres lieux de défaites militaires comme Azincourt (1415), Pavie (1525), Trafalgar (1805), Sedan (1870 et 1940) ou Dien-Bien-Phu (1954)

 

 

54 –  Démocratie locale : inexistante

 

Pourtant la grande perdante des élections de mars 2004 n’est autre que « la démocratie locale ». Les français n’ont pas voté les 21 et 28 mars pour une personnalité et ses projets aux cantonales, ni pour une équipe et son programme aux régionales. Ils ont voté, sur stratégie purement politique (payante au demeurant) du PS : « pour ou contre le gouvernement Raffarin » !

 

Habitués à tout attendre de l’État et à tout reprocher à l’État, les Français ont donc voté au plan national, comme à des législatives. Englués dans des siècles de monarchie, puis de jacobinisme depuis la Révolution, ils n’ont pas compris que la décentralisation était une chance de confier aux hommes les plus compétents et dynamiques la gestion des affaires locales. Ils n’ont pas fait preuve de maturité politique. Les partis dans l’opposition ont poussé à l’inverse de ce qu’il faut pour que le pays franchisse enfin un cap adulte. Le seul mérite de Jacques Chirac à introniser un Raffarin III, le 31 mars 2004, a été de faire obstacle à ce que des élections territoriales viennent modifier la donne nationale. Mais il ne l’a pas fait pour défendre la démocratie locale, seulement pour défendre son pré carré et mettre en piste un Villepin (co-auteur de la dissolution de 1997) pour concurrencer Sarkozy dans le futur.

 

 

55 –  Vice-présidences : à toi, à moi !

 

Une fois les régions acquises ou les départements conservés, il reste le plus jouissif pour les élus d’appareils politiques : se répartir les meilleures places. Ce sont celles des vice-présidents qui apportent un surcroît de notoriété, de pouvoir et surtout d’indemnités. Bref, les places les plus juteuses. Là encore, l’État (le Parlement = la classe politique) est coupable de ne pas mettre un frein législatif à ces pratiques en imposant un nombre réduit de deux ou trois vice-présidents par collectivité territoriale. Par exemple, il y a treize vice-présidents au Conseil régional d’Auvergne (sur 47 membres) et dix vice-présidents au Conseil général de l’Allier (sur 35 membres), soit environ un tiers de « titrés » en ajoutant le président. La nouvelle Communauté d’agglomération de Vichy, baptisée VVA (Vichy Val d’Allier), créée au 1er janvier 2001, compte 16 vice-présidents (à une brique mensuelle chacun) sur 72 membres ! Au sommet de l’État, il n’y a même pas de vice-président de la République. Le poste n’a existé que trois ans sous la IIe République, occupé par le comte Henri Boulay de la Meurthe du 20 janvier 1849 au 2 décembre 1851. Comment la démocratie locale pourrait-elle fonctionner efficacement avec des structures encore plus lourdes qu’au plan national ?

 

 

56 –  Chirac : quelle leçon le 28 mars 2004 ?

 

Jeudi 1er avril 2004, jour du poisson, Jacques Chirac s’exprime à la télé en répondant aux questions d’Arlette Chabot et de PPDA. Quel message a-t-il retenu de la victoire de la gauche aux régionales et cantonales du 28 mars ? Est-elle due à un déficit de social ou à une défection d’une grosse partie de la droite qui a jugé la politique de Raffarin trop molle en réformes et trop lourde en impositions de toute sorte ? Le président donne raison aux deux explications en préconisant d’une part des corrections vers la justice et la cohésion sociale, et d’autre part la nécessité de « libérer les énergies » ? Que va-t-il résulter, en pratique, de cette double interprétation ? Sachant qu’il y aura les élections européennes dans deux mois et demi (le 13 juin), il faut s’attendre à une capitulation démagogique devant toutes les réclamations des fonctionnaires et des multiples catégories socioprofessionnelles qui vont défiler dans la rue en avril et mai ! La France continuera d’aggraver sa position internationale au détriment de l’emploi et l’UMP prendra quand même une nouvelle dérouillée électorale. Peu importe pour le chef de l’État, du moment qu’il voyage à l’étranger en préparant sa campagne présidentielle de 2007 aux ou en mettant sur orbite un concurrent à l’ambitieux Sarkozy !

 

 

57 –  Pompidou : 30 ans déjà !

 

Le 2 avril 2004, on constate qu’il y a déjà 30 ans que le président Pompidou (Pompon) est mort de la maladie de Waldensröm, à l’âge de 64 ans. Il a présidé presque cinq ans aux destinées de la République, après avoir été six ans le Premier ministre du Général. C’était « les jours heureux » d’après mai 1968, dans un pays sans chômage à 6 % de croissance. Il partageait la même philosophie que Napoléon III, comptant sur la prospérité économique pour assurer le bien-être des Français. Ce président de bon sens est aussi oublié qu’a été dénigré de dernier empereur. Chirac et l’UMP feraient bien de s’inspirer de ces deux hommes d’État qui, à un siècle de distance, avaient tout compris de l’efficacité économique et de ses retombées sociales. À défaut de remonter si loin, ils peuvent aussi regarder comment Margaret Thatcher a transformé l’Angleterre de mai 1979 à 1990. Tenant tête aux syndicats, la Dame de fer a remis en ordre de marche l’économie et la société. Le socialiste Tony Blair profite aujourd’hui de son œuvre courageuse, avec la sagesse de ne pas remettre en cause ses réformes profondes dans les structures comme dans le mentalité du peuple.

 

 

58 –  Référendum du 29 mai 2005

 

Le référendum du 29 mai 2005 sur la Constitution européenne est une vaste escroquerie. On demande aux Français d’approuver la nouvelle organisation entre 25 nations. Or celle-ci est la conséquence directe de l’entrée de 10 pays de l’Est, le 1er mai 2004, pour laquelle personne n’a pas été consulté ! Autrement dit, Chirac sollicite notre avis sur une résultante, sur l’accessoire, après nous avoir superbement ignorés sur l’essentiel : un élargissement tout à fait prématuré…

Cet aspect des choses, souligné par aucun média, accroît inconsciemment le camp du NON, déjà grossi par les électeurs de gauche qui veulent sanctionner la politique nationale du gouvernement et par les partisans de Sarkozy qui préfère une défaite du président pour rendre sa candidature difficile en 2007…

 

Ceci dit, l’effectif à 25 pays étant par avance imposé et les grands principes contenus dans les centaines d’articles du projet étant des « fourre-tout pour tous les goûts », l’Europe se bâtira de toute façon selon l’orientation politique (libérale ou socialisante) de la majorité des pays composant l’Union à un moment donné. Tant qu’à faire, autant que ce soit avec des règles de vote plus démocratiques et des structures claires où la voie de la France ne soit pas déconsidérée.

 

Ce texte envoyé au « courrier des lecteurs » du Figaro (quotidien et magazine)
n’a pas été publié « faute de place ».

 

 

59 –  Report anti-démocratique des municipales

 

Le gouvernement, avec la sympathique bénédiction du Conseil Constitutionnel, a décidé l’été 2005 de reporter d’un an, à 2008 au lieu de 2007, la date des élections municipales, cantonales et sénatoriales. Motif affiché : le risque de lassitude des électeurs déjà conviés à venir aux urnes pour la présidentielle et les législatives auxquelles la priorité est donnée en 2007. C’est un scandale qu’aucun parlementaire, qu’il soit de gauche ou de droite, n’a contesté. Quelle aubaine pour les députés ou sénateurs, presque tous maires, de bénéficier d’une année supplémentaire de mandat et donc « d’indemnités » ! Alors que, neuf fois sur dix, les maires sortants sont aisément réélus (clientélisme et démagogie aidant), leurs éventuels candidats d’opposition n’ont qu’à attendre, ronger leur frein. Au moment où le mandat du président de la République est passé de 7 à 5 ans, les maires (déjà élus pour 6 ans) se voient octroyer généreusement un septennat. C’est n’importe quoi. Ou plutôt, c’est foncièrement anti-démocratique. La classe politique fait son business interne en catimini. Elle fait ensuite semblant de s’étonner de son image en chute libre et d’un rejet de la population…

 

 

60 –  Mentalité TED (Tout est dû)

 

Les manifestations de mars 2006 contre le CPE (Contrat Premier Emploi, de Villepin) sont orchestrées par les partis de gauche (avec leurs alliés objectifs que sont les syndicats) pour déconsidérer la droite au pouvoir à l’approche des nombreuses élections de 2007 (Présidentielle, notamment). Elles s’inscrivent dans la conception marxiste et suicidaire que les patrons sont de vils profiteurs, des exploiteurs sanguinaires, en un mot « toujours tous des fachos » ! Après cela, allez vous étonner du taux de chômage en France, le plus élevé des pays développés ! Il y a de quoi décourager les candidats à la création d’entreprises, pourtant les seules à créer de vrais emplois, c’est-à-dire des emplois non artificiellement subventionnés. Dans leur combat d’un autre siècle à l’heure de la mondialisation, avec des œillères purement démagogiques sur les réalités économiques, les socialistes français conservent allégrement leur mentalité TED : Tout Est Dû. En effet, Tout est dû par l’entreprise : l’emploi à vie pour les salariés (bons ou mauvais, cossards ou motivés : même panier !) et le maximum d’impôts pour financer les pléthoriques organismes publiques et une politique prétendument « sociale » dont les bénéficiaires restent dépendants… et malheureux à défaut d’emploi.

 

 

61 –  Référendum indispensable pour le CPE

 

Les manifestations anti-CPE du mardi 28 mars 2006 en France ont essentiellement regroupé des étudiants et des fonctionnaires non directement concernés par un type de contrat destiné à des jeunes dépourvus de qualification et devant débuter dans le privé. Elles opposent une « légitimité de la rue » face à la « légitimité du système représentatif » (le Parlement qui fait la loi et a voté la loi) ? Les partis et syndicats de gauche appliquent, une fois encore, leur stratégie de crise, d’affrontement, la politique du pire, pour faire « retirer » la loi et « plier le gouvernement ». Ils ne souhaitent aucune négociation. Aucun compromis n’est donc possible dans ce bras de fer du « tout ou rien ».

 

Il y a une solution évidente pour sortir de cette situation bloquée : recourir au référendum. C’est à l’ensemble du peuple français de trancher entre ce qui n’est apparemment une minorité agissante et ce qu’a voulu un Parlement démocratiquement élu. Dans le secret des urnes, on verra bien de quel côté penche la balance. Personne ne perdra la face à s’incliner devant le juge suprême. Il est inconcevable qu’aucun homme politique de la majorité, ce jour mercredi 29 mars 2006, n’évoque cette issue du référendum. De Gaulle doit se retourner dans sa tombe ! On nous a imposé le référendum sur la Constitution européenne alors que le Parlement pouvait légalement décider. Et on se priverait de cet instrument irréprochable quand le pays est à feu et à sang sur un sujet qui touche aux modalités d’adaptation au mondialisme ? C’est bien pourquoi la gauche est si mobilisée. Elle met en cause l’économie libérale. C’est cela le vrai sujet de fond derrière ce prétexte CPE.

 

 

62 –  CPE : qu’en penser sur le fond ?

 

Mercredi 29 mars 2006 (opinion rédigé le même jour que la précédente). Il y a fort à parier que Chirac ne fera pas de référendum sur le CPE. Et s’il devait en avoir un plus tard, il serait bon qu’il ait lieu sur le projet d’un « Contrat de travail unique », et non seulement sur un contrat de plus qui introduit une « discrimination par l’âge ». Une politique ne consistant qu’à céder à des satisfactions catégorielles (au gré des revendications ou des pressions) ne règle aucun problème de fond. Ce n’est pas gouverner la France. C’est parer au plus pressé, dans l’esprit clientéliste des politiciens de papa !

 

Vendredi soir 31 mars 2006. Chirac annonce à la télé la promulgation du CPE « né-mort », ajoutant faussement qu’il n’y a ni vainqueur ni vaincu. Il y a deux vainqueurs : les syndicats (7 % des salariés, aux ¾ fonctionnaires) et la rue. Il y a deux vaincus : le gouvernement et… la France, incapable de se réformer en interne et devenu la risée du monde pour son conservatisme suranné et ses combats de rues en plein Paris !

 

Lire ci-dessous l’opinion n° 34 de la rubrique « Économie » sur la solution d’un « Contrat de travail unique ».

 

 

63 –  Un « royal » pur produit « médiatico-marketing »

 

Ségolène Royal est une création artificielle des médias qui l’ont imposée sans répit et partout (presse et télés) depuis l’été 2005. A force de bassiner le public, ça marche dans les sondages : l’efficacité de la publicité ne repose-t-elle pas sur la présence et la répétition ? Pur produit marketing à l’image préfabriquée, la Madone des sondages est à la pôlitique ce que des chanteurs débutants sont à la Star Ac. Dents limées à la Mitterrand, elle est la seule à savoir sourire tout le temps et en tout temps : quel grand art d’arriver à parler avec ce rictus permanent ! Elle ringardise un FAFA, bourgeois bobo devenu gaucho, et un DSK qui piquait des millions (d’anciens anciens francs) aux organisations étudiantes (à titre de conseil). Elle fait jeune, même si elle a un an et demi de plus que Sarkozy (elle est née le 22 septembre 1953 et Sarkozy le 28 janvier 1955). Elle est de bonne famille : père Jacques qui disait « J’ai cinq enfants et trois filles » et frère Gérard pilote expert en zodiac pour couler le Rainbow Warrior le 10 juillet 1985. Elle paraît bien pensante, même si elle est non mariée avec quatre enfants hollandais.

 

Mais surtout, la Dame aux caméras (dixit Philippe de Villiers) regorge d’idées qui sont de trois types : 1. des banalités éculées  2. ce que pensent les Français (si on le savait…) dans les enquêtes ou dans ses « débats participatifs »  3. des petites propositions touchant à la société, comme les « jurys populaires » qui lui auraient valu 10 sur 10 à la Révolution il y a deux siècles et qui la condamnerait à un zéro pointé à un examen de première année de fac de droit aujourd’hui. Son seul programme, ce sont ses bourdes dont l’accumulation montre sa méconnaissance totale de tous les dossiers : Palestine, Bravitude sur la muraille Chine (pays des Droits humains à la justice exemplaire), Québec libre, Corse indépendante, etc. Tout cela peut-il convaincre les Français les 22 avril et 6 mai 2007 ? Possible puisqu’ils ont bien été capables d’élire deux fois de rang Mitterrand et, patraques, de recommencer avec Chirac ! « L’institutrice » pourra alors révéler son caractère au fond terriblement autoritaire, à condition de trouver sur quoi et sur qui l’exercer ! Au détriment des socialistes de son propre camp, c’est sûr ; mais au détriment de la France, c’est encore plus à craindre…

 

Alain Carteret, le 26 janvier 2007

 

 

64 –  Napoléon III : le « premier abbé Pierre »

 

La France a appris avec émotion le décès de l’abbé Pierre le lundi 22 janvier 2007 et s’est recueillie avec reconnaissance le vendredi 26 lors de la cérémonie à la mémoire d’Henri Grouès dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. Pourtant, il ne fut pas le premier à engager activement la lutte « pour les pauvres » et « contre la misère ».

 

Celui qui a le plus fait concrètement en ce domaine, bien avant 1949 (Emmaüs) et l’hiver 54, s’appelle Napoléon III : pendant les dix-huit ans du Second Empire entre 1852 et 1870. Mais la République n’aura jamais le courage de le reconnaître, laissant le seul souverain de France (avec Charles X enterré à Gorizia) reposer hors du sol français, à Farnborough près de Londres !

 

 

65 –  « Je ne m’énerve pas. Je suis en colère »

 

Le duel télévisé de 2 h 39, le mercredi 2 mai 2007, a révélé l’agressivité de Ségolène Royal qui pensait prendre « une stature présidentielle » en menant l’offensive contre Nicolas Sarkozy. Sa stratégie était, à force de provocations, de le faire « sortir de ses gonds » pour accréditer l’idée qu’il était agité et brutal. A l’arrivée, c’est elle qui disjoncte, pique sa crise de nerfs comme une « chi’te » gamine et se transforme en vraie furie ! Elle tombe dans son propose piège, après avoir asséné des généralités du niveau d’un examen d’entrée à Sciences Po et annoncé pour tout programme la réponse floue de discussions entre les partenaires sociaux.

Extraits de LA COLÈRE, qui éclate à fin d’un long monologue de Ségolène Royal sur les handicapés, qui avait commencé en accusant Nicolas Sarkozy d’avoir « atteint le summum de l’immoralité politique » :

Ségolène : « … Et je suis très en colère. »

Sarko : « Calmez-vous ! Ne me montrez pas du doigt avec cet index pointé. »

Ségolène : « Non, je ne me calmerai pas. Non, je ne me calmerai pas. Non, je ne me calmerai pas. » (donc 3 fois)

Sarko : « Pour être président de la République, il faut être calme. »

Ségolène : « Non, quand il y a des injustices, il y a des colères qui sont parfaitement saines. » (…)

Sarko : « Je ne sais pas pourquoi Madame Royal, d’habitude calme, a perdu ses nerfs ? »

Ségolène : « Non, je ne perds pas mes nerfs, je suis en colère. Ce n’est pas pareil.
Pas de mépris, Monsieur Sarkozy. Il y a des colères très saines et très utiles. »

Sarko : « Je ne sais pas pourquoi Madame Royal s’énerve. »

Ségolène : « Je ne m’énerve pas. Je suis en colère. Je ne suis jamais énervée. J’ai beaucoup de sang-froid. »

Sarko : « Vous venez de le perdre. C’est pas de chance. »

Ségolène : « Non, justement pas. Je suis en colère face aux injustices, face au mensonge. » (…)

Sarko : « Je ne me serai jamais permis, Madame, de parler de vous comme cela. »

Ségolène : « Parce que moi je ne mens pas. » (…)

Sarko : « Je ne pense pas que vous élevez la dignité du débat politique en m’accusant d’être un menteur. (…)
Je ne mets pas en cause votre sincérité, madame, ne mettez pas en cause ma moralité. »

Ségolène : « C’est votre action que je mets en cause. »

Sarko : « Vous vous mettez bien facilement en colère. Vous sortez de vos gonds avec beaucoup de facilité, Madame.
Président de la République, c’est quelqu’un qui a des responsabilités lourdes, très lourdes. »

Ségolène : « Je ne suis pas sortie de mes gonds. »

 

 

66 –  Sarko nettement le 6 mai 2007

 

Sacre « royal » (53,06 %) de Nicolas Sarkozy le dimanche 6 mai 2007. La candidate socialiste a l’outrecuidance de parler dès 20 h 02, avec un sourire d’auto-satisfaction déplacé vis-à-vis de ses partisans, avant le nouveau chef de l’État, alors qu’elle avait attendu plus d’une heure, après lui, le 22 avril pour savoir quoi dire. Avec 46,94 %, Ségolène fait un score inférieur à Lionel Jospin (47,36 %) le 7 mai 1995 et le plus mauvais résultat de la gauche depuis 42 ans (44,80 % de Mitterrand face au général de Gaulle le 19 décembre 1965) ! Pas de quoi pavoiser ! Au risque d’une scission et d’une perte momentanée de voix, le PS devra se décider un jour à choisir clairement s’il veut rester un parti à philosophie étatiste (allié à une petite extrême gauche de communistes et de trotskistes) ou se transformer en un parti social-démocrate moderne acceptant sincèrement l’économie de marché et l’ordre sécuritaire pour les plus faibles.

 

 

67 –  Enfin un président de terrain…

 

La passation de pouvoir a eu lieu le mercredi 16 mai à l’Elysée, entre deux hommes de même tempérament et de même tendance. Sauf que Chirac n’était plus, depuis son élection en 1995, le Chirac de droite remarquable du RPR et de la cohabitation de 1986-1988. Tout en restant extrêmement sympathique, il avait sombré dans la « fausse droite », se limitant aux plaisirs des voyages et réceptions officielles que procure l’international. Le principal mérite de ses douze années (pas d’envoi de troupes françaises en Irak), tant vanté par les journalistes, n’avait rien d’un « exploit ». Car ni Le Pen, ni la droite classique, ni la gauche, ni l’extrême gauche ne voulaient que la France ne s’engage en Irak. Comment aurait-il pu faire autrement face à la totalité de l’opinion ? N’importe quel autre Français à la tête de l’État aurait pris la même décision !

 

Alors espérons que Sarko, 22 ans de moins que Chirac, sera bien le président de terrain annoncé. Celui qui se consacre d’abord aux problèmes concrets des Français, sans retomber dans le confortable travers du tapis rouge avec l’étranger. Celui qui ose mettre fin à la pensée unique, à la langue de bois et à cette économie étatisée qui n’a fait qu’empirer depuis 1974 et aggraver la situation générale. En politique extérieure, son action ne doit se concentrer que sur la vigilance à des conditions de concurrence économiques saines dans le monde (surcoût du respect de l’environnement) et en Europe (harmonisation fiscale). Mais conseillons-lui d’aller vite avant que les syndicats ne viennent encore contester les réformes indispensables (ils estiment que la « démocratie sociale » n’est pas liée par la « démocratie des urnes » : affirmation du cégétiste Le Duigou dans l’émission C’est dans l’air) et que la gauche ne reprenne avec véhémence sa traditionnelle politique du pire.

 

 

68 –  Nouveau « Napoléon III » ?

 

Nicolas Sarkozy a été élu président de la République le 6 mai 2007. Il est le 23e depuis le premier président : Louis-Napoléon Bonaparte, élu le 10 décembre 1848 (avec ¾ des voix).

 

Les comparaisons se multiplient dans la presse entre le premier et l’actuel titulaire de l’Elysée : même tempérament (volontarisme), même mode de gouvernance (omniprésence sur le terrain et sur tous les dossiers, désir de dépasser les clivages gauche-droite), même philosophie politique (maintien de l’ordre, croissance économique, retour aux valeurs traditionnelles).

 

L’hebdomadaire MARIANNE a consacré son numéro du 30 juin 2007 intitulé « Le IIIe Empire », à établir les grandes similitudes. Marianne sous-titre sa couverture : « Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, leader très bonapartiste, s’installe une atmosphère qui rappelle furieusement le règne de Napoléon III. »

 

« Le parallélisme entre l’hôte de l’Elysée et Napoléon III est saisissant », constate l’historien Marc Ferro dans son excellent article.
« La philosophie politique de Nicolas Sarkozy paraît fort proche de celle de son illustre prédécesseur », développe Nicolas Domenach.
Jean-François Kahn, le patron de Marianne, titre son article : « Comme Napoléon III, Nicolas Sarkozy aspire à être le sauveur suprême. »

 

Marianne juge évidemment de manière critique le pouvoir jugé « ultrapersonnel » de Sarkozy (notamment, selon elle : presse « domestiquée » et débauchage de personnalités de l’opposition), mais ses articles reconnaissent les réussites du Second Empire : fascination pour la modernité, économie libérale et progrès sociaux, reconquête d’un sentiment de fierté nationale. Alors, espérons fortement que Nicolas Sarkozy soit bien un « nouveau Napoléon III ».

 

 

69 –  Estrosi voit clair

 

Christian Estrosi a pris l’initiative d’un dépôt de gerbes, le lundi 10 décembre 2007, sur la tombe de Napoléon III (décédé le 9 janvier 1873 en exil à Chislehurst en Angleterre) dans la crypte de l’abbaye de Farnborough (à 50 km au sud de Londres) où il repose depuis 1888 avec son fils (tué par les Zoulous en 1878) et depuis 1920 avec Eugénie (morte à 94 ans). Napoléon III est le seul souverain de France, avec Charles X (à Gorizia en Slovénie), dont le corps n’est pas sur le sol français.

 

Notre secrétaire d’État à l’Outre-Mer a raison d’avoir le courage de préconiser le « retour des cendres » en France (dans un lieu à déterminer, voir plus bas) des trois sarcophages qui ne sauraient évidemment être séparés. C’en est heureusement fini de la « droite complexée », mais surtout ignorante de la réalité historique : Napoléon III, premier chef d’État « social », était autant de gauche que de droite. Les Anglais ne sauraient refuser ce transfert face à une réelle volonté politique affichée par le nouveau président de la République. Les arguments abondent en ce sens, ci-dessous brièvement résumés :

 

Corriger une anomalie de l’histoire

  1. Napoléon III : premier président de la République française en 1848
  2. Napoléon III : premier régime (Second Empire) source de progrès économique et social
  3. Napoléon III : le premier chef d’État aussi bien de droite que de gauche

§    de droite : souci d’ordre, de stabilité et de prospérité (confiance aux entreprises)

§    de gauche : avancées sociales, ouverture vers un vrai parlementarisme

 

L’inaction des gouvernements depuis 1873

Républicains au pouvoir :

Ø       Vengeance et image noire, à l’égard d’un régime concurrent

Ø       Loi d’exil : du 22 juin 1886 à son abrogation le 24 juin 1950

Ø       Souci de protéger ce mythe de la République, seul régime démocratique

Droite complexée et/ou ignorante de l’histoire réelle du Second Empire

§    Le général de Gaulle reprend en 1958 et 1962 la pratique constitutionnelle du Second Empire
(mode de scrutin, pouvoir stable, référendums, élection du président au suffrage universel),
toujours en vigueur, sans reposer la question du lieu de sépulture de Napoléon III

§    Giscard et Chirac : d’esprit technocratique, influencés par la pensée unique socialisante

§    Faible culture historique des Français, même de ceux qui se prétendent « de droite »

 

Argumentation sans consistance de l’Angleterre

  1. Une femme aux Invalides : incroyable matchisme ! Qui l’interdit ?

2.        Prince enseveli en uniforme anglais : faux et peu importerait !

3.        Visites de Français à Farnborough (à 50 km de Londres) : quasi-nulles
(aucune information à l’entrée de l’abbaye et pas d’ouverture publique !)

4.        Crypte : c’est Eugénie qui est mise en évidence, placée au-dessus de l’autel.
Les moines de l’abbaye honorent surtout leur bienfaitrice Eugénie
qui les a fait venir (elle a vécu 40 ans auprès d’eux entre 1880 et son décès en 1920),
comme le prouve leur brochure : photo des funérailles d’Eugénie
et aucune du sarcophage de Napoléon III en gros plan !

5.        Volonté d’Eugénie : ce n’est pas à elle (épouse espagnole) de décider ad vital aeternam
pour un souverain qui appartient à l’histoire de France et à la Nation française.
Napoléon III et le prince impérial, morts, ne pouvaient contester son choix de sépulture...
imposé d’ailleurs par les circonstances (républicains, hostiles, au pouvoir en France).
Ils souhaitaient évidemment reposer en France.

Il ne reste en fait comme éléments en faveur d’un « statu quo à Farnborough »
que la beauté incontestable des lieux et leur sérénité.
Que des moines (tous Anglais maintenant) disent encore des messes pour la famille impériale :
peinerait-t-on à trouver des prêtres en France pour dire des prières ?

 

Lieu de sépulture

§       Abondance de solutions et de candidatures : Paris (Invalides, église Saint-Augustin, église de la Madeleine) et province (Biarritz, Compiègne, Vichy). Ce sera plutôt « le trop plein », comme disait le général de Gaulle à propos des candidatures possibles à sa propre succession. Toutes les villes peuvent avancer des arguments historiques forts. Ainsi Vichy peut réclamer de recevoir les sépultures dans son église Saint-Louis (que Napoléon III a personnellement fait construire et intégralement financée). Vichy est la Cité Napoléon III par excellence par son patrimoine Second Empire. C’est la ville que l’Empereur a métamorphosée et aimée : « Je me plais ici plus que nulle part ailleurs » a-t-il affirmé à Alfred Maury le 21 juillet 1864 lors de sa 4e cure.

§       La meilleure solution serait l’église du Dôme aux Invalides, rapprochant ainsi l’oncle et le neveu qui a grandement contribué à revivifier la gloire du premier. Du fait de la forte fréquentation du site, ce serait le meilleur moyen de mieux faire connaître Napoléon III. Il y aurait largement la place, dans la chapelle Saint-Jérôme (ou dans la chapelle Saint-Augustin), de regrouper les trois sarcophages.

§       Faux débat du préalable « Réhabilitation avant le retour » : la réhabilitation ne viendra que lorsque les Français pourront voir la tombe de Napoléon III (aux Invalides ou ailleurs) et donc en entendre parler.

§       Faux débat du coût du transfert : les pouvoirs publics savent toujours « trouver les sous » (il en faudrait peu, en l’occurrence) lorsqu’ils sont convaincus de la nécessité d’un projet.

 

Lorsqu’un homme meurt, adversaires et rivaux s’accordent enfin
à reconnaître objectivement ses qualités et ses mérites.
Les opposants au général de Gaulle et à Mitterrand ont eu cette louable attitude.

Seul Napoléon III ferait exception, 135 ans après son décès ?

 

Alain Carteret, jeudi 20 décembre 2007

 

 

70 –  Quelques répliques aux « Opposants » au retour des cendres

 

Napoléon III a fait un coup d’État

Depuis la Révolution 1789-1793, tous les gouvernements peuvent être jugés anticonstitutionnels et illégitimes, ayant remis en cause par la force le régime en place : Première République guillotinant Louis XVI, Monarchie de Juillet lors des Trois glorieuses en 1830, Seconde République en février 1848, futur Napoléon III le 2 décembre 1851, IIIe République le 4 septembre 1870.

 

Napoléon III s’est conduit en despote

Son pouvoir a été constamment approuvé par le peuple, de manière démocratique au suffrage universel : trois référendums (1851, 1852 et 1870) et quatre élections législatives (1852, 1857, 1863 et 1869). Les monarchies, les IIe et IIIe républiques n’ont jamais été, elles, validées par référendum auprès du peuple.

Une fois l’ordre et la sécurité assurés, Napoléon III a instauré progressivement des libertés publiques (droits de réunion, de presse et de grève) qui n’avaient jamais réellement existé auparavant et un vrai régime parlementaire. La Ve République n’a-t-elle pas repris l’esprit et la pratique des institutions du Second Empire ?

 

France en guerre à son départ en 1870

La France a connu bien d’autres guerres sur le sol français dans le passé (guerre de Cent Ans et invasions 1814 et 1815) et en connaîtra deux autres ensuite sous la IIIe République (1914 et 1940). Elle s’est toujours relevée de défaites militaires initiales, ponctuées au début par un envahissement de son territoire national.

 

Napoléon III a fait perdre l’Alsace-Lorraine

Ø       C’est la IIIe République qui a cédé l’Alsace-Lorraine à l’Allemagne : par le traité de Francfort du 10 mai 1871, consenti par Thiers, plus de huit mois après la chute du Second Empire.

Ø       Napoléon III a donné à la France en 1860 Nice et les Alpes-Maritimes et les deux départements de Savoie.

 

 

Tous nos rois (sauf Charles X) reposent à Saint-Denis.

Napoléon Ier et son fils reposent sous la coupole dorée des Invalides.

Napoléon III se doit aussi et enfin de rejoindre le sol français.

 

Napoléon III à Farnborough depuis 1888

 

 

71 –  Carla-Sarko : la fin heureuse d’un président célibataire

 

Le mariage de Nicolas Sarkozy avec Carla Bruni le samedi matin 2 février 2008 à l’Élysée met, enfin, un terme aux accusations de « Président Pipole ». Chacun peut aimer qui il veut, sauf le président de la République que son épouse Cécilia a préféré quitter. Il aurait dû sombrer dans l’abstinence et se refuser à une femme jeune, belle, riche et intelligente parce que mondialement connue ! Aurait-il-dû aller draguer une ouvrière dans un repas familiale factice à la Giscard des années 1970 ? Une meute de paparazzi poursuivait le nouveau couple pour faire du fric avec les médias : les puristes (aussi voyeurs que les autres) disaient être déçus du président qui a donc chuté dans les sondages…

 

Sarkozy est resté 3 mois ½ célibataire, depuis son divorce prononcé le 18 octobre 2007. C’est peu et ce n’est pas un cas unique dans les annales de la présidence, puisque Paul Doumergue est resté célibataire pendant la totalité de son septennat, moins 13 jours. En effet, Gastounet s’est marié à Jeanne (née Gaussal, agrégée de lettres, précédemment mariée à Philippe Graves avec qui elle avait eu une fille) le 1er juin 1931 à l’Élysée, 13 jours avant l’élection de Paul Doumer le 13 juin…

 

La presse honnête a su le rappeler, mais en omettant deux autres précédents historiques :

1. Louis-Napoléon Bonaparte, le futur Napoléon III, est resté célibataire la totalité de ses quatre années de présidence de la République (la seconde : 1848-1852). Il ne s’est marié avec Eugénie aux Tuileries que le 29 janvier 1853, une fois l’Empire rétabli le 2 décembre 1852 (le mariage religieux a eu lieu le lendemain, dimanche 30 janvier, à Notre-Dame de Paris).

2. René Coty, élu le 23 décembre 1953 au 13e tour de scrutin et entré en fonctions le 16 janvier 1954, a perdu son épouse Germaine le 12 novembre 1955, après moins de deux ans de mandat. Il a été célibataire à l’Élysée, certes veuf, durant ses trois dernières années de mandat, remplacé le 8 janvier 1959 par le général de Gaulle, élu président le 21 décembre 1958 !

 

 

72 –  Pouvoir d’achat

 

L’amélioration du pouvoir d’achat des Français est une des promesses fortes du candidat Sarkozy qui n’a jamais prétendu que cet objectif pouvait être atteint en six ou dix mois. Ceci implique au préalable d’énormes réformes structurelles qu’aucun de ses prédécesseurs n’a osé engager depuis trente ans. Ceci nécessite aussi un taux de croissance supérieur à 2 %. Or, par malchance, le nouveau président arrive au pouvoir au moment où la conjoncture économique mondiale devient catastrophique…

 

 

73 –  Municipales : l’idéal n’existe pas

 

Trois têtes de liste sont susceptibles d’emporter la mairie de Vichy le 16 mars 2008 : le docteur Claude Malhuret (UMP, maire depuis 19 ans), l’avocat Gilbert Collard (radical valoisien) et le député Gérard Charasse (radical de gauche). Tous les trois se positionnent à droite ou au centre (même Charasse qui a refusé sa traditionnelle alliance avec le PS et le PC), tant il est vrai que la ville ne vote jamais à gauche.

 

Le maire idéal serait un mélange des trois postulants : Malhuret pour son lien avec le parti au pouvoir (subventions obligent) et sa gestion irréprochable, Collard pour son aura médiatique apte à bien « vendre Vichy à l’extérieur » et Charasse pour la sympathie naturelle qu’il dégage. Tout cela montre que l’idéal n’existe pas en politique…

 

De toute façon, le maire élu ne sera qu’un « demi-maire » si son camp ne gagne pas simultanément la majorité à la Communauté d’agglomération (Vichy Val d’Allier) qui réalise maintenant la moitié des travaux en ville. Pour qu’un Malhuret réélu soit un « vrai maire », il faut que la droite remporte en plus une des deux autres grosses communes voisines (Bellerive ou Cusset) qui sont à gauche depuis 2001. Si celles-ci restent à gauche, un Charasse élu serait pleinement maire de Vichy…

 

 

74 –  Sarko : encore un peu de courage

 

Sarko passe pour être tonique et téméraire, sans se soucier des tabous du passé et de l’ancienne pensée unique. Pourtant, il y a trois réformes indispensables (dont il est pleinement convaincu) qu’il n’ose pas lancer de peur de mécontenter le monde politique en général et sa majorité en particulier :

1.       Limitation du cumul des mandats : rien dans la révision constitutionnelle votée en 2008, basée sur les propositions de la commission Balladur. Il n’est pas étonnant que les hommes politiques professionnels et les parlementaires, qui vivent de leurs multiples mandats, se refusent à réduire d’eux-mêmes leurs gains et leurs pouvoirs. Pour les y contraindre, un référendum - qui n’est pas fait pour les chiens - est la seule voie possible… Ce serait l’occasion d’y inclure les deux autres règles, suggérées en rubrique 2 ci-dessus depuis 1999 : âge limite de 70 ans pour être éligible et nombre de mandats limitée à deux successifs au même poste (avec durée généralisée à 5 ans, y compris pour les associations).

2.       Suppression de l’ISF : payé par uniquement par les classes moyennes (les vrais fortunes savent y échapper) à partir de 770.000 euros de biens (soit un demi million d’anciens francs correspondant à la valeur d’une maison dans les grandes villes). L’ISF est aussi injuste (propriétés déjà X fois taxées : IRPP en revenus, taxes foncières, etc.) qu’inefficace économiquement (tous les pays qui l’avaient institué l’ont supprimé : Allemagne, Espagne, Danemark et même la Suède réputée le pays le plus socialiste d’Europe). Sarko se dégonfle sur ce sujet, victime du « syndrome Chirac » qui a toujours cru avoir perdu la présidentielle de 1988 (étant Premier ministre) face à Mitterrand pour avoir supprimé l’ISF !

3.       Création d’un SMAS (Salaire maximum pour un emploi salarié) : x fois (à déterminer) le SMIC pour un emploi public comme privé. Cette mesure morale (voir la rubrique 8 ci-dessous en Économie) est indispensable, en plus de la suppression des « parachutes dorés » aux grands dirigeants dont la crise financière a mis en évidence le caractère scandaleux. Qu’on ne vienne pas dire que cela priverait de talents : la crise a montré la nullité de nombre de prétendus Hauts dirigeants, et les hommes valables se bousculent partout aux portillons. Allez, Sarko, courage… Le rôle de l’État n’est pas de tout gérer, mais de fixer des règles claires pour rendre l’économie saine et efficace.

 

 

75 –  Parrainages à l’élection présidentielle

 

L’objectif de l’élection présidentielle est de désigner un président compétent et crédible, et non pas de servir de tribune d’expression (et de défouloir) aux petites minorités, le plus souvent extrémistes (on peut proposer n’importe quoi quand on sait qu’on n’a aucune chance d’être élu). La loi du 18 juin 1876 imposant 500 parrainages (sur 42.000 possibles, du fait des cumuls de mandats : 47.000 au départ !) est inefficace pour sélectionner les candidatures sérieuses : 16 candidats en 2002, 12 en 2007 et encore 10 en 2012. Cette chasse aux petits maires est choquante. C’est une perte de temps. Cette méthode ne répond plus aux souhaits de l’opinion publique.

 

Une solution : un grand sondage sur 5.000 personnes contrôlé par le Conseil constitutionnel, deux ou trois mois avant la date du premier tour. Ne seraient admis à se présenter que ceux qui auraient recueilli plus de 5 % d’intentions de vote. Ainsi le nombre des candidats devrait-il tomber à 4 à 6 personnes ayant de vraies propositions à faire. Les débats seraient aussi plus clairs et audibles. La campagne officielle, à égalité de temps de parole pour les candidats admis, pourrait enfin porter sur les vrais sujets, éliminant les propositions irréalistes des petits candidats, des « illuminés » qui peuvent dire n’importe quoi vu qu’ils n’ont aucune chance d’être élus. On peut aussi concevoir que la publication des sondages d’intentions de vote soit interdite à partir de l’ouverture de la campagne officielle.

 

À défaut de cette suggestion, si l’on veut maintenir le système ancien et des parrainages, leur nombre devrait être porté à mille, au lieu 500 actuellement. Tous les noms des parrains devraient être publiés JO et non pas seulement 500 tirés au sort.

 

 

76 –  Amalgame : deux poids, sans mesures !

 

Mi-mars 2012, lors de l’affaire Mohamed Merah, le fou meurtrier de Toulouse et de Montauban (7 assassinats gratuits), la classe politique et les journalistes n’ont eu à la bouche que le mot d’amalgame (entre les musulmans et les terroristes). Après la mort du tueur, le président Sarkozy a affirmé le jeudi 22 mars à 13 h 25 que « Il ne faut procéder à aucun amalgame » !

 

Pourtant ce sont les mêmes journalistes et politiques qui, depuis 70 ans, ne cessent de parler que de « Régime de Vichy », perpétrant ainsi un amalgame entre une ville et un gouvernement jugé fasciste. Il y a vraiment « deux poids, cent mesures », cent devant plutôt s’écrire « sans » puisque rien n’est fait (par personne, pas même par la commune de Vichy qui devrait traduire en justice les mauvais parleurs) pour mettre fin à cette assimilation négative et insultante à l’égard d’une collectivité territoriale. L’historien local Alain Carteret a argumenté contre ce scandale dans son livre de 2009 : « Régime de Vichy, ça suffit ! »

 

 

77 –  Terroriste : plutôt mort que vivant

 

Les journalistes (toujours eux), faisant semblant d’approuver la déclaration (« le prendre vivant ») du président Sarkozy sur le fou de Toulouse se plaisent à lancer une polémique sur la mort de Mohamed Merah, enfin tué le 22 mars à 11 h 30.

 

Quel intérêt y avait-il à le prendre vivant ? Lui offrir une tribune extrémiste dans un procès (d’où les regrets de la presse qui aime le sensationnel) ? Financer sur nos impôts sa garde, son manger, son logement pendant plus de 40 ans ? Au moins, il ne risque pas de corrompre d’autres forcenés en prison, ni de tenter de s’évader et de recommencer ses crimes. Les apprentis terroristes verront au moins les risques du métier…

 

Aucune nouvelle révélation n’était à attendre de ce fanatique. Il était le bras séculier se son mentor de frère. Il n’y a qu’à essayer de faire Abdelkader, si on croit à un réseau structuré. Bonne chance pour les aveux…

 

 

78 –  6 mai 2012 : Monsieur « Eu » ou Monsieur « Moi Je » est élu président

Texte rédigé le lundi matin 7 mai 2012

 

Le dimanche 6 mai, François Hollande est élu président de la République avec 51,62 % de voix devant Nicolas Sarkozy.

La France est heureuse de retrouver un président, profil IIIe République, en pleine crise mondiale du XXIe siècle !

Un président qui ne s’est jamais marié avec une femme et qui est pour le mariage des homosexuels…

 

La défaite du président 2007-2012 est, certes, plus facile à analyser après coup.

Deux types d’éléments ont, à nos yeux, concouru grandement à son échec électoral :

 

1/ Durant son mandat. Sarkozy a fait une inutile politique en direction de la gauche (ouverture à des ministres ex-gauche et maintien de l’ISF) qui a exaspéré beaucoup de ses propres partisans. Il n’a pas suffisamment réformé les institutions dans un sens anti-élite privilégiée avec le souci d’économiser des dépenses superflues : réduction de moitié du nombre de parlementaires, réduction des avantages financiers des élus et de la haute fonction publique (salaire maximum), modernisation des élections présidentielles (limitation des candidatures et des conditions de la présidentielle - voir les rubriques 2, 3, 4, 41, 42, 74 et 75 ci-dessus : le président sortant ne se serait pas retrouvé seul face à neuf candidats hostiles et aux médias qui avaient délibérément choisi le camp opposé) et des élections législatives (qui devraient réserver le second tour aux seuls deux candidats arrivés en tête, comme aux présidentielles). De plus, il n’a même pas pensé à mettre ces éléments dans son programme pour 2012-2017 ! Votre serviteur Alain Carteret voulait proposer ces réformes indispensables des institutions (ainsi que la reconnaissance du vote blanc ou jaune), à faire adopter par référendum et non par le Parlement en congrès (qui ne peut s’auto-limiter), à la Commission Baladur créée en 2007 : il n’a même pas été répondu à sa lettre de candidature à l’Elysée en date du 18 juillet 2007 !

 

2/ Durant la campagne 2012. Sarkozy, mal conseillé, a trop axé sa campagne sur le thème « Immigration-Sécurité » cher au Front National et à Marine Le Pen, au lieu de faire porter tous ses efforts sur deux arguments forts :

a) Défense de son BILAN : démontrer qu’il a protégé au maximum les Français contre la crise (évité le pire), au détriment même de la dette publique. Les médias et la gauche ont fait, pendant quatre ans, de l’anti-sarkozisme, prétendant un « rejet de Sarkozy », alors qu’il s’agissait d’un rejet anti-crise : c’était un refus de subir la crise, crise imputée à celui qui était au pouvoir !

b) Anti-Hollande : répéter sans cesse que « Monsieur EU » (il bégaye dix fois plus que Bayrou) était mou et indécis (Flanby), qu’il n’avait pas les capacités économiques requises (jamais ministre, Corrèze en faillite) et que sa politique était irréaliste et dangereuse pour la France, ne pouvant qu’aggraver le mal (déficits et chômage : les augmentations d’impôts sur les classes moyennes ne paieront même pas les hausses à venir des taux d’intérêt de notre colossale dette). Sarkozy pouvait s’appuyer nombre de jugements émis par ceux qui connaissent le mieux François Hollande : « Pas fiable, il ne fout rien » (Aubry), « Hollande, c’est l’inaction » (Ségolène Royal), « Fraise des bois » (Fabius), « Capitaine de pédalo » (Mélenchon), etc. Lors du débat télévisé du mercredi 2 mai 2012 face à Hollande, Sarko a été bien trop gentil, courtois, respectueux, face à un adversaire qui l’interrompait continuellement. Il n’a pas réagi à la tirade « Moi président » apprise par cœur et répétée quinze fois (anaphore). Il avait l’occasion unique de sortir en réplique une formule qui aurait fait mouche et serait restée dans les annales : en fustigeant ce prétentieux « Monsieur MOI JE ».

 

Et maintenant ? Le changement va aggraver la crise en France. La gauche prétendra bien sûr que c’est « la faute à l’héritage ». Les 2.000 milliards de dette sont pour bientôt. Le pouvoir sera à ramasser à la pelle dans cinq ans. La droite, revenue au pouvoir, n’aura plus la force d’entreprendre des réformes de structure risquant d’être démolies à la moindre alternance. On reconnaîtra, trop tard, que Sarkozy avait été un grand président, un président exceptionnel !

 

 

79 –  Les médias font la pluie et le beau temps…

 

Ségolène candidate en 2007, Sarkozy vainqueur en 2007, Hollande élu président en 2012 : fruit du hasard ou œuvre des médias qui imposent leurs propres choix aux électeurs ? Les médias, télé et hebdos essentiellement, font en permanence du « copier-coller » entre eux, tant sur les thèmes abordés que sur leurs préférences. À force de quasi unanimité et de répétitions sans fin, ils finissent par influencer directement le citoyen, au point où on peut se demander si on est toujours en démocratie ? Et si on est toujours en démocratie, ne serions-nous pas plutôt dans « la démocratie des médias » ?  

 

Toute l’année 2006, les médias ont pratiquement créé « le phénomène Ségolène », en la mettant en tête des couvertures. Dès janvier 2007, ils retournent leur veste en louant l’énergie décomplexée de Sarko et en abaissant subitement « la Royal » pour ses boudes. Dès l’élection de Sarkozy, ils re-retournent leur veste en l’assassinant par l’accusation de Bling-Bling pour un repas où tout le monde va (les journalistes en premiers, surtout s’ils sont invités gratos) et un séjour en bateau non payé par le contribuable (alors qu’il était élu, mais non entré en fonction). Après cinq ans d’acharnement à ne parler que de rejet et d’anti-Sarkozisme, ils parviennent à leur fin en soutenant visiblement un candidat pourtant sans aucun charisme et une gauche empêtrée dans le scandale DSK et n’affichant que des projets uniquement dépensiers. Les médias, heureux de jouer aux « faiseurs de rois », vont-ils maintenant prendre en grippe le dénommé François Hollande ?

 

 

80 –  « Normal » : vous avez dit « Normal » ?

 

Hollande se targue d’être « un président normal », pour condamner le comportement passé de Nicolas Sarkozy.

 

Mais est-il normal que sa maîtresse, encore officiellement mariée (car non divorcée) à Denis Trierweiler, parade aux côtés du président dans les cérémonies officielles d’investiture et dans les déplacements internationaux ? Déjà, notre Constitution ne reconnaît aucun rôle à la « Première dame », épouse officielle. Comment tolérer que s’affiche publiquement l’adultère de sa maîtresse dont il cachait avec force précaution sa relation en 2007 pendant la campagne de Ségolène. Si ce président est « normal », sa conduite est parfaitement « amorale ».

 

Mais est-il normal qu’un fils de riche médecin spécialiste ne soit pas assujetti à l’ISF après une vingtaine années de députation cumulée avec des traitements de collectivités locales, tous frais de vie par ailleurs indemnisés sur fonds publics ? Hollande a prétendu être sous la barre du 1,3 million de biens, déclenchant l’imposition. C’est ce qu’il déclare oralement, ne faisant pas de déclaration écrite au fisc. Il n’a jamais été contrôlé, ce qui devrait être une obligation pour tous les parlementaires. S’il avait été contrôlé ou s’il était contrôlé aujourd’hui, sa fortune serait sans doute évaluée à plus de deux millions (jusqu’à 4 millions, selon certains, avec une propriété importante à Londres). Hollande a « le comportement normal » qu’il reproche aux riches qui veulent payer le minimum d’impôts. La république de gauche version 2012 regorge d’exemplarité ! C’est pour cela que les membres du gouvernement ont signé une « Charte de déontologie »...

 

 

81 –  Ils ont TOUT !

 

Ça y est : depuis hier soir, dimanche 17 juin 2012, la Gauche a tous les pouvoirs en France :

  • Les 2 exécutifs : président et gouvernement
  • Les 2 assemblées : Chambre des députés et Sénat
  • Les départements et régions
  • La majorité des villes et des agglos
  • Les corps intermédiaires : médias et syndicats

 

La Gauche va enfin pouvoir quitter son visage d’aimable fausse modestie pour reprendre l’arrogance sectaire qu’elle cultive depuis deux siècles. Et le désenchantement va bientôt commencer… La crise, ignorée depuis neuf mois de campagne, doit maintenant conduire à des mesures moins populaires qui ne seront ni de l’austérité, ni de la rigueur : mais du « redressement dans la justice », donc payé par les riches (de fait : par les classes moyennes). Ce sera évidemment la faute à « l’héritage » laissé par Sarkozy !

 

 

82 –  Détournement de fonds publics : à quand le procès ?

 

Incroyable, mais vrai ! Le président de la République, gardien de la Constitution et du droit, est directement coupable d’un détournement de fonds évident en octroyant, aux frais des contribuables, à l’Elysée un secrétariat de six personnes à sa maîtresse en titre. De plus, François Hollande a l’audace de déclarer, lors de l’interview du 14 juillet 2012, que « elle sera à mes côtés lorsque le protocole l’exigera » ! Le protocole ne peut rien exiger puisqu’il n’existe juridiquement « aucun statut de Première dame », encore moins pour une simple concubine ! On est revenu au temps des courtisanes et favorites (toujours entretenues par un État pourtant en faillite) de Louis XIV (la Montespan) et de Louis XV (la Pompadour) : un président, se disant républicain et de gauche, se comporte comme les monarques absolus du XVIIIe siècle ! Et la moitié de la France opine du bonnet quand il se proclame « normal » ! La presse, qui reste aux ordres de la gauche depuis cinq ans, ne dit mot sur ce scandale : elle se borne à évoquer, à propos de Valou Trierweiler, que « l’histoire du tweet » qui n’est qu’un règlement de comptes entre deux femmes de gauche aussi ambitieuses et excentriques l’une que l’autre.

 

Qu’attend la droite pour intenter un procès pour détournement de fonds publics (grave délit pénal puni d’amendes et d’emprisonnement, outre le remboursement des sommes abusivement engagées) ? Serait-elle devenue aussi molle que la gauche, laquelle reste toujours très active en matière d’augmentation des impôts et de relâchement des moeurs ?

 

 

83 –  Déliquescence

 

Il n’y a pas d’autre terme que celui de déliquescence pour définir l’état de la France en ce mercredi 28 novembre 2012 ! Une déliquescence qui fait honte d’être Français et qui aggrave la note pour le jour où un vrai redressement pourra être entrepris.

 

La Gauche, qui a tous les pouvoirs, multiplie les erreurs et fausses routes, comme à souhait, par plaisir purement doctrinal. Pour résoudre la crise économique et réduire la dette publique, elle ne voit que le matraquage d’impôts. Arnaud Montebourg va jusqu’à déclarer, summum de la connerie irresponsable : « Nous ne voulons plus de Mittal en France » (Mittal n’offrant que 20.000 emplois). ! Pour résoudre la crise politique, elle ne voit que le cumul des mandats, alors qu’il faut d’urgence diviser par deux le nombre et les avantages financiers exorbitants (traitements, primes, retraites, assistants, etc.) des parlementaires, ces nouveaux privilégiés ayant de fait remplacé les nobles de l’Ancien régime. Pour résoudre la crise morale, elle ne voit que la satisfaction donnée à des minorités comme les homosexuels (mariage pour tous) et les étrangers (droit de vote aux élections locales). Moins il y a de repères pour les gens perturbés (de tous les âges), mieux la société se portera, sans doute !

 

Quant à la droite, elle perd sa crédibilité en se déchirant par le duel fratricide Copé-Fillon. Le temps n’est pas aujourd’hui de savoir qui, de Copé, Fillon, Sarko ou X, sera le meilleur candidat de la droite en 2017. Il est de faire pression sur ceux qui détiennent le pouvoir pour qu’ils détériorent le moins possible la France. La France perd un second « triple A » qui nous coûtera sous peu des fortunes en augmentation de taux d’intérêt des nos dettes. Et les leaders de droite n’en disent mot, préférant s’insulter sur de prétendus bourrages d’urnes !

 

 

84 – Défauts aggravés

 

Avec le retour de la gauche à l’Elysée et au gouvernement, la France ne fait qu’aggraver ses défauts naturels et structurels : augmentation d’impôts et d’emplois bidon (aidés), absence de réduction du train de vie de l’État et des collectivités, maintien du nombre de fonctionnaires et des avantages exorbitants accordés aux syndicats, mentalité hostile aux chefs d’entreprises et aux riches qui créent de l’emploi (exil Depardieu annoncé début janvier 2013). Sa politique se résume à des déclarations d’objectifs évidents (lutter contre le chômage…) et à des incantations. La France ne fait que de s’enfoncer de manière irrémédiable, d’autant plus que la prospérité ne viendra plus d’une croissance tombée du ciel : elle sera à l’avenir nulle, très faible ou lente (au niveau de 1 % seulement).

 

 

85 – Le vrai scandale : c’est Hollande (et non « l’affaire Cahuzac »)

 

Début avril 2013, éclate « l’affaire Cahuzac » : le Jérôme, pris la main dans le sac, est contraint d’avouer son compte en Suisse (probablement plus proche des 15 millions d’euros que des 600.000 € tardivement reconnus). Le bobo de gauche fortuné est désormais vilipendé (Houhou les cornes) par ses anciens potes. Mais le vrai coupable n’est-il pas plutôt le naïf (vrai ou joué ?) « Monsieur pluie » (Rain man en anglais) ou « Monsieur Heu » par ses discours entachés de heus insupportables à écouter et qui ne mériteraient pas d’obtenir le moindre BEPC ? Le pire, c’est que certains ministres, comme Valls, se croient maintenant obligés d’imiter leur chef en ânonnant à deux à l’heure des phrases parsemées de heus !

 

Le vrai scandale, tout autant moral que financier, c’est « Madame T ». Ni épouse, ni membre de sa famille, elle n’a absolument aucun droit à vivre sur nos impôts à l’Elysée avec des collaborateurs. C’est du détournement pur et simple de fonds publics, immédiatement condamnable. Qu’attend la droite pour actionner la justice ? De surcroît, elle n’a non plus aucun titre pour parader dans les déplacements officiels (c’était encore le cas au Maroc avec son « Mou président »). Nos rois avaient, certes, des maîtresses appelées « favorites », mais le bon goût (ou la dignité de l’État) faisait qu’ils ne les mettaient pas en évidence à leur côté dans les grandes cérémonies publiques officielles !

 

 

86 – Référendum sur sept mesures

 

La solution à la crise générale (morale, politique et économique) début avril 2013 n’est pas un remaniement ministériel. Il ne ferait que remplacer des incompétents par d’autres incompétents ! C’est folie que d’entendre un responsable de droite proposer cette solution. La solution, c’est évidemment un référendum. Il ne doit pas porter sur trois bricoles dites de moralisation de la vie publique, comme celles envisagées en opération « anti-riche » de diversion. Mais sur un ensemble de mesures concrètes qui mettent fin aux privilèges anti-démocratiques et coûteux de la classe politique (prétendant toujours, pour conserver et justifier ses abus, que « la démocratie n’a pas de prix »). Celle-ci est incapable de se réformer elle-même, spontanément. Elle ne peut se faire hara-kiri, renoncer volontairement ses énormes avantages. Aucune corporation, aucune profession ne peut d’elle-même mettre fin à ses privilèges et à ses profits. Il faut donc que le peuple impose le changement par son vote.

 

La politique est devenue, hélas, un métier offrant au « personnel politique » de faveurs identiques à celles des Nobles sous l’Ancien régime. C’est inadmissible et insupportable que nos gouvernants donnent le mauvais exemple, comme une caste affranchie des sacrifices imposés au peuple. Seul un référendum peut remédier à cette situation scandaleuse, puisque la prétendue élite politique refuse de s’auto-réformer.

 

Encore faut-il que le texte du référendum intègre comporte un minimum de bonnes mesures qui attaquent les diverses origines du mal (et non seulement un aspect ponctuel comme la transparence). Des mesures fortes qui fassent cesser cette défiance envers nos notables politiques qui ont perdu toute crédibilité après 30 ans de déficits et de promesses folles. Voici sept mesures incontournables qu’un président courageux et soucieux d’institutions démocratiques et efficaces devrait faire avaliser par le peuple (le OUI serait assuré). Si Sarkozy les avait mis dans le programme de sa campagne de 2012 au lieu suivre aveuglément les conseils anti-musulmans (de type Front National) de Buisson, il l’aurait sans doute emporté !

 

  1. Réduction de moitié du nombre des députés et sénateurs. Le nombre de députés (577 députés actuellement) doit tomber à 300 maximum et celui des sénateurs (348 actuellement) à 200 maximum. Bref, 500 parlementaires au total : pas un de plus. A quoi sert-il d’en avoir autant ? Voir opinion 3 ci-dessus datant de 1999 ! De la même façon, il est impératif de limiter constitutionnellement le gouvernement à 10 ministres, avec suppression de la pléthore de Secrétaires d’État, postes destinés uniquement à un clientélisme coûteux.

 

  1. Diminution ou suppression des avantages exorbitants (fiscalité, retraite, collaborateurs, possibilité d’emploi parallèle rémunéré, gratuité de déplacements, réserve parlementaire, etc.) des parlementaires. Reprendre les pratiques de la moyenne des pays européens évolués, notamment scandinaves qui donnent un bon exemple.

 

  1. Cumul des mandats, évidemment…

 

  1. Durée de tous les mandats : 5 ans maximum, une seule fois renouvelable immédiatement au même poste. Voir opinion 2 ci-dessus datant de 1999, à appliquer également aux associations !

 

  1. Élections. L’âge pour être candidat à une élection est à fixer à 70 ans maximum à la date du premier tour de l’élection, ce qui nous amène déjà à 75 ans éventuellement en fin de mandat. Place aux jeunes… (voir opinion 2 ci-dessus datant de 1999). À chaque élection, des « bulletins jaunes », signifiant un refus volontaire de choisir, devraient figurer sur les tables de vote (voir la rubrique 42 ci-dessus) pour ne pas contraindre une volonté de protestation à l’abstention ou à un vote extrémiste.

 

  1. Contrôle fiscal systématique de tout ministre et de tout élu au plan national, dans les trois mois de l’élection, puis de son départ. La déclaration obligatoire de l’élu (non rendue publique, pour éviter un voyeurisme ou un réflexe anti-riche, mais qui devrait comprendre aussi le détail des revenus) ne suffit pas : elle n’a de sens que si elle est automatiquement vérifiée par les services fiscaux, comme tout contribuable lambda l’est. Les sanctions à prévoir sont, outre le redressement fiscal approprié, la perte de l’élection au profit du candidat battu (alors à contrôler à son tour…) et une durée d’inéligibilité. La condamnation éventuelle serait, elle, bien publique.

 

  1. Règle de l’élection présidentielle qui n’est pas un simple jeu pour acquérir une notoriété : ne seraient admis à se présenter que ceux qui auraient recueilli plus de 5 % d’intentions de vote dans un grand sondage portant sur 5.000 personnes contrôlé par le Conseil constitutionnel, deux ou trois mois avant la date du premier tour. Lire la rubrique 75 ci-dessus.
    Les candidats auraient obligation de remettre une copie décrivant et chiffrant les mesures envisagées au cours de chacune des cinq années de mandat. Lire la rubrique 4 ci-dessus.

 

Texte rédigé le dimanche soir 7 avril 2013
(dont personne ne tiendra compte…)

 

Suite comique le mercredi matin 10 avril 2013.

Monsieur « cheveux teints » annonce, sur un ton à faire peur les petits enfants, sa réformette créant une Autorité (un organisme de plus ?) alors que c’est aux fonctionnaires du fisc (notamment ceux de l’ISF, les plus perspicaces) de contrôler les déclarations…

 

 

87 – Impopularité hollandaise record

 

Celui qui occupe l’Elysée depuis mai 2012, élu sur le seul thème de l’anti-Sarkozisme, tombe en onze mois, mi-avril 2013, à ¾ d’opinions hostiles ! Du jamais vu dans l’histoire de la Ve République et sans soute dans toute l’histoire de France si des sondages avaient existé dans le passé. Quand on songe que Napoléon III obtenait encore 82 % des votes favorables au référendum du 8 mai 1870 après 22 ans de pouvoir dont 18 de Second Empire ! Et les Républicains ont eu le culot de le traiter sans cesse de « mal-aimé » !

 

 

88 – Cumul d’incohérences

 

Le couple Hollande-Ayrault cumule les incohérences, pour ne pas dire les inconséquences. C’est le règne des incantations, aussitôt suivies de faits qui contredisent carrément les intentions et annonces « purement communication ». Ils parlent de croissance, pour assassiner verbalement et fiscalement les entrepreneurs. Ils parlent d’équilibre budgétaire, pour augmenter les fonctionnaires et les prestations, sans trouver un seul euro d’économie de dépenses publiques. Ils parlent d’introduire la morale à l’école (en quoi la morale laïque devrait-elle différer de la morale religieuse catholique ?), en imposant de force une cérémonie de mariage contre nature.

 

On se croirait revenu à 1789 où seuls comptent les symboles (ces fameux marqueurs de gauche). Peu importe leur bêtise, leur inefficacité, leur dangerosité même, pourvu qu’on affiche des actions bien typées plaisant à certaines masses. Pauvre France !

 

 

89 – Incomparable !

 

Suite à la révélation par Closter le vendredi 10 janvier 2014 de l’existence d’une seconde maîtresse de Hollande (pour « les désinformés » de Province, car le Tout Paris et le médias en rient depuis un an), certains défenseurs de gauche font valoir que c’est dans la continuité de Sarkozy ! Pourtant, aucune comparaison n’est possible entre les deux situations. Sarko marié est cocufié et se remarie lorsqu’il a trouvé une nouvelle âme sœur (Carla). Hollande célibataire installe à l’Elysée une première maîtresse (et non une première dame) aux frais des contribuables et s’en tape une seconde en cachette, avec une attitude de gamin casqué.

 

 

90 – Conférence = petit oral de Sciences Po

 

Pou ne pas s’expliquer sur son côté trompeur (de femmes… mais il est nickel dans les autres domaines), le supposé président Hollande donne une conférence de presse le mardi 14 janvier 2014, en présence de la presse lèche-bottes qui avait si sagement et complaisamment  tenu sa langue sur ses virées nocturnes. En fait, il décline une série de banalités et de vœux pieux. Il annonce comme une découverte extraordinaire le fait que « ce sont les entreprises qui créent l’emploi ». Quelle trouvaille que tout élève de collège devrait déjà savoir ! Ensuite il énumère les poncifs qui datent de 50 ans dont la nécessité de réduire le millefeuille des collectivités. On se croirait aux oraux de Sciences Po sur le sujet : « Que faire dans une économie mondialisée avec des budgets en déficit ? » L’étudiant Hollande avait bien avait appris par cœur ses réponses puisque, comme au face à face du 2 mai 2012, Monsieur EU n’a pratiquement pas fait de « Euh ! »

 

 

91 – Trier trompée et répudiée : les ploucs de province savent tout

 

Samedi 25 janvier 2014, Hollande congédie, par un sec communiqué, sa maîtresse entretenue par les impôts des Français (qui ne l’ont aucunement élue). C’est l’issue heureuse du « scandale de Trier » résidant à l’Elysée à nos frais. Et non d’un scandale de fredaines casquées avec Juju, car un célibataire a bien le droit de se taper plusieurs femmes : il n’y a là aucun adultère coupable puisqu’il n’est pas mariée ! Quitte à choisir, autant garder la plus jeune, la plus souriante et la moins chiante. Valou se savait évidemment trompée, mais son orgueil n’a pas supporté que la France l’apprenne : elle a tout cassé et il a fallu la piquer pour l’amener de force à l’hosto.

 

L’autre scandale parallèle qui fait maintenant partie du passé, c’était l’attitude insultante des médias et commentateurs lèche-bottes qui emboîtaient le pas du président pour s’offusquer qu’une « affaire privée » soit mise sur la place publique. Tout Paris était au courant de l’aventure Gayet depuis plus d’un an. Mais dans l’esprit démocratique des Parisiens, ils étaient les seuls à avoir le droit de savoir. Il ne fallait surtout pas que « les ploucs de province » sachent aussi !

 

Enfin Valoche, plus amoureuse de ses parades en première dame que de son « redevenu gros » amant, aux cheveux curieusement noirs foncés, doit faire ses valoches. La bombasse se tire pour Bombay, encore avec deux personnes à notre charge (promis-juré : c’est la dernière fois !). Car elle passionne subitement pour les enfants d’Inde (pas pour les petits Français)…

 

 

92 – Jospin l’anti-Napoléonien

 

Dans un livre de 236 pages sorti le 6 mars 2014, Lionel Jospin nous apprend que Napoléon Ier a été battu à Waterloo. Voilà ce qu’a découvert notre ex-Premier ministre à la retraite. Il en tire la conclusion que le règne du Corse a été « néfaste » pour la France. Sans la Révolution, Napoléon Bonaparte n’aurait jamais été consul puis empereur : dommage donc que 1789 ait aboli la royauté !

 

Cette puissante leçon d’histoire que nous donne le penseur socialiste oublie que, pendant les cinq années 1997-2002, il a bénéficié d’une croissance de près de 3 % tombée du ciel, qu’il n’en a pas profité pour diminuer d’un centime la dette publique, qu’il n’a engagé aucune réforme de structure, que sa mesure phare des « 35 heures » a été une catastrophe pour l’économie française, pénalisant toutes les entreprises (privées et publiques) et favorisant un esprit de loisirs cassant le dynamisme au travail.

 

 

93 – Crimée et pollution : la France a « tout faux »

 

Les politiciens de gauche qui gouvernent la France ont « tout faux », en politique extérieure comme intérieure. Ils ont condamné, en petits suiveurs des Européens et des Américains, le référendum du dimanche 16 mars 2014 en Crimée. La Crimée, russe depuis 1774, avait donné par l’URSS en 1954 à un de ses États satellites : l’Ukraine. Cela ne changeait rien pour les dignitaires communistes disposant des datchas sur cette riviera de la mer Noire.

 

L’Ukraine devenue indépendante en 1991, il est normal que le peuple de Crimée décide de son appartenance. C’est ce Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes qui a constitué les nations actuelles, depuis que Napoléon III en a fait valoir le principe et le début d’application (Roumanie et Italie) voici un siècle et demi. Comment peut-on oser dire qu’un vote obtenant une majorité de 95 % soit illégal ?

 

En France, c’est 2 % des écolos qui impose, au même moment, la circulation alternée le lendemain lundi 17 mars 2014 alors que la pollution particules fines s’était naturellement terminée la veille. Le principal résultat : désorganiser l’économie et coûts pour les PME et la RATP ! Plus on est inefficace, plus on est content…

 

 

94 – Vitesse sur autoroutes : l’Espagne en modèle !

 

Personne ne dénonce le scandale et la dangerosité des limitations de vitesses sur autoroutes françaises qui alternent sans cesse entre le 110 et le 130 kilomètre/heure. Vous prenez des PV et des points en moins à rouler à 129 km/h, alors qu’un panneau non vu a dû refaire baisser la limite à 110 km/h. C’est terriblement dangereux de rouler la tête constamment à droite pour voir si un nouveau panneau ne réduit pas la vitesse autorisée. Les Espagnols procèdent, eux, sans anarque ni piège en gardant partout une vitesse constante à 120 km/h.  Quand l’Espagne devient un modèle de bons sens et de sécurité, c’est que la France est vraiment bien malade.

 

 

95 – Quand « La COM » détrône la politique

 

Les hommes politiques français - de gauche comme de droite, au pouvoir comme dans l’opposition, au plan national comme au plan local - ne font plus de la politique, c’est-à-dire de la saine gestion et des réformes adaptées aux temps actuels. Ils ne font tous que : de la COM (Communication), en complicité avec les médias pensant ainsi satisfaire leurs lecteurs ou auditeurs. Le seul but de nos politiciens, devenus professionnels (un métier), est d’être élus (ou réélus) et de profiter ensuite des privilèges (nouveaux Féodaux : tels les nobles de l’Ancien régime) et honneurs attachés à cette onction du peuple. Ils se retranchent derrière une démocratie dénaturée par ses excès : « La démocratie n’a pas de prix » - ont-ils l’habitude de dire eux-mêmes pour se justifier.

 

On promet avant l’élection, puis on annonce une fois élu, par de tonitruantes déclarations, nombre d’actions qui restent lettre morte. Les décisions effectivement mises en œuvre ne portent toujours que sur des augmentations de prestations sociales ou d’impôts, ce qui ne fait évidemment que d’aggraver la situation, l’économie et le chômage. Dieu merci, certains « effets d’annonce » sont heureusement sans lendemain : beaucoup sont irréalisables ou contre-productifs par des effets pervers qu’aucun de nos 925 parlementaires n’aurait discerné à temps. A quand des réalisations concrètes, de bon sens, utiles pour améliorer l’économie (l’emploi et le niveau de vie) sans accroître les déficits et les impôts ?

 

 

96 – Suppression du Sénat

 

À l’occasion des élections sénatoriales du 28 septembre 214 (178 sièges renouvelés sur 348), beaucoup de Français ont suggéré la suppression de cette seconde chambre, trop nombreuse, trop coûteuse et sans le moindre pouvoir de décision sur les lois par rapport à l’Assemblée nationale. Lors de l’émission « C’est dans l’air » d’Yves Calvi, les quatre politologues invités, habitués au sérail politique, se sont offusqués de cette remise en cause. Mais à la question précise d’un téléspectateur demandant des exemples de réformes efficaces dues au Sénat, aucun des quatre commentateurs n’a pu donner le moindre exemple !

 

 

97 – Le millefeuille : semblant de réforme !

 

Le millefeuille administratif, c’est 27 régions, 101 départements, 17.000 intercommunalités et 36.700 communes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes si on veut alléger les structures pléthoriques, coûteuses et redondantes : s’attaquer aux plus nombreuses ! Que propose subtilement le gouvernement de gauche en place ? Réduire une dizaine de régions, ce qui ne donnera pas un seul centime d’économie puisqu’elles ont déjà toutes leurs Hôtels de région flambant neufs et que les frais de déplacement d’élus et de fonctionnaires territoriaux ne pourront qu’augmenter avec les distances supplémentaires !

 

 

98 – Présidentielle 2017 : 6 mois de courage

 

Les hommes politiques de tout bord ne comprennent toujours pas que, pour leur crédibilité, c’est à eux de montrer d’abord l’exemple de réformes efficaces, en réduisant leur nombre (voir ci-dessus les opinions 3 et 96) et leurs avantages d’un autre temps. Comme les parlementaires se votent eux-mêmes leurs privilèges, il n’y a aucun espoir de changement : aucun parti n’ose et n’osera demander à classe politique (qui est professionnelle : son corporatisme est supérieur à ses divergences idéologiques) de se sacrifier, ne serait-ce qu’un peu. La seule solution pour y parvenir est qu’un candidat éligible à la présidence de la République propose dans son programme de campagne de 2017 ces réformes difficiles dans les six mois de son éventuelle élection... et qu’il soit élu. Fort de ce soutien démocratique, la classe politique ne pourra plus s’y opposer. Un référendum, au besoin, confirmerait.

 

 

99 – Si Hollande était malin…

 

Il est vraiment étonnant qu’Hollande ne prononce pas la dissolution de l’Assemblée nationale. La gauche serait sure d’être battue et la droite revenue aux affaires serait incapable de rétablir en deux ans les trente années de déficit et de pertes de compétitivité. Ainsi, la gauche, faisant porter en 2017 la responsabilité de la mauvaise situation (avec l’envoi des syndicats dans la rue), aurait peut-être une chance de remporte à nouveau la présidentielle ! 

 

C’est curieux que l’émule de Mitterrand comme roi du calcul politicard n’y pense pas et ne le fasse pas. Cela lui donnerait une auréole démocratique : il s’en remet au peuple pour dire clairement s’il est si impopulaire que les sondages le prétendent. Monsieur « Plus  de 85 % d’impopularité » conserverait, planqué, son poste confortable et n’aurait plus qu’à critiquer son gouvernement de droite, ce qu’il est la seule chose qu’il ait su faire pendant des années à la tête du PS…

 

 

100 – Imbécile heureux !

 

Le jeudi soir 6 novembre 2014, Hollande visait, à mi-mandat catastrophique, une reconquête de l’opinion par un émission télévisée Il a évidemment fait choux blanc, se contentant d’annoncer 15.000 emplois bidon supplémentaires sur fonds publics et une nouvelle taxe sur les résidences secondaires ! Pour le reste, il a pris bonne note des revendications de quelques citoyens (qui ont dit ce que tout le monde sait déjà !) et il a savamment prédit le renouveau du pays grâce aux JO (non attribués) de 2004 à Paris (ville pour l’instant non candidate) ! Inimaginable démocratie française : contrainte de supporter - encore plus de deux ans -  l’incapable Monsieur Eu qui semble satisfait de son sort et de celui de la France.

 

 

101 – La « Comdémago »

 

C’est le sport national des politiciens français, de droite comme de gauche, depuis une bonne trentaine d’années (disons 1981) : la Comdémago (à prononcer Comme démago au féminin – Dire Con démago au masculin serait aussi valable). Cela consiste à ne faire que « de la communication » et dans le sens du poil démagogique évidemment, même si l’on sait pertinemment que ce que l’on dit ira  à l’encontre de l’intérêt du pays et du peuple.

 

Donc, on fait « que de la forme » : de l’apparence, de l’esbroufe, du théâtre, de la parole, de la promesse. On multiplie les effets d’annonce. Mais surtout « pas de fond » : aucune action, sauf s’il s’agit d’une action purement doctrinaire (par définition dénuée du moindre bon sens) qui coûtera cher aux finances publiques (les nouvelles prestations sociales sont l’idéal). Le summum de ce type de verbiage sans effet, devenu une spécialité hollandaise, est d’annoncer des décisions ou des résultats pour une période (au-delà de 2017, en l’occurrence) où l’on ne sera plus au pouvoir…

 

Le seul aspect moral est que cette de vraie maladie qu’est la Comdémago, exercée avec la totale complicité des médias, se retourne systématiquement contre leurs auteurs, tous balayés à l’élection suivante. Les gouvernants et leurs opposants (incapables de concevoir un programme réfléchi et chiffré) ne songent jamais aux effets pervers de leurs intentions ou de leurs décisions. Mais aucun n’aurait l’idée de rompre avec cette pratique inefficace de la Comdémago ! En attendant, la France est dans la merde, et pour longtemps…

 

 

102 – Pépère « Compassion »

 

Monsieur Eu a trouvé la forme aboutie de la « Comdémago ». Après deux années d’échec complet de chute de popularité (on ne peut pas tomber plus bas), Hollande invente « la Compassion » érigée en politique et en unique principe d’action.

 

Cela consiste à aller sur les lieux du moindre drame, en France comme à l’étranger, pour faire un discours de pleurs. C’est ce que font déjà les médias (la télé-réalité est leur meilleur exemple) à longueur d’années avec succès (semble-t-il ou croient-ils) : passer son temps à essayer de faire jouer l’émotion et de déclencher des « larmettes » de compassion !

 

Depuis début 2015, Monsieur Eu ne fait plus que cela : un mort sur la route, un enlèvement… et me voilà pleurant à chaudes larmes, mouchoir à la main, sur le sort du malheureux. Le pied, c’est l’attentat ou la crash d’un avion. Alors là, j’ai plusieurs morts : je peux faire mon cirque pendant presque un mois ! Ne faire que de la compassion, et son corrolaire « la Commémoration » s’il manque des catastrophes (déplorer celles du passé), est forcément efficace. Nos Présidents de la IIIe et de la IVe République, sans vrai pouvoir politique, n’ont fait que cela : ils ont tous été populaires ! Ainsi avance la France ? Pendant ce temps, le chômage augmente toujours en avril 2015, malgré un début de reprise de croissance dû uniquement à la conjoncture internationale produisant une baisse de l’euro, des prix du pétrole et des taux d’intérêt…

 

 

103 – FN = « Mig-Mad »

 

Le Front National n’est plus ce qu’il était du temps de son père fondateur : un vrai parti d’extrême droite. Avec Marine, ma divine, il est franchement Mig-Mad : « Mi-Gauche, mi-Droite ». En fait, il faudrait écrire Mieg-Maed  (ajouter des œufs) pour signifier « Mi-Extrême gauche, Mi-Extrême droite ». Côté droite, on maintient évidemment son identité (premier fond de commerce) « anti-immigration ». C’est d’autant plus payant que, dans le fond, tout le monde est d’accord ! Côté gauche, on pique le programme absurde du PC : la moitié des vieux communistes (au moins d’esprit) me rejoignent. C’est l’argument classique numéro 2 : bouc émissaire, donc c’est de la faute de l’Europe (Yaka en sortir). Il n’y a plus qu’à conclure en final sur ce que tout le monde a constaté : la droite et la gauche dite traditionnelle (« républicaine », pour faire plaisir aux partis concernés) ont échoué ; donc pourquoi ne pas essayer le FN ? En fait, le FN Marine a un rôle extra pour les partis républicains : elle les maintient au pouvoir, elle maintient donc les privilèges !

 

 

104 – Pour une démocratie « efficace »

 

Le terme « Républicain » est devenu insupportable à entendre à tout bout de champ, par la gauche comme par la droite, tant il est faux historiquement, bêtement cocardier et rempli de démagogie.

 

Que je sache, il y a de encore de nombreuses monarchies en Europe (Angleterre, Espagne, Pays-Bas, Suède, etc.) et dans le monde ; et ce ne sont pas autant de dictatures foulant au pied les droits de l’homme. Le droite traditionnelle adore tomber dans le piège de la gauche, par méconnaissance de l‘histoire ou croyance en la récupération de voix de gauche. Elle reprend aussi le terme de « valeurs républicaines ».

 

Ce qui compte, ce n’est pas la forme officielle des institutions, c’est la démocratie efficace. En France, derrière le mot République, nous avons une véritable « Monarchie constitutionnelle » : notre régime est 100 fois monarchique que les monarchies en titre (hors dictatures arabes). De démocratie, nous ne sommes pas en manque, mais en « trop plein » coûteux et inefficace. Nous en sommes en « excès de démocratie » avec cette multitude de strates élues avec un nombre bien trop élevé d’élus à chaque strate. Plus on est nombreux inutilement, plus cela coûte cher et ralentit tout. Trop d’apparente démocratie tue la démocratie (on le voit avec l’augmentation des abstentions), comme « Trop d’impôts tue l’impôt ».

 

Ce qui compte, c’est une démocratie (plus légère donc pour être effective) qui permette l’efficacité. La démocratie pour la démocratie n’a pas de sens. Elle doit servir à quelque chose : à l’efficacité dans un monde mondialisé (faux pléonasme) concurrentiel. Les sources de dépenses sont immenses, tandis que les sources de recettes sont épuisées (ou cassent l’économie provoquant des dépenses encore plus importantes). Or les politiques, par démagogie (celle-là est efficace), ne proposent toujours que des coûts supplémentaires : des prestations, des remplacements de salaires, des frais de fonctionnement. La grande majorité des mesures prises ne sont que des réformettes où un ministre veut laisser son nom : le problème de base est rarement réglé ; on alourdit le système à améliorer ; on augmente au final la charge financière ! Réduisons la voilure de la fausse démocratie et posons-nous la question du coût (et des effets induits ou contre effets souvent ruineux) pour chaque meure envisagée.

 

A défaut de vrais « réformes de bon sens » que personne (de gauche, droite ou Mig-Mad) n’a le courage de proposer et encore moins d’appliquer, adoptons au moins le vocabulaire allant dans « le bon sens » en parlant de démocratie efficace au lieu du terme « Républicain » inlassablement répété, comme une solution miracle. Sarkozy est revenu, mais les mains vides, sans aucun programme concret. Et la seule chose qu’il veut faire, qu’il va faire avec son entourage naïf : c’est imposer le terme « Républicain » au nom même de son parti. On croit rêver, ou plutôt faire un cauchemar. Il a visiblement tout compris au film ! On n’est pas sorti de l’auberge…

 

 

105 – Chômage : de qui se moque-t-on ?

 

Les chiffres du chômage atteignent à fin mars 2015 le record historique de 3,5 millions de chômeurs (complets : sans aucune activité) avec 3.509.800 personnes en métropole (et 3,77 millions avec l’Outre-mer). Ceci sans compter évidemment les 2 millions supplémentaires de chômeurs forcés « à temps partiel » planqués dans les autres catégories statistiques de Pôle Emploi. Le total fait bien un total de l’ordre de 5,5 millions de Français chômeurs réels. C’est, presque comme chaque mois en moyenne depuis trois ans : + 15.400 chômeurs supplémentaires en mars 2015. Après le premier choc pétrolier de 1974 (400.000 chômeurs alors) et la fin des « Trente glorieuses », le chômage était de 1,7 millions personnes à la fin du mandat de Giscard en 1980 : il explose ensuite sous Mitterrand…

 

Le vrai scandale est que les pouvoirs publics ont le culot, pour excuser leur nullité, d’exhiber une prétendue enquête prévoyant 115.000 à 212.000 emplois créés chaque année « d’ici 2022 ». Pourquoi pas en 2020 ou 2050 ? De qui se moque-t-on ? Quand tous les clignotants s’allument partout en vert pour une vraie reprise européenne (baisse de l’euro, des taux d’intérêt et du prix du pétrole) et que la croissance reste en deçà de la moitié de 1 % (chacun sait qu’il faut 1,5 % pour stabiliser le chômage : le gouvernement ne sait dire que cela !), c’est se moquer du monde ! Ça fait une bonne jambe aux millions de sans emploi ! Pompidou avait dit en 1967 (alors 174.000 chômeurs = chômage frictionnel, incontournable) : « Si un jour on atteint les 500.000 chômeurs en France, ça sera la révolution » !

 

 

106 – Valls et Sarko : les deux mêmes ?

 

Valls et Sarko ont les mêmes qualités (énergie et franc parler) avec les mêmes défauts de leurs qualités (autoritarisme et entêtement). Physiquement, Valls se distingue par son air mauvais, son front renfrogné et sa gestuelle mussolinienne à coups de bras. Quand il est gêné, il multiplie « les EU » dans ses discours et interviews, comme son président (lui c’est en permanence). Sarko se distingue par ses coups de tête saccadés et sa démarche en canard. Sarko était bing-bling pour aller sur le bateau de Bolloré sans que cela ne coûte un sou aux Français. Valls n’est pas Bobo quand il va le 6 juin 2015 à Berlin (finale d’Europe Barcelone-Juventus Turin) pour son plaisir personnel avec une ardoise de 20 millions d’euros prélevée sur les impôts de Français ! Les défenseurs de Valls avancent des arguments totalement dépourvus de bon sens : adorer le foot (étranger) alors qu’on ne va pas voir l’équipe nationale le lendemain plus tard sur place à Paris (défaite 4-3 contre la Belgique), aller à Berlin pour saluer un Français (Platoche) qui est reçu deux jours plus tard à l’Élysée (quelle urgence !)…

 

Sarkozy, lui, revient les mains vides, sans le moindre programme, après plus de deux ans de dures réflexions. L’élu de la « France décomplexée » de 2007 ne revient qu’avec une seule idée : donner à la droite modérée un nom pratiquement synonyme de GAUCHE (Les Républicains). Que je sache, les Chinois et les Soviétiques - farouches communistes - étaient en République. Cet intitulé théorique qu’est la République n’offre donc aucune garantie d’humanité ni de bonne gestion. Que je sache, la République débutante a guillotiné les privilégiés (les Nobles) de l’Ancien régime. La République d’aujourd’hui, avec la grave complicité de la majorité des médias, ne veut pas toucher pas aux privilèges de sa classe politique. Ces « nouveaux nobles d’aujourd’hui » ont la meilleure protection qui soit : ils votent eux-mêmes leurs propres avantages (et se refusent donc à les remettre en cause). C’est là la grande source de déception et de démobilisation des Français : les hommes politiques de tous bords (accord de fait entre tous les partis) font semblant de ne pas se rendre compte que l’exemple doit venir d’en haut ! Les monarchies constitutionnelles de nombreux pays qui nous entourent sont, par comparaison, des modèles de démocratie, de parlementarisme et de contrôle de ses propres dirigeants ! Alors, assez d’abus des termes République et de valeurs républicaines : place à une « démocratie efficace », nom que l’UMP aurait dû choisir pour son nouveau parti s’il connaissait un peu l’histoire et n’était pas contaminé par idées doctrinales de gauche.

 

 

107 – Mesures préalables courageuses (10 exemples)

 

Un certain nombre de mesures de simple Bon Sens conditionnent un possible renouveau de la France, au lieu des prétendues réformes qui ne font toujours qu’aggraver la situation (efficacité inverse) et augmenter les coûts :

  1. Suppression du Sénat et du Conseil économique et social
  2. Diminution de moitié du nombre des députés
  3. Limitation (constitutionnelle) du nombre de ministres (10 maximum) dans un gouvernement
  4. Obligation d’un budget prévisionnel par année (réformes et économies) des candidats à la présidentielle
  5. Interdiction de pouvoir se présenter à une élection politique au-delà de 70 ans
  6. Interdiction d’être élu plus de deux fois de suite au même mandat
  7. Suppression des subventions directes à d’autres états (remplacées par travaux en nature réalisés par la France)
  8. Interdiction de subventions de collectivités aux clubs sportifs professionnels (= sociétés de spectacle)
  9. Suppression du droit d’asile (immigration) et du droit du sol (naturalisation)
  10. Aide médicale aux étrangers payante

 

La France ne s’en sortira pas tant que les pouvoirs publics ne donneront pas l’exemple de décisions raisonnables.

 

Économie

 

Après « Trente glorieuses »,
les trente « piteuses » et les trois « criseuses »
ont monté la dette publique à plus de2.000 milliards d’euros :
les « Trente douloureuses » vont commencer

 

1 –  Impôts ou Emploi ?

 

Parmi les pays développés, ceux qui ont les taux de prélèvements obligatoires les plus faibles sont ceux qui ont le taux de chômage le plus bas. En 1999, la France avait plus de 11% de chômage officiel pour 45,6 % de ponction sur la richesse nationale (dite PIB). L’Allemagne était sous la barre des 10 % de chômeurs avec 41,6 % de prélèvements. L’Angleterre descendait à 7% de chômeurs,  grâce à un taux d’impôts réduit à 36,6 %. Les capitalistes américains et japonais se permettaient d’annoncer moins de 5% de sans-emploi avec un prélèvement ridicule de 30 % !

 

Cette étroite corrélation relèverait-elle du pur hasard ? Alors, que ne montre-t-on cette courbe à nos énarques avant qu’ils ne se lancent dans la politique ! A moins qu’ils ne perdent la boule une fois aux affaires ou que l’idéologie de « l’Etat sauveur » ne les aveugle.

 

 

2 –  Chômeurs : 2,5 ou 5 millions ?

 

Les statistiques officiels du chômage en France sont calculées selon les critères européens du BIT. Ainsi la France serait-elle descendue en mars 2000 sous la barre des 2,5 millions de demandeurs d’emploi. Pourtant l’INSEE et l’ANPE distinguent bien, dans leurs statistiques internes, une dizaine d’autres catégories de chômeurs. Aux officiels, s’ajoutent les « Temps partiels » (environ 1,2 millions), les intérimaires (0,6 million), les pré-retraités (0,4 million), les « Emploi-solidarité » (0,3 million), les chômeurs « en formation » (100.000 dégagés provisoirement des officiels), etc.

 

Tout ce petit monde nous amène à des chiffres qui dépassent largement les 5 millions de sans-emploi, sans compter les femmes non-inscrites à l’ANPE parce qu’elles n’espèrent plus pouvoir trouver de travail, les SDF et autres. Le plus scandaleux est que ces chiffres, tirés avec précision tous les mois, restent cachés de l’opinion, car une baisse officielle est souvent compensée, par vases communicants, par l’augmentation d’autres catégories (tenues secrètes). Que le gouvernement en place ne joue pas le jeu de la transparence, en pensant mieux faire sa pub, ça se comprend encore, mais que les journalistes (économiques notamment) qui ont accès à toutes ces données ne les publient pas, là on ne peut s’empêcher de penser que l’accusation d’une collusion implicite entre les mondes politique et médiatique est parfois fondée !

 

 

3 –  Charges sur l’emploi

 

Les charges sociales, assises sur les salaires, sont constamment en hausse, tant par la création de nouvelles cotisations (CSG, RDS, CET, etc.) que par l’augmentation des taux. Le résultat ne peut être que néfaste pour l’emploi, puisque les charges patronales dissuadent d’embaucher et les retenues salariales réduisent la consommation. Pourtant les pouvoirs publics et les politiques savent parfaitement qu’une limitation des cotisations crée nécessairement de l’emploi. C’est ce qu’ils font ponctuellement pour relancer une zone géographique ou un secteur d’activité en difficulté. L’idée d’une baisse généralisée leur viendra bien un jour à l’esprit.

 

 

4 –  A moitié communiste

 

La France est-elle socialiste ? La vraie réponse est qu’elle est « communiste à 50 % ».  Pourquoi ? Parce qu’il est indiscutable que, globalement, l’Etat prélève et consomme en dépenses publiques la moitié de la richesse nationale. Peut-on prouver le contraire ? C’est possible, pour les optimistes, en disant, aussi justement, que la France est « à moitié libéral » puisque l’Etat laisse l’autre moitié au privé. Le malin est bien obligé, pour trouver les ressources destinés à financer le secteur public ! Ces histoires de verre à moitié vide ou à moitié plein ne sont donc finalement pas très compliqué à comprendre.

 

 

5 –  5.117 milliards

 

C’est rien. Ce n’est que le cumul des déficits successifs engrangés par nos gouvernants de tous bords. C’est plus de 3 fois le budget annuel de l’Etat (d’environ 1.600 milliards en 2000). Le rythme d’accroissement de cette « dette publique » (en langage noble) est de 200 à 300 milliards supplémentaires par an (seulement 206 milliards en 99 et 215 prévus en 2000, années pourtant de fortes rentrées fiscales). Une entreprise privée aurait été depuis longtemps déclarée en faillite, sans attendre que ses dettes atteignent 3 fois son chiffre d’affaires. Quand on pense que les révolutionnaires avaient cru abolir les privilèges il y a déjà 2 siècles !

 

 

6 –  Cagnotte

 

Avant, on avait des idées, à défaut du pétrole. Maintenant on a en plus des cagnottes. Tellement qu’en 1999, année de très forte croissance, le déficit a pu être réduit finalement à 206 milliards. Comme nos impôts sont parmi les plus élevés des pays industrialisés, ne serait-ce pas du à un excès de dépenses publiques (vivre au dessus de ses moyens) ? A quoi les énarques vous répondront que les dépenses de l’Etat sont incompressibles, et les hommes politiques ajouteront qu’ils aimeraient bien pouvoir financer des tas d’autres projets attendus par la population. Les Pinay et Pompidou avaient de la chance de ne pas connaître ces problèmes. A moins que c’était parce qu’ils faisaient une autre politique ? Si on pouvait se rappeler laquelle !

 

 

7 –  La Sécu

 

Notre chère Sécu (rité sociale) dispose d’un budget (1.900 milliards) bien plus important que celui de l’Etat (1.600 milliards). Tout le système Sécu est officiellement indépendant de l’Etat et géré par les syndicats (dits ouvriers, cadres et patronaux). On pourrait penser plus logique que l’Etat lui-même l’administre, puisque, de fait, c’est lui qui décide des recettes (cotisations) encaissées par les Urssaf. Les mauvaises langues disent que la situation actuelle « perdure » (le mot « dure » est devenu obsolète) pour financer les permanents des syndicats. Si vous les écoutez, ne les croyez surtout pas.

 

 

8 –  SMAS

 

Le SMAS est un néologisme de mon cru signifiant « Salaire MAximum Salarié ». C’est l’équivalent du SMIC, mais à l’autre extrémité. Il devrait être créé et fixé à un plafond situé à dix fois le SMIC (10.960 € = ex 71.500 F) pour une activité salariée à plein temps. Comment un homme peut-il valoir plus que dix autres hommes ? Le SMAS serait indépendant des revenus liés à l’épargne et à la propriété (loyers de biens mobiliers, dividendes d’actions, placements financiers). Il serait aussi applicable à la fonction publique où les hautes rémunérations sont encore plus scandaleuses (sur fonds publics, après nomination de copinage). Il est impensable (pour ne pas dire honteux pour elle) que la gauche n’ait pas inclus ce type de mesure dans son programme. Le problème est sans doute que l’Etat y perdrait en ressources puisque le taux progressif de l’IRPP est très rémunérateur pour ses caisses ?

 

 

9 –  Allocs du XIXe

 

Les allocations devraient être supprimées au delà d’un certain revenu. Elles devraient être aussi stoppées au troisième enfant. A l’heure de la contraception, le nombre d’enfants résulte d’un choix personnel et volontaire. La collectivité, c’est-à-dire nos impôts, n’a pas à financer ceux qui trouvent plaisir à ce que ça grouille autour d’eux. En n’encourageant pas d’en rajouter, l’Etat permettrait aux couples de mieux élever leurs 2 ou 3 enfants.

 

 

10 –  Retraite à la carte

 

Comment se fait-il qu’il soit impossible de partir à la retraite à l’âge de son choix, ce qui libérerait des postes et permettrait de réduire le nombre de chômeurs ?

La retraite mensuelle serait calculée sur le base de 2 critères :

  • l’espérance de vie (années restant à vivre, en moyenne statistique selon son sexe, à partir du départ) ;
  • le montant total des cotisations versées au moment du départ à la retraite.

 

On aurait ainsi le choix entre partir plus tôt avec une retraite réduite ou attendre la période finale au taux plein. Les assureurs et banquiers savent parfaitement faire des tableaux financiers compliqués. Il semble facile de construire de telles grilles pouvant se synthétiser en pourcentages. Trop facile sans doute pour que personne n’évoque cette solution.

 

 

11 –  Faillites en chaîne…

 

Le privilège du Trésor est un mécanisme subtile qui permet au Fisc (arriérés d’impôts) et à l’Urssaf (arriérés de cotisations) de se servir en premiers sur ce qui reste d’une société en difficulté. Les fournisseurs privés sont alors souvent contraints de « passer devant la glace » et donc de déposer, eux aussi, leur bilan. Les faillites s’enchaînent allégrement. L’État réapparaît majestueusement après coup, pour subventionner des créations et reprises. Système subtile à ne surtout pas modifier.

 

 

12 –  Délais de règlement

 

Plus l’entreprise est importante et bien portante (grandes surfaces), plus elle impose à ses fournisseurs des délais de règlement éloignés qui l’obligent à jouer au banquier gratuit. Ca s’appelle noblement le « crédit inter-entreprises ». Ca va jusqu’au « 90 jours - Fin de mois - Le x du mois suivant - Date de facturation ». N’importe quoi. L’Etat dont ce devrait être le rôle de réguler et d’homogénéiser les pratiques concurrentielles s’en fout comme de l’an 40. Il sait légiférer et taxer avec des détails inouïs. Mais il est incapable d’oser élaborer une règle simple et juste consistant à imposer à tous un délai maximal de règlement (60 jours maxi depuis la date de facture serait un bon compromis). Parce que le secteur privé ne l’intéresse que pour les impôts qu’il pique ou parce qu’il aurait lui-même grand peine à respecter les délais qu’il aurait lui-même fixés ?

 

 

13 –  Impôts sur impôts

 

L’impôt sur le revenu (IRPP) présente la particularité que seule la moitié des Français ont le privilège de le payer. En plus, cette moitié paye l’impôt sur l’impôt. Pourquoi ? Parce que l’assiette (revenu imposable) ne déduit l’IRPP payé l’année précédente. L’Etat fait mine de ne pas savoir que le revenu déclaré a été amputé de l’impôt antérieur. On est donc taxé sur des revenus dont on a pas pu disposer. Bravo la logique de sur-imposition qui doit plaire puisque personne ne proteste.

 

 

14 –  Taxe professionnelle unique

 

Dans sa série « inégalité », l’Etat laisse les communes fixer librement leur taux de taxe professionnelle. Son rôle serait au contraire d’imposer un taux national, identique pour toutes les entreprises. Ainsi, les entreprises ne sont pas placées dans les mêmes conditions de concurrence (charges plus ou moins élevées pour un même secteur d’activité) selon leur lieu d’implantation. Pourvu que cette situation puisse se prolonger le plus longtemps possible !

 

 

15 –  Essence à lait

 

Il est bien connu que l’auto est la vache à lait du fisc. Outre la TVA sur l’achat et la vignette (variable selon le département, pour l’équité fiscale), l’essence est vendue avec 80 % de taxes. Tout le monde passe à la pompe, les passionnés de bagnole comme ceux qui sont obligés d’avoir ce moyen de locomotion. Prélever 4/5 du prix d’un produit, ce n’est même plus de l’anarque, mais une franche escroquerie. La constitution mérite d’être amendée pour interdire tout taux d’impôt supérieur à 50 % sur son assiette.

 

 

16 –  TVA : baisse à 19,6 %

 

Ce n’est pas un poisson d’avril ! La TVA (créée en 1954 et généralisée en 1968) baisse effectivement au 1er avril 2000 de un point, soit désormais 19,6 %. Un point équivaut à 30 milliards de Francs en année pleine. Ça ne compense qu’à moitié la hausse de deux points du « libéral » Alain Juppé en septembre 1997 (de 18,6 % à 20,6%). C’est bon à prendre : réduction de 83 centimes pour un produit à 100 F. C’est le monde à l’envers : la gauche baisse les impôts que la droite avait augmentés. Mais il ne fallait surtout pas retenir un taux rond sans décimales : cela aurait été plus facile à calculer…

 

 

17 –  Acheter français

 

Beaucoup de ceux qui se plaignent du chômage – de la difficulté à trouver un emploi salarié pour eux-mêmes ou leurs proches – sont les premiers à acheter des produits étrangers (bagnoles notamment). Les justifications ne manquent pas : moins chers, plus pratiques, marques réputées, plus design, etc. Alors qu’il est évident qu’en achetant français, on crée ou préserve de l’emploi en France. Ceci dit, il est délicat pour les pouvoirs publics, la France étant encore la 3e puissance exportatrice mondiale,  de lancer des campagnes sur le thème « Achetons français » (les CCI avaient essayé il y a une dizaine d’années).

 

C’est à chaque français, à l’occasion de son achat quotidien de privilégier le produit réellement fabriqué en France. Les bourgeois de gauche pourraient donner l’exemple en roulant en Renault, Peugeot ou Citroën, au lieu de leurs BM allemandes ! Encore faudrait-il que les industriels fassent mieux connaître l’origine française de leurs produits. Cela montre en tous cas qu’il ne faut pas tout attendre d’un Etat omnipotent (donc impotent) et que le comportement individuel joue un rôle décisif dans l’économie.

 

 

18 –  CCI concurrentes

 

Les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) sont des organismes hybrides (parapublics) composés d’élus dévoués et de permanents compétents. Leur mission est de représenter et d’aider les entreprises, qui les financent par un prélèvement obligatoire sur la Taxe Professionnelle. Dans leur excès de zèle à vouloir « trop bien faire » pour la communauté des sociétés privées, elles multiplient les services. Et elles en arrivent, très et trop souvent, à proposer des prestations (conseil, informatique, formation, etc.) qui font directement concurrence à ses entreprises membres. C’est typique du paradoxe français où on ne peut s’empêcher de vouloir faire le bonheur des autres, malgré eux… et à leur propres frais !

 

 

19 –  Droit de retrait

 

On pense souvent à tort être « culturé » après de longues années d’études ou de travail. La vie vous en apprend tous les jours. Ainsi, je découvre aujourd’hui, 14 avril 2000, à un âge avancé, qu’il existe dans les transports publics (et peut-être même ailleurs) un « droit de retrait ». Il consiste pour un chauffeur de cars, semi-fonctionnaire, à avoir le droit d’arrêter de travailler et de pouvoir exiger d’être payé, s’il estime que sa sécurité est en danger. Pourquoi ne pas faire demi-tour en allant au boulot, sous prétexte qu’on risque un accident de la route ou une bombe islamique ? Ah, si ce droit n’existait pas, seuls des syndicalistes auraient pu l’inventer !

 

 

20 –  Cyber Bercy


Le ministère des Finances (Bercy) est tellement « cyber », branché sur internet, que mêmes ses réformes sont virtuelles. Allusion à une récente actualité où le ministre a fini par Saut(t)er.

 

 

21 –  Droits et devoirs

 

Il n’existe pas d’avantages à une situation (ou à une décision à prendre) sans qu’il y ait des inconvénients d’un autre côté. C’est la balance entre les deux, faite dans le contexte et avec les idées du moment, qui permet de faire un choix. De la même manière, toute personne aura toujours des devoirs en contrepartie de ses droits. La mentalité actuelle veut oublier ces réalités pour ne réclamer que des droits et des avantages, surtout si l’on est salarié ou fonctionnaire. Comme ces deux dernières catégories représentent 90 % des Français, il n’y a plus que les petits patrons (les gros sont salariés avec des golden parachutes), ceux des PME, TPE, artisans, commerçants et professions libérales, à n’avoir que des devoirs. Être capitaliste, c’est que du bonheur…

 

 

22 –  Manie de tout réglementer

 

La manie française de vouloir toujours tout réglementer est indécrottable. Un projet de loi est en cours de discussion pour essayer de cadrer le mondial internet, en obligeant à déclarer les sites existants, pages personnelles inclues. En théorie, c’est pour responsabiliser les auteurs et fournisseurs d’accès. En pratique, cela revient à créer une administration de contrôle et à encaisser des amendes de 50.000 F pour défaut de déclaration. Le particulier risquerait même 6 mois de prison.

 

La démarche de l’État est toujours identique : on prétend d’abord légiférer pour moraliser et ensuite (ou dans la foulée, pour gagner du temps), on balance des impôts nouveaux (directs ou amendes). Autre exemple actuelle : la taxation votée sur les plus-values des stocks-options. Y a pas de raison que les start-up perdent de l’argent et que l’État n’en gagne pas !

 

 

23 –  Périodes bizarres

 

Il y a des périodes bizarres. Ainsi le mois d’août est traditionnellement celui des annonces d’augmentations d’impôts et de taxes (tabac, alcool et essence invariablement, imagination oblige). Pourquoi ? Parce que les Français, en vacances, ont des « chances » de ne pas l’apprendre ou de vouloir profiter de leurs congés annuels pour ne pas s’énerver à protester. La dernière année qui précède des élections sont systématiquement dépourvues d’augmentations dans les budgets de toutes les collectivités (Etat, communes, département ou régions), à défaut de baisses qui seraient trop contraires à la philosophie confiscatoire des sphères publiques. La seule solution à l’arrêt des hausses d’impôt consisterait donc à prévoir des élections chaque année !

 

 

24 –  Depuis Pompidou…

 

Georges Pompidou fut le dernier, sinon le seul, Président vraiment libéral du siècle. Jovial avec sa cigarette au bout des lèvres, ce littéraire de formation avait une conception simple des mécanismes économiques. Apôtre de l’industrie, il a laissé une France sans chômage (malgré l’arrivée de 2 millions de pieds noirs) avec un taux de prélèvements obligatoires de 35 %. Sons successeur Giscard, confronté à la crise du pétrole et à la fin des 30 glorieuses, a voulu « faire du social » financé par une augmentation de 1 % des prélèvements chaque année et des réformes de société (IVG et droit de vote à 18 ans). Il a enclenché le pays dans la spirale du socialisme, des impôts et du chômage : notre sympathique énarque a ainsi monté en 1981 le taux des ponctions à 42 % et le nombre de sans-emploi à près de 2 millions. Et il se demande encore comment il a pu être battu par Mitterrand !

 

 

25 –  Prospérité par l’instabilité

 

Les nouvelles technologies (internet, portables, etc.) ont, depuis 1997, donné un coup de souffle à toutes les économies et à la réduction du chômage. L’effondrement des valeurs High Tech en bourse d’avril 2000 montre que le processus est quelque peu artificiel. Les Stat-up ne vivent qu’à crédit sur les fonds avancés par des financiers (business angels, pour parler mode), puis par les apports des augmentations de capital après introduction en bourse. Elles sont toutes en déficit et menacées de faillite (Boo.com déjà touché coulé, Amazon sur la corde raide). Mais peu importe, puisqu’en économie, comme en comportement individuel, c’est le psychologique (l’idée que l’on se fait dans sa tête d’une situation et de l’avenir) qui compte…

 

 

26 –  Minable réduction du chômage

 

Le gouvernement socialiste, en place depuis 3 ans, s’enorgueillit de la baisse du chômage, avec un taux descendu sous la barre des 10 % en mai 2000. A nous faire croire que cela provient de sa bonne politique. Alors que c’est dû uniquement à la croissance mondiale. Au contraire la politique actuelle et passée (« y a pas plus à gauche que la droite quand elle gouverne ») n’a fait que freiner l’ampleur du retour à l’emploi que réalise spontanément une conjoncture économique exceptionnelle. La meilleure preuve est que les autres pays occidentaux, moins socialisés que nous ou réellement libéraux, ont bénéficié sur les 3 dernières années de baisses de chômage bien plus importantes. Si nous avions eu le même pourcentage de baisse (de l’ordre de 50 %) que la Hollande (de 5,5 % à 2,7 %) ou l’Irlande (de 10,1 % à 5,1 %), notre taux devrait être de 6,3 % et non de 9,8 % ! Si nous avions aussi bien que l’Espagne (parti à 21 % en juin 1997), nous devrions être à 8,9 % ! Seul l’Allemagne, parmi les pays industrialisés, a eu un pourcentage de baisse de chômage identique au nôtre. Mais comment oublier qu’elle a récolté 17 millions d’allemands de l’Est aux emplois bidon et qu’elle investit à reconstruire son territoire ? A 4 % de taux de chômage, les USA n’ont plus rien à gratter : pourquoi Jospin ne clamerait-il pas que finalement il a réalisé une vitesse de réduction meilleure que celle des américains ?

 

 

27 –  Retraites : simplicité et référendum

 

Le gouvernement Raffarin joue aussi faux (régimes spéciaux épargnés et augmentation de la durée de travail purement théorique à cause des licenciements) que les syndicats en matière de réforme des retraites. Chacun s’applique à compliquer le problème qui ne se résoudra inévitablement (du fait de l’allongement de la durée de vie) que par un rééquilibrage, à la baisse pour les mieux nantis aujourd’hui, du montant des retraites.

 

La justice sociale et fiscale ainsi que l’efficacité pour résoudre le problème du financement ne peuvent reposer que sur deux grands et simples principes :

1.       Égalité parfaite et totale entre le privé et le public en ce qui concerne le montant des retraites. Un pourcentage est appliqué au montant des cotisations effectivement payées durant la vie professionnelle, et non sur la référence à des derniers traitements.

2.       Retraite à la carte permettant à chacun de partir librement (quelque soit l’âge et la durée de cotisation) avec une décote en fonction de l’âge d’arrêt (volontaire ou forcé) de travail. Ce serait de plus un excellent moyen pour libérer des emplois au profit des jeunes et des chômeurs.

 

Ceci ne relève que d’une élémentaire règle de trois avec les chiffres des cotisations versées, de l’âge effectif d’arrêt et, conséquemment, de la durée moyenne de vie restante (sur des statistiques à ajuster dans le temps).

 

Pour la réalisation concrète d’une telle réforme, il suffit au gouvernement d’élaborer un texte précis et de le soumettre à référendum. Si le peuple l’accepte, il devient loi quelque soit le nombre de manifestants et de grévistes dans les rues, composé d’une immense majorité de fonctionnaires et de privilégiés d’établissements publics. La démocratie aura tranché. Ajoutons que la méthode référendaire est aussi la seule qui puisse permettre de réaliser enfin une réforme de l’Éducation nationale bloquée par l’immobilisme des syndicats tout-puissants.

 

Libre à chacun de penser ce qu’il veut sur le sujet des retraites. De toute façon, les 15 millions d’actifs du privé (salariés, professions libérales, commerçants et artisans) ne pourront éternellement payer des retraites précoces et confortables aux 5 millions de « travailleurs » du secteur public.

Texte d’Alain Carteret communiqué au quotidien La Montagne (de Clermont-Ferrand) qui n’a passé que cinq lignes de résumé le dimanche 8 juin 2003 et au journal libéral Le Figaro (Paris) qui a passé zéro ligne.

 

 

28 –  Retraites : le public écrase le privé

 

Texte de Frédéric Stoesser circulant en mail sur internet le mercredi 11 juin 2003 :

 

Descendons tous dans la rue le mercredi 18 juin 2003 de l’Étoile à la Concorde pour prouver à ces profiteurs et feignants qu¹on a marre de les voir se moquer de ceux qui travaillent et prennent réellement à cœur les intérêts des Français et non pas seulement leurs petits intérêts catégoriels désormais d¹autant plus abusifs qu¹ils en profitent pour se mettre en grève à tout bout de champ, aux ordres de syndicalistes menteurs, profiteurs et aux ordres du PCF, de la CGT et des socialistes, tous minoritaires ! Un conseil : restez assis quand vous lirez ces messages. C'est affligeant !

 

Les cortèges de grévistes du secteur public battent le pavé pour la des retraites "public-privé". S'il n'y a qu'eux dans la rue, c'est évidemment parce qu'ils défendent becs et ongles leurs énormes avantages. Et s'ils comptent tant sur le privé, ce n'est pas pour les défendre, mais pour qu'il paye, en majeure partie, la facture. En 2002, les retraites de la fonction publique ont représenté 45 milliards d'euros, payés à 85 % par l'impôt. En 2030, elles représenteront plus de 100 milliards d'euros. Déjà l'année dernière, il a fallu ponctionner... 830 millions d'euros au régime privé vers le régime public. Rien d'étonnant quand on sait que :

 

Dans le public, on cotise 37,5 années, dans le privé 40 années.

Dans le public, on est embauché une fois pour toute. Pas de chômage. Quand on commence, on sait à quel âge on devra s'arrêter.

Dans le public, le cumul emploi/retraite est permis.

Dans le public, les hommes partent à la retraite à 58,5 ans et les femmes à 57,7 ans. Dans le privé, les hommes partent en moyenne à la retraite à 61,2 ans et les femmes à 62,1 ans.

Dans le public, 42 % des hommes et 50 % des femmes liquident volontairement leur retraite avant 60 ans. Dans le privé, pas de retraite possible avant 60 ans.

Dans le public, les hommes profitent en moyenne de 23 ans de retraite et 24 ans pour les femmes. Dans le privé, les hommes profitent en moyenne pendant 13,6 années de leur retraite et les femmes pendant 14,7 ans.

Dans le public, le taux de cotisation est de 7,85 %, dans le privé de 9,55 à 11,35 %.

Dans le public chaque année manquante ampute la pension de 2%, dans le privé, de 10%.

Dans le public, la pension est calculée sur les 6 derniers mois, dans le privé sur les 25 meilleures années.

Dans le public, 20 % des agents sont augmentés moins d'un an avant leur départ pour augmenter leur retraite.

Dans le public, les fonctionnaires touchent en moyenne 75 % de leur dernier salaire. Dans le privé, 60 %.

Dans le public, la pension de réversion n'est pas plafonnée. Dans le privé, elle l'est.

Dans le public, la revalorisation de la pension suit la revalorisation des traitements. Dans le privé, elle varie en fonction de l'indice des prix. En dix ans, la revalorisation des pensions des fonctionnaires a été le double de celle des pensions du privé.

Dans le public existe un système de retraite par capitalisation : la Préfon. Pas dans le privé.

Dans le public, la pension moyenne d'un fonctionnaire est de 1 458 euros, celle d'un salarié du privé est de 899 euros.

Dans le public, le minimum vieillesse est de 944,87 euros, dans le privé 577,91 euros.

Dans le public, 7 700 fonctionnaires touchent le minimum vieillesse, soit 580 euros par mois. Dans le privé, ils sont 375 000 à percevoir ce minimum. C'est-à-dire que 98 % des retraités pauvres sont issus du privé.

 

N'hésitez pas à faire circuler ce billet à votre carnet d'adresses. La réforme des retraites passe par l'information du plus grand nombre !

 

Sauvegarde Retraites : association Loi 1901, indépendante de toute formation politique, syndicale ou professionnelle, rassemble tous les citoyens qui veulent obtenir un système de retraites plus efficace et plus juste. Frédéric Stoesser.

 

 

29 –  Retraites : régimes spéciaux

 

1. LA SNCF

 

Savez vous quelle entreprise coûte chaque année à l'état 68, 5 milliards de Francs, soit plus que, réunis :

- le budget de la Justice (27 milliards)

- le budget des affaires étrangères (20 milliards)

- le budget de la culture (16 milliards)

- le budget de l'environnement (2 milliards)

 

Quelle entreprise cumule à elle seule 170 000 journées de grèves sur l'année 2000 ? Quelle entreprise envoie une partie de ses salariés en retraite à 50ans (les autres à 55) quand on demande aux salariés du privé d'aller jusqu'à 60 ans avec 40 ans de cotisations ? (Et le plus forts, c'est que ce sont les dits salariés du privé qui payent des deux tiers du coût de ces retraites anticipées).

 

Réponse : la SNCF ! Et quand on sait que partout ou presque les transports ferrés sont privés, que ce sont les compagnies privées qui ont développé les chemins de fer en France (et sur un réseau bien plus important que la peau de chagrin actuelle), on peut se poser des questions...

 

 

2. LA POSTE

 

Savez vous qu'en France, la Poste avec 285.000 salariés distribue chaque année 24 milliards de lettres et d'objets à 60 millions de gens sur 550.000 km ².

 

Bravo ! Aux états Unis, il y a 3 fois plus de postiers, qui distribuent 9 fois plus d'objets à 5 fois plus de gens sur une superficie 20 fois plus importante. Ce qui fait qu'un postier américain est 3,75 fois plus efficace qu'un postier français. Vous trouvez ça normal vous ?

 

 

3. EDF

 

Savez vous qu'EDF emploie la bagatelle de 4200 personnes pour gérer le pactole d'1,94 milliards que le comité d'entreprise ponctionne chaque année sur les recettes (1%), Alors que les bénéfices de l'entreprise ne sont que de 2,5 milliards (pour donner un ordre d'idée, le ministère de l'aménagement du territoire dispose d'un budget d'1,85 milliards de Francs).

 

Qui gère (seule) ce pactole et ces 4200 "permanents" ? La CGT. C'est beau le socialisme. On comprend que ce syndicat n'ait pas encore déposé le bilan bien qu'il ne représente plus que 1% des salariés.

 

 

4. RATP

 

Savez vous qu'à la RATP, on travail 20% de moins que dans le secteur privé, on est deux fois plus absent, on part en retraite 25 % plus tôt, on bénéficie de salaires 20 % plus élevés et de retraites 60 % plus élevées. Vous trouvez ça acceptable ?

 

 

5. EDUCATION NATIONALE

 

Savez vous quelle est la plus grande des administrations au monde après l'armée chinoise ?

 

L'éducation nationale française : 1 418 744 personnes (plus que l'Armée Russe, ex Armée Rouge). Et sur ce chiffre, il y a moins d'1 million d'enseignants ! C'est à dire qu'il y a 512 087 "administratifs" (hors restauration et services annexes bien sur). Savez vous que sur ces 512000 personnes, une commission d'enquête de l'assemblée a trouvé 37 664 salariés qui n'apparaissent que dans la colonne "dépense de personnel" et dont personne ne sait ce qu'ils font. Ca vous en bouche un coin, non ? Le coût de cette gigantesque plaisanterie ? 650 milliards de Francs par an, soit le prix de 52 porte-avions nucléaires de 36 000 tonnes (avec hélice en état de marche).

 

Le manque de professeurs dont on nous rebat les oreilles ? Il y a aujourd'hui 459 600 élèves de moins qu'en 1991, mais 247 000 enseignants de plus. Les résultats : sur 726.000 jeunes qui quittent chaque année le système, le ministère reconnaît lui même que 439 000 n'ont "aucune réelle formation".

 

Rappelons que l'OCDE a classé la France très loin des autres nations occidentales en comptant 40 % d'illettrés en France (capacité à lire, comprendre et résumer en cinq lignes un texte simple de 20 lignes) . Enfin, sur les 13 meilleurs lycées parisiens sur le résultat au bac, 11 sont ... privés.

 

18 millions d’électeurs : 6 157 117 salariés du public + 5 millions de retraités du public + les conjoints = 18 millions de bulletins de vote. On comprend tout !

 

A quand l'abolition des privilèges ? Dégraissons le Mammouth et le reste !

 

Un chiffre à retenir : les fonctionnaires représentent 27 % de la population active ayant un emploi, alors que chez les autres pays du G7, on ne dépasse jamais la moitié 13 %.

 

 

30 –  Grèves : légal si vote majoritaire

 

Un minimum de démocratie pour la nation et les entreprises devrait exiger que toute grève soit précédée d’un vote majoritaire au sein des services concernés. Il est temps de mettre fin aux assemblées - dites « générales » - complètement « bidon » où un tout petit nombre de syndicalistes fonctionnaires ou protégés (ou étudiants, en mal de Mai 68 à l’arrivée des beaux jours) vote, avec quelques copains, la grève ou la poursuite de la grève à mains levées. À défaut de cette procédure démocratique, la grève serait illicite et objet de sanctions disciplinaires. Quelle gouvernement, dit de droite, oserait proposer un texte de loi dans ce sens ? Pour la gauche, qui se croit toujours dans la lutte des classes du XIXe siècle, il est évidemment hors de question de contrarier sa clientèle traditionnelle !

 

 

31 –  Tabac : un État « sur tout » fiscal

 

Le prix du tabac vient d’augmenter de 20 % en octobre 2003, après une précédente hausse du même taux le 1er janvier 2003. Deux remarques s’imposent :

1.       Il est agaçant de voir l’État moralisateur justifier cette nouvelle ponction sous le fallacieux prétexte de « santé publique ». Si tel était vraiment son souci, il commencerait par rembourser les patchs et autres médicaments qui aident les fumeurs à arrêter leur drogue mortelle.

2.       La Constitution devrait intégrer un article interdisant aux pouvoirs publics de prélever plus de 50 % d’impôts sur un produit, de même que sur les revenus d’un ménage. Au delà de ce taux, il s’agit, ni plus ni moins, d’une scandaleuse spoliation de nature collectiviste.

 

Le quotidien La Montagne a bien voulu passer cet article dans son « Courrier des lecteurs », le dimanche 16 novembre 2003.

 

Nous aurions pu ajouter deux conséquences de cette frénésie fiscale des gouvernements, qu’ils soient de droite ou gauche :

1.       Cette obsession de l’impôt est en train d’introduire « une véritable mafia », comme en Corse, au détriment des revenus et de la sécurité physique des petits commerçants. Énarchie rime plus avec Anarchie qu’avec Bon sens.

2.       La droite fait aimablement le lit de la gauche et du Front national aux prochaines élections cantonales et régionales de mars 2004. Après la hausse du carburant (gas-oil) et la baisse du taux des livrets de Caisse d’épargne, le mécontentement populaire ne manquera pas de profiter aux oppositions. Les futurs candidats UMP doivent être contents du cerveau de leurs chefs ! Ils iront au casse-pipe (et au casse-cigarettes).

 

 

32 –  Gros salaires = grosse dégonfle

 

Le scandale des salaires et parachutes dorés de nos patrons de très grandes sociétés devait faire l’objet d’une loi fin 2003. Limitée aux chefs salariés du CAC 40, elle ne verra finalement pas le jour. Ni la gauche, ni la droite (même chrétienne), qui se gargarisent en permanence toutes deux d’être républicaines, n’arrivent à imaginer qu’il est humainement intolérable qu’un homme puisse valoir des milliers de fois plus qu’un autre, pour un même temps passé au travail. Nous préconisions, dès l’an 2000 dans notre opinion n° 8 de ce chapitre Économie, que le gouvernement institue un SMAC, c’est-à-dire un salaire maximun (x fois le Smic). Heureusement que les partis politiques ont pour fonction de réfléchir à des programmes justes et économiquement efficaces. On en serait presque à se demander si leurs seules actions et préoccupations ne sont pas de gagner des places (qu’elles doivent être bonnes) aux élections ? Une fois au pouvoir, local ou national : basta.

 

 

33 –  Création d’entreprises

 

Tous les gouvernements se cassent les méninges pour savoir comment « aider » à la création d’entreprises et à la reprise d’entreprises (en difficultés ou au départ du chef d’entreprise). Devant leur peine, nous leur suggérons deux mesures simples qui supprimeraient deux grands freins à ce que des personnes renoncent à leurs projets : risquer tous ses biens, sans garantie d’un revenu minimum en cas de pépins. Les voici :

1.       Cautionner les emprunts pour le rachat de l’entreprise et les investissements qui doivent suivre. La plaie actuelle est que les banques exigent des cautions personnelles (c’est leur métier de prêter sans se mouiller, oui ou non ?) sur le patrimoine du particulier qui veut s’installer.

2.       Ouvrir enfin la possibilité de toucher le chômage en cas d’échec. Les petits chefs d’entreprise n’y ont pas droit. C’est zéro sou, zéro centime (d’euro, certes) si on revend son entreprise ou si elle fait faillite ! Cette législation des Assédic est justifié par le fait que vous pourriez vous mettre un gros salaire et toucher ainsi de fortes indemnités après un bref temps d’activité. Pourquoi alors ne pas prévoir une cotisation forfaitaire et une indemnisation liée à la durée de cotisation ? C’est trop simple pour qu’un seul technocrate, un seul homme politique n’y ait jamais songé ?

 

Par contre, si l’entreprise réussit, vous avez le fisc (local et national) constamment sur le râble pour vous ponctionner et les salariés pour vous traîner aux Prud’hommes comme un malfaiteur, profiteur, ultra (et dangereux) capitaliste.

 

Ne cherchez pas plus loin des explications, Messieurs mes amis politiques, à l’insuffisance de créations et de reprises. Il est vrai que, pour imaginer ces solutions évidentes, il eut fallu que vous ayez vécu le problème. Vous avez raison de rester bien au chaud dans la fonction publique et d’aider vos gamins à réussir leurs concours administratifs.

 

 

34 –  Contrat de travail « unique »

 

La France aime les choses compliquées et inégalitaires. Pour preuve, les multiples types de contrats de travail : apprentissage, CDD, intérim, contrats spécifiques pour jeunes, vieux, jusqu’aux statuts protecteurs (eux aussi très différents) de la fonction publique et des entreprises nationalisées. Tout cela est anti-productif et, à la limite pour ne pas dire « véritablement », illégal au regard de la non-discrimination qui doit exister indépendamment de l’âge ou d’autres critères. Il n’y a que les chefs d’entreprise du privé qui pâtissent de cette incurie des politiques à mettre de l’ordre et de l’efficacité. Et encore, les accuse-t-on de profiter abusivement des systèmes mis en place !

 

La solution, aussi bien technique que morale, existe. Plusieurs pays occidentaux l’appliquent avec succès, comme l’Angleterre du socialiste Blair. C’est de mettre fin à tous ces contrats particuliers pour adopter un seul type de contrat valable partout et pour tous, salariés du public comme du privé. À échéance de 20, 30 ou 50, nous serons contraints d’y arriver. Les syndicats, de gauche et donc conservateurs par nature, feront naturellement tout pour retarder cette inéluctable évolution qu’elle considère idéologiquement comme une régression du prétendu « modèle social français ». On sait qu’en matière de chômage, les 28-50 ans sont relativement épargnés, tandis que les jeunes de moins de 28 ans (inexpérimentés ou insuffisamment qualifiés) et les vieux de plus de 50 ans connaissent, aux deux bouts de la chaîne, un dramatique sous-emploi. C’est donc l’offre global d’emplois qui doit augmenter. Même en période de forte croissance, elle est insuffisante, d’autant que les chiffres officiels du chômage sont faux (limités aux trois millions de la catégorie 1, sur huit existantes, masquant ainsi 3 à 5 millions supplémentaires de personnes). Il faut donc libérer tous les freins à l’embauche…

 

Regardons la réalité en face. En France, hormis les fonctionnaires actuellement, personne ne dispose en fait d’un vrai contrat à durée indéterminée. Le CDI officiel est, lui aussi, un contrat précaire. Il n’empêche en rien un licenciement pour insuffisance professionnelle ou difficulté économique de l’entreprise. La flexibilité est un besoin incontournable dans le monde ouvert et mondialisé dans lequel même la Chine (théoriquement communiste) s’insère pleinement. A défaut, c’est la perte de marchés nationaux et internationaux et donc une aggravation du chômage.

 

En quoi consisterait ce contrat unique ? Le CDI n’étant qu’une protection financière supérieure aux autres contrats en cas de licenciement, établissons un contrat unique sur cette idée concrète. Les garanties du nouveau contrat seraient liées à la durée du salarié dans l’entreprise. Par exemple, une possibilité réciproque de séparation à tout moment au cours des six premiers mois d’embauche. Ensuite, une indemnité calculée en nombre mois de salaire effectif sur le nombre total de mois passé dans l’entreprise. Certes, ce tableau serait délicat à établir. Mais, devenu force de loi, il éviterait ces procès aux Prud’hommes où c’est tout et n’importe quoi. L’entreprise qui licencie s’expose à d’énormes indemnités que les Prud’hommes accordent toujours généreusement. Alors, elle préfère éviter d’embaucher, par risque d’un coûteux licenciement en cas de retournement de conjoncture, de perte d’un marché, d’un gros client insolvable…

 

Comme l’entreprise est par nature économique et financière, c’est par le biais d’indemnités « connues », préalablement fixées dans un barème clair qu’elle aurait à décider d’un licenciement, en toute connaissance de ses incidences financières. Si elle franchit le pas et préfère payer, c’est que le salarié n’est plus valable ou que la situation de l’entreprise ne permet pas d’autres choix. Le cordon de la bourse est le meilleur frein efficace à des licenciements abusifs, c’est-à-dire dus uniquement à la tête du salarié qui se mettrait à déplaire. Et encore serait-on encore loin de la Suède où les syndicats eux-mêmes prônent le licenciement, possible à tout moment sans indemnité, pour ne pas affaiblir ou tuer les entreprises, dans le souci lucide de protéger en priorité l’emploi !

 

 

Éducation

 

 

Jack Lang, éternel 68 tard

 

 

1 -  Education nationale ingérable

 

Comment est-il possible de gérer correctement près d’un million de fonctionnaires, quand on voit et vit la difficulté, comme chef d’entreprise, à diriger et motiver quelques salariés seulement ? Et quand on pense qu’aux USA, réputés pour vivre la loi de la jungle capitaliste, Microsoft (25.000 salariés seulement) – qui ne doit sa réussite qu’à son ingéniosité (et non à un monopole imposé) - est menacé de démantèlement parce que devenu trop puissant !

 

 

2 –  Classes de niveau

 

Le ministère de l’Éducation Nationale impose des classes hétérogènes aux collèges, au nom d’un égalitarisme mal compris. Les classes dites « de niveau » sont interdites. Le but évident est d’éviter le regroupement  des « bons élèves » qui sont supposés être des enfants de bourgeois. La résultante de cette satisfaction purement idéologique est d’abaisser l’ensemble des niveaux. Car les profs sont bien obligés de se baser sur les potaches les plus faibles dans chaque classe. Heureusement qu’il existe deux parades pour détourner ce système absurde et le rendre donc supportable :

1)       Mettre l’élève en école privée (« chez les curés »)

2)       Utiliser la combine consistant à inscrire son enfant dans les options Allemand ou (et, de préférence, c’est encore plus efficace) Latin. Vous doutez de l’astuce pourtant bien éventée ? C’est ce que font tous les profs, même les plus théoriquement à gauche, pour leurs propres rejetons.

 

 

3 –  Remédiation

 

Le terme de « remédiation » n’existe pas dans le dictionnaire. Pourtant il est très en vogue au Ministère de l’Education Nationale qui l’a inventé. Faites ce que je dis (respecter notre langue) et non ce que je fais (créer des néologismes). Le défenseur attitré du Français a le droit, lui, contrairement aux Français, de faire n’importe quoi.

 

La Remédiation consiste à offrir aux élèves « en difficulté » 2 ou 3 heures de cours supplémentaires par mois. Ils n’écoutent déjà pas les cours normaux (raison pour laquelle ils sont plus faibles) et on pense qu’en en rajoutant ils seront plus attentifs ! On ne « remédie » (le mot est, cette fois, français) donc à rien. Que ce soit inefficace a finalement peu d’importance, pourvu qu’on ait l’air de faire du social (les faibles sont, par définition, supposés être issus des milieux les plus défavorisés).

 

Une seule réforme est susceptible de résoudre ce problème des élèves en difficulté, c’est d’adopter le principe des « classes de niveau » (voir ci-dessus) et d’adopter simultanément des nombres d’élèves différenciés selon les niveaux de classes. Ainsi les « bonnes classes » auraient 25 élèves (motivés), les classes à élèves moyens auraient 20 élèves, et les élèves les plus en difficulté se seraient pas plus de 15 par classe (meilleur soutien individuel). Trop élémentaire, mon cher Jack,  et logique pour que le Ministre du mammouth puisse un jour y songer ?

 

 

4 –  Anglais… tu nous tiens

 

Qu’on aime ou non les anglais (et les américains), qu’on soit ou non chauvin pour notre langue, le constat est aujourd’hui que l’anglais est devenu la langue universelle dans tous les domaines (incontournable en affaires et en sports). Au lieu de faire de la lèche aux autres langues ou patois régionaux par un jeu d’options sans fin, le ministre de l’Education nationale – toujours à la recherche d’une réforme intelligente et efficace – serait bien inspiré à mettre le paquet sur l’anglais que tout Français devrait parler absolument couramment au bac. Ne lui soufflez surtout pas qu’en recrutant des instits devant eux-mêmes savoir parler la langue de Shakespeare et  faire une partie une partie de leurs cours en anglais, cela améliorerait grandement les choses ! S’il est de gauche, il jugera que c’est de l’américanisme cassant l’exception culturelle française. S’il est censé être de droite, il aura peur de mécontenter la gauche.

 

 

5 –  L’informatique à l’école

 

Nos gouvernants se gargarisent maintenant des nouvelles technologies et introduisent les micros à l’école. C’est bien naturel et normal que les petits manient la souris (il faut ¼ d’heure à un adulte débutant pour être familiarisé avec le mulot). Mais rien n’est fait pour apprendre la dactylo aux très jeunes, alors qu’ils auront tous et toute leur vie à taper sur un clavier d’ordinateur. On forme donc aujourd’hui des « générations de gendarmes » qui taperont à 2 doigts et à 2 à l’heure. Quelle productivité future pour les fonctionnaires et salariés du privé ! Si vous entendez un homme politique soulever ce problème ou un ministre de l’Éducation parler d’introduire la dactylo comme matière obligatoire, merci de prévenir !

 

 

6 –  Démammouthé

 

Le Ministère de l’Éducation Nationale vient d’être allégrement viré par Jospin. Pas sympa à l’égard d’un copain de 30 ans (mais « y’a » des précédents). Sa principale faute a été d’allumer les profs sans proposer de vraies réformes. Au lieu de les critiquer dans le vide, Allègre aurait mieux fait de proposer des modifications concrètes de leurs avantages (horaires, congés, absentéisme, etc.) et de les justifier ensuite (prendre à parti l’opinion) en énonçant les anomalies et vérités que tout le monde ne peut que reconnaître. Comme quoi, il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Suivre le discours de la méthode est préférable à la méthode du discours.

 

 

7 –  Persiste et signe

 

Claude Allègre a réglé ses comptes avant de retourner à ses fourneaux de recherche universitaire. Il a redit que l’Éducation nationale est d’abord organisé pour les enseignants, qu’elle a recruté n’importe qui sous la pression démographique, que ses syndicats sont experts dans l’agitation de blocage et que son budget a augmenté de 100 milliards en 10 ans alors que le nombre d’élèves diminuait de 400.000 !

 

Changement immédiat de ton avec son successeur Jack Lang : les anciennes bandes de « feignasses » deviennent les « serviteurs de la culture ». La nouvelle réforme annoncée par le roi de la paillette et du mitterrandisme consiste à modifier une heure de cours en classe de seconde. Les profs peuvent dormir tranquille jusqu’aux prochaines présidentielles…

 

 

8 –  Cinq mots par jour

 

Je me souviendrai toujours du conseil d’un prof de maths quand j’avais douze ans : « Apprenez cinq mots nouveaux chaque jour dans le petit Larousse et vous serez les plus cultivés ». On a tous rigolés et personne ne l’a fait. Pourtant il avait raison. Essayez maintenant quelque soit votre âge. Vous découvrirez au passage qu’un dictionnaire est le plus riche des livres et bien plus facile à consulter que les sites internet !

 

 

9 –  Quand l’excès conduit à l’effet inverse…

 

Les médias se veulent des éducateurs contre le racisme qui sommeillerait chez tout Français. Ils en rajoutent tellement, par excès de zèle, que le résultat est souvent inverse au but recherché.

 

Ainsi les interviews de la rue (micro trottoir) des journaux télévisés donnent la parole, la moitié du temps, à des gens de couleur ou café au lait, alors qu’ils n’atteignent pas 10 % de la population. Ça a évidemment plus pour effet d’exciter notre racisme latent que de nous encourager à la tolérance.

 

Ainsi, les médias annoncent qu’un « jeune homme » (sans autre précision) a agressé, violé ou tué une personne. S’il ne le dise pas mineur (la loi interdit alors de donner son nom), c’est à coup sûr qu’il est d’origine étrangère. Le mot jeune vise d’avance à atténuer sa responsabilité et à susciter la compassion. Si l’affaire a quelques prolongements, le nom devra être forcément être donné. Si c’est, à l’inverse, un pur français qui agresse un étranger, le nom est clairement mentionné, avec une leçon de morale à la clé.

 

Si l’anti-racisme est louable dans le pays initiateur des droits de l’homme, une utilisation moins exagérée de la part des médias aurait une bien meilleure efficacité.

 

 

10 –  Savoir calculer

 

Le fait de former des adultes au tableur Excel sur informatique permet de constater la quasi nullité des Français en mathématiques. Ainsi rares sont ceux capables de calculer un pourcentage d’augmentation de valeurs entre 2 années (écart divisé par le chiffre de l’année de départ). Pourtant nos parents ou grands-parents, nombreux à s’arrêter au Certificat d’études, étaient bien meilleurs en calcul mental et en logique des chiffres. Ne conviendrait-il pas de réorienter les programmes vers des mathématiques beaucoup plus simples et plus pratiques, type arithmétique ?

 

 

11 –  Soir ou matin

 

Les horaires de cours dans l’enseignement ne sont pas établies pour les élèves et étudiants, mais en fonction des préférences des professeurs qui remplissent des fiches de vœux. Des enfants se retrouvent donc un jour avec 7 heures d’affilée de matières difficiles et peuvent n’avoir que quelques heures éparpillées un autre jour.

 

Une réforme qui ne coûterait rien, sinon un peu d’organisation, consisterait à placer :

  • le matin, où l’on est plus éveillé : les matières qui demandent un effort de compréhension (Français, Maths, etc.)

§         l’après midi, où la fatigue engendre une baisse d’attention : les matières plus proches des loisirs (gym, dessin, etc.).

 

C’est ce que les anglo-saxons ont compris et appliquent depuis longtemps. Dommage qu’en France l’efficacité pédagogique passe après l’intérêt personnel des Profs. Ou est-ce parce que l’esprit dominant veut qu’une réforme ne soit profonde et sérieuse que si elle est accompagnée de « moyens », c’est-à-dire de grosses dépenses aux frais des contribuables ?

 

 

12 –  Too late à 16 piges

 

La scolarité a été rendue obligatoire jusqu’à 16 ans sous la Présidence Giscard. Si ce n’était lui qui l’avait décidé, Mitterrand aurait donné cette satisfaction aux théoriciens de l’égalité des chances. C’est une grave erreur (que personne ne veut reconnaître) car elle explique une bonne partie des difficultés actuelles de l’enseignement et de l’attitude asociale de trop de jeunes :

1.       Les jeunes, non motivés par des études générales, perturbent (remuants, indisciplinés, devoirs non faits, leçons non sues) les classes et abaissent les niveaux.

2.       Ils prennent l’habitude de ne pas travailler et sont difficiles à remettre dans le droit chemin, une fois leur fameuse seizaine acquise.

Conclusion : est-ce leur faute ou celle des politiques qui font l’autruche ?

 

 

12 –  Bon formateur

 

Pour être « bon formateur », dans un organisme public (professeur) ou un centre privé (animateur), il faut réunir au moins 3 qualités :

1.       Connaître son sujet (comme dans toutes professions)

2.       Être patient (sans doute la seule originalité du métier)

3.       Être travailleur (pas indispensable dans le public).

 

 

13 –  Bac d’abord

 

Passe ton bac d’abord. Cette formule parentale ne concernait que 10.000 jeunes en 1900, 100.000 en 1960 (avec 2 bacs), 500.000 en 1990 et 644.128 aujourd’hui en 2000. Qui arrêtera la progression des futurs diplômés ? Certainement pas le non démagogue Jack Lang qui, pour être aimé des ados, a supprimé toute épreuve le 22 juin 2000 parce que c’est le lendemain du mercredi 21. Et le 21, c’est quoi ? C’est la fête de la musique. Grâce à qui ? On ne gagne rien si on trouve.

 

 

14 –  Toujours Lang

 

Encore un mot sur notre ex-ministre de la culture de Mitterrand et ex-ministre de l’Éducation nationale de Jospin. Il se pavanait dans l’émission « Tout le monde en parle » de Thierry Ardisson, le samedi soir 21 septembre, quand l’animateur lui a demandé l’origine du nom de la « rue du 4 septembre ». L’ex-député de Blois recasé n’a su répondre. Bravo pour un ex-professeur d’Université en droit public, devenu un homme politique qui n’a que le mot de « Républicain » dans la bouche. En retournant à l’école, il saurait que le 4 septembre est la date de la proclamation de la République en 1870, marquant la chute du Second Empire après le désastre de Sedan.

 

 

15 –  La « Clair-grave » génération

 

Après la génération du Baby boom, la génération de mai 68, la génération Mitterrand des années 80, la jeunesse du IIIe millénaire nous a concocté la « Clair-grave » génération. Fruit des trois générations précédemment citées, elle se caractérise doublement par l’étroitesse du vocabulaire et la présence obligatoire de quelques mots dans chaque phrase : « c’est clair » et l’adverbe « grave » qui signifie simplement « beaucoup » (ex-vachement). Les jeunes qui liront cette triste constatation vont sûrement « halluciner » et m’accuser d’être « lourd ». C’est clair, quand on est ringard, il faut assumer grave !

 

 

 

 

 

Sports

 

 

 

1 –  Subventions des collectivités aux clubs sportifs

 

Le financement public des clubs sportifs est abusif. Les subventions accordées par les collectivités locales (communes, départements et régions) à leurs clubs locaux présentent un double inconvénient :

1.    Source d’inégalité sportive entre les clubs, faussant les compétitions. Les collectivités les plus riches, généreuses ou dispendieuses augmentent les budgets de certains clubs et favorisent ainsi les recrutements et les résultats.

2.    Source d’impôts pour les contribuables. Ceux-ci n’ont pas à financer, à de tels niveaux, des activités privées de loisirs. Le scandale est totale pour les clubs professionnels (foot et basket notamment) où les fonds ne profitent qu’à un nombre restreint de joueurs grassement payés. Pour les clubs officiellement professionnels, entreprises de spectacle largement sponsorisées par les sociétés privées, toute subvention publique devrait être totalement interdite.

 

Comment est-il possible qu’aucun parti ou homme politique n’ait jamais soumis une proposition de loi fixant des maxima de subventions au sport amateur selon le type de collectivité, le sport et le niveau de compétition des clubs !

 

Qui plus est, la presse en général et les journalistes sportifs en particulier n’évoquent jamais ce problème, significatif de l’état de notre société où l’impôt sert à n’importe quoi et où il fausse en ce domaine les règles élémentaires de saine concurrence.

 

Cette première recommandation politique sur le sport,
écrite en 1999 à l’ouverture de ce site,
n’a reçu encore aucune application en 2012
malgré les 1.700 milliards de dette publique !

 

 

2 -  Jouer au temps réel (foot et rugby)

 

Il est anormal, au regard de l’équité sportive, que des sports collectifs aussi importants que le foot et le rugby se jouent encore au « temps global » (45 et 40 minutes par mi-temps), au lieu d’utiliser le « temps effectif », comme au basket (20 minutes de jeu réel par mi-temps). Avec le système de durée globale, les matches n’ont pas la même durée réelle de jeu. Cela produit inévitablement deux sources d’injustice, au plan des résultats :

1)       L’arbitre fait (« involontairement ») gagner qui il veut, en fonction de son appréciation souveraine des arrêts de jeu (limités aux blessures et changements de joueurs). Dès que le temps global est achevé, il peut donner la victoire à l’équipe qui mène ou attendre de voir si son adversaire reprend l’avantage avant de siffler la fin de la partie. Pour ne pas être accusé d’impartialité, il prend l’habitude d’ajouter au pifomètre 3 ou 4 minutes (toutes rondes : jamais moins ni plus) d’arrêts de jeu. La première mi-temps, elle, ne comporte jamais, bizarrement, de temps supplémentaire !

2)       Il n’y a pas d’égalité entre 2 équipes concurrentes qui ont à jouer le même club. La différence au score se faisant souvent en fin de rencontre au profit de l’équipe la plus forte, jouer trente minutes de temps effectif au rugby contre Toulouse donne évidemment beaucoup plus de chance à une équipe de gagner ou de faire un nul que celle qui aura à affronter ce même Toulouse pendant 35 minutes !

 

Pourquoi les instances dirigeantes du foot et du rugby ne définissent-elles pas les règles de décompte des temps de jeu réel (comme au basket où nombre de matches se jouent à la seconde près) et n’imposent-elles pas un chronométreur indépendant ? Au basket, les 2 arbitres contrôlent 10 joueurs et ne s’occupent pas du chrono, alors qu’au foot et au rugby, un seul arbitre doit diriger 22 et 30 joueurs avec charge des temps !

 

 

3 –  Voir des buts (au foot)

 

Le principal intérêt du foot pour les spectateurs (tribunes ou télé), c’est de voir des buts. Le manque de buts dans une rencontre (moyenne de 2,5 buts) rend le foot insuffisamment spectaculaire, pour preuve son faible succès aux USA. Au basket, il se marque environ 80 paniers par match (lancers francs compris) et au rugby on compte régulièrement une douzaine d’essais, drops et pénalités.

Le goal et les défenseurs sont aujourd’hui beaucoup plus grands et athlétiques que par le passé. Ils sont aussi rapides et adroits que les attaquants adverses. Le nombre de buts marqués ne pourra donc provenir à l’avenir que d’une modification volontaire des règles du jeu. Deux solutions simples sont possibles :

 

1)       Augmenter la taille des buts - La dimension des buts, inchangée depuis l’origine au siècle dernier, est de 7,32 mètres en largeur et de 2,44 mètres en hauteur. En les faisant passer par exemple à 8 mètres en largeur et 3 mètres en hauteur (soit à peine plus de 50 centimètres), on obtiendrait immédiatement un supplément de 5 à 10 buts par match, compte tenu des tirs actuels sur les poteaux et à proximité. Les équipes traduiraient plus légitimement leur supériorité offensive au score.

 

2)       Réduire le nombre de joueurs – En enlevant un joueur par équipe (passer de 11 à 10 joueurs dont 9 de champ), il se crée des espaces qui aèrent le jeu, dégagent les qualités techniques des acteurs et augmentent inévitablement le nombre de buts marqués. La preuve vient d’en être apportée, le vendredi soir 7 avril 2000, lors du match Marseille-Monaco (4-2) où 5 buts ont été marqués rien qu’en seconde mi-temps, avec 3 joueurs en moins (expulsés en 1° mi-temps).

 

Les sphères dirigeantes ultra-conservatrices du foot oseront-elles un jour adopter un de ces types de mesure (pourquoi pas les deux), pour le plus grand plaisir des spectateurs ?

 

 

4 –  Cercle des sportifs disparus

 

Il est curieux de constater que beaucoup d’anciens bons sportifs abandonnent la fréquentation des stades après l’arrêt de leur vie sportive. Ils étaient bien contents qu’il y ait un peu de public quand ils pratiquaient leur discipline…

 

 

5 –  Sportifs sachant parler

 

Dans le temps, les bons sportifs passaient pour avoir du muscle et rien dans la tête, selon un préjugé qu’on attribuait aussi aux jolies femmes. Aujourd’hui, quand des sportifs, même encore jeunes, sont interviewés à la télé, ils s’expriment correctement avec de belles phrases et des tas de synonymes et périphrases. Mais le langage est complètement stéréotypé avec des expressions toutes faites et identiques, quelque soit le sport. Comment font-ils puisqu’il n’existe aucun bouquin sur le « bien parler du sportif » ? Peut-être une lecture assidue du journal L’équipe ? A chacun sa culture.

 

 

6 –  Poncifs d’interview

 

Quelques exemples de lieux communs, dénués d’originalité, dont nous gratifient les sportifs, joueurs ou entraîneurs (les coaches, à prononcer Kotcheu), lors d’une interview à la fin d’un match (perdu) :

Pourquoi avez-vous perdu cette rencontre ?

- Footeux : « Nous n’avons pas mis nos occasions (de buts) au fond (des filets adverses) ».

- Rugbyman : « Nous avons commis trop de fautes (d’indiscipline) ».

- Basketteur : « Aujourd’hui, ça ne voulait pas rentrer (maladresse aux tirs) ».

  (la défaite n’est jamais due au fait que l’adversaire a été tout simplement « meilleur »)

Le match a été difficile ?

Non : « compliqué » (puis que le mot difficile semble ne plus exister)

De la même manière, les journalistes ont banni le verbe Gagner :

Ils n’emploient que le verbe S’imposer, même si c’est d’un tout petit point !

Quelles conséquences tirez-vous de ce match ?

Tous : « Il nous faut continuer à travailler »

(tant mieux : sinon, ils iraient de défaite en défaite)

Comment voyez-vous l’avenir ?

Tous : « Nous allons prendre les matches les uns après les autres, comme ils viennent »

(difficile de faire autrement)

 

 

7 –  Jeu sans faute (rugby)

 

La stratégie pour gagner au rugby est simple : il faut « produire du jeu » (expression consacrée), sans « faire de fautes ». Il y a 3 types de fautes sanctionnées par un coup franc (3 points), une exclusion temporaire (carton jaune) et/ou une expulsion (carton rouge) :

  • « de main » (pas aujourd’hui) : c’est-à-dire une maladresse (faire un en-avant)

·         « de défense » : louper des placages, être mal positionné en ligne

·        « de discipline » : position hors jeu, irrégularité dans un regroupement, balle gardée au sol, placage à retardement, marron (coup de poing).

 

 

8 –  Arbitrage vu à la télé (rugby)

 

Il y a ceux qui lancent la mode et ceux qui la suivent. Les arbitres de rugby n’échappent pas à cette règle : ils arbitrent tous comme ils ont voient faire à la télé. Ainsi accordent-ils systématiquement un coup franc, pour hors-jeu de position, à l’équipe dont la troisième attaque successive échoue près des buts adverses. Au jeu à treize, qui ressemble de plus en plus au rugby, il y a très rarement hors-jeu sifflé contre les défenseurs. La seule autre explication de ce mimétisme n’est-elle pas que l’arbitre en vient à « siffler » pour pouvoir « souffler » ?

 

 

9 –  Pleurs et joie

 

Gervais Martel, le président de Lens (1re division foot) est un vichyssois d’origine qui revient chaque été au bercail et qui est sait accepter philosophiquement les défaites de son équipe : « S’il n’y avait pas de déception dans le sport, il n’y aurait pas autant de joie » (interview du 5 avril 2000 dans L’équipe).

 

 

10 –  Gagner et/ou plaire ?

 

Comme il y a « l’art et la manière » en toute chose, il y a en sports le cruel dilemme entre « plaire » et « gagner ». Il vaut mieux, pour attirer ou conserver les spectateurs, « gagner sans plaire » que de perdre avec un jeu plaisant. La victoire est le premier objectif. L’idéal est d’allier les deux. Le problème est qu’après des victoires sans grand spectacle, le public réclame en plus du beau jeu. C’est là où l’équipe se met à perdre…

 

 

11 –  Hurlements (tennis)

 

On attend avec impatience qu’un règlement plus ferme interdise les cris poussés par certains joueurs (comme Kuerten, le vainqueur de Roland Garros 2000) et certaines joueuses (comme Selles) en renvoyant la balle au tennis. Cela déconcentre l’adversaire et fatigue les spectateurs.

 

 

12 –  Passoire irréprochable (foot)

 

Les commentateurs de la télé ou de la presse écrite ont la manie d’estimer que, à moins d’une énorme bévue, le gardien n’est jamais responsable des buts qu’il encaisse (c’était imparable) et qu’il est fabuleux dès qu’il arrête un tir, même si l’attaquant botte directement sur lui !

 

La meilleure illustration concerne Bernard Lama qui a remplacé Barthez contre la Hollande au dernier match de poule de l’Euro 2000. Lama a pris 3 buts, à chaque fois qu’un attaquant adverse a pu éviter de lui tirer dessus. Il a fait perdre à lui tout seul l’équipe de France : comme il avait empêché la France de se qualifier à la Coupe du monde 1994, lors des deux derniers matches à Paris, contre Israël et la Bulgarie (but à chaque tir adverse). Pourtant la presse unanime l’a jugé « irréprochable ». Espérons que c’était pour en finir poliment avec sa dernière sélection (la complaisance coûte cher) !

 

 

13 –  Tillinac

 

Denis Tillinac, l’écrivain patron des éditions de « La Table ronde », a passé toute sa jeunesse à Vichy (à l’exception des fugues dont il était coutumier). Il a raconté ses souvenirs d’enfance en 1986 dans un petit livre baptisé tout simplement « Vichy ».

 

Nous avons usé nos jeans sur les mêmes bancs de l’école Saint-Do (quand il ne « séchait » pas), piqué des bonbons à la confiserie de la mère Dubois (les grands cachant les petits qui se remplissaient les poches), joué au rugby dans les mêmes équipes (il talonnait comme un Klytz), passé de longues heures au ping-pong dans son garage de la rue Mounin (avec une certaine Miche), suivi des cours particuliers de Philo avec le professeur Gérard Debeuré et passé notre bac ensemble (avec succès). Il était aussi petit que j’étais grand, par la taille. Mais il était aussi rusé que j’étais nature. Nous n’avons pas changé sur ces points là.

 

Puis, à l’âge adulte (si tant est qu’il l’ait jamais atteint : c’est ce qui fait tout son charme), il est parti sur Bordeaux avant de venir se fixer dans sa Corrèze familiale, à Tulle et Auriac (bled à 40 km de Tulle, sans les 2 ailes d’Aurillac, la capitale du proche Cantal). Il a fait connaître chez Pivot son écharpe jaune (la rouge étant réservée à Blondel) et sa voix éraillée. Passionné de rugby, il a gardé la nostalgie des grandes figures des années 60, les Boniface (Guy et André), Dauga (Benoît), Gruarin (Aldo), Herrero (André), Fite et Rossignol (ses brutes préférées) et… Astarie Jean-Claude (le talonneur fou de Tulle, son idole par dessus tout et décédé depuis). Son livre Rugby Blues de 1993 en témoigne. A lire et relire.

 

Tillinac vient d’écrire, dans le quotidien « La Montagne » du dimanche 25 juin 2000, une chronique sur les dérives du langage sportif. A juste titre, il met en évidence le vocabulaire et les méthodes psy qui ont envahi les sports (pression, mental, etc.) et les outrances verbales qui font passer les joueurs millionnaires pour des « héros » modernes. Au plus grand bénéfice de la presse et des marchands d’articles de sport…

 

 

14 –  I will survive

 

La chanson « I will survive » a été l’hymne de l’équipe de France de foot lors de la Coupe du monde remportée le 12 juillet 1998 au Stade de France face au Brésil (1, 2, 3 zéro). Qui sait que cette chanson avait été « piquée » par l’arrière Candella aux rugbymen su Stade Français qui l’avaient adoptée comme fétiche au cours de leur saison 1997-1998, s’achevant sur leur titre national le 16 mai 1998, deux mois auparavant ?

 

Le « I will survive » du Stade Français était elle-même une version « sportivisée », par le Hermes House Band, de la version originale chantée dès 1978 (10 ans en arrière) par la fameuse noire Gloria Gaynor. Quand on dit que la France a 10 ans de retard sur les States et sur tout (copies tardives), les mauvaises langues pensent toujours que c’est un argument pro-capitalisme ! La chanson de Gloria (pas Lasso) était devenue un tel tube aux USA à la fin des années 80 que notre Régine (elle n’a pas d’autre nom) avait essayé de l’importer, sans la moindre succès en France, sous le titre franco-français de « Je survivrai ». Faire un bide avec un tube, ça doit relever de l’exception culturelle française ?

 

 

15 - Stade Français (Paris)

 

Le Stade Français tient particulièrement au cœur d’Alain Carteret. Il y a joué deux saisons au rugby de 1969 à 1971, à l’occasion d’études parisiennes. Il avait d’abord connu ce grand club omnisports, fondé en 1890, en participant à des tournées avec sa section rugby des OH (initiales de Old Hirelings = Vieux mercenaires in english). Les OH étaient une équipe « casse-croûte » créée par Didier Dorsemaine, un ami vichyssois émigré à Paris. Ancien joueur de la JAV (voir plus haut) devenu journaliste parigot, il l’avait embarqué avec les OH en Tchécoslavaquie, l’été 1967. Ces mêmes OH, affûtés d’un canotier (hors des terrains) et spécialistes des chants de troisième mi-temps (Se canto), venaient aussi chaque année en fin de saison à Vichy disputer un match amical contre une sélection du RCV. Ces contacts l’ont amené naturellement à signer en septembre 1969 au Stade Français qui évoluait alors en 3e division, sur le stade de la Faisanderie dans le parc de Saint-Cloud (le cadre était meilleur que l’équipe).

 

L’histoire du Stade Français est un vrai roman dont Didier Dorsemaine a écrit mi-2000 la première époque 1890-1939 consacrée précisément au rugby. On y apprend comment le Stade aux couleurs « bleu et rouge » (celles de la ville de Paris) a disputé quinze finales de championnat de France de rugby entre 1892 et 1927. Il connaîtra sept échecs en 1892, 1899, quatre fois de suite battu par le Stade Bordelais (1904, 1905, 1906 et 1907), et en 1927 (face au Stade Toulousain). Le Stade Français remporte néanmoins huit titres de champion de France de rugby en 1893, 1894, 1895 (trois de suite), 1897 et 1898 (par classement de poule), 1901, 1903 et 1908 (face au Stade Bordelais qui avait gagné les quatre années précédentes). Son premier titre remonte au 19 mai 1893, deuxième finale de l’histoire du rugby français, face au Racing club de France (vainqueur le 20 mars 1892 de la première finale, arbitrée par le baron Pierre de Coubertin en personne, et disputée devant seulement 2.000 spectateurs).

 

Descendu en 2e puis en 3e division au début des années 1950, le Stade est relancé en 1992 par le grand Max Guazzini, directeur général de la radio NRJ. Il remonte le club en seconde division dès 1992, en première division à la fin de saison 1994 et gagne le titre du groupe B le 9 juin 1996 contre Aurillac à Montferrand. Et le 16 mai 1998, le Stade enlève son neuvième titre devant l’USAP Perpignan (34 à 7). Chapeau aux Simon-Moscato-Gimbert (les « Rapetous » d’ex-Bègles), Auradou-Chaffardon, Liévremont-Juillet-Pool Jones, Laussucq-Dominguez, Dominici-Comba-Mytton-Bolo Bolo et Gomes, encadrés par l’ancien béglais Bernard Laporte. Le 15 juillet 2000, le Stade Français remporte 28-23 son dixième titre face à Colomiers, sans entraîneur officiel. L’équipe est pratiquement la même qu’en 1998, hormis la première ligne (De Villiers-Pédrosa-Marconnet) et le remplacement des deux blessés Liévremont et Gomes par Moni et Stolz.

 

Enfin, le Stade Français remporte son onzième titre de champion de France de rugby le 7 juin 2003 emportant la finale 32-18 sur le Stade Toulousain et un douzième titre le 6 juin 2004 face à Perpignan (38-20). Cette victoire place le Stade Français deuxième club français (avant Béziers onze titres) derrière l’intouchable Stade Toulousain (total de seize titres). L’équipe où ont brillé jadis les Jauréguy, André Verger, Serge Saulnier, Jean-Baptiste Lafond et Bernard Laporte (comme entraîneur) est jugée la plus sympathique de France, avec son calendrier annuel aux joueurs proprement dénudés. Elle fait honneur aux frères Carteret (Alain et Dominique) et Dorsemaine (Didier est revenu à la retraite en 2002 dans la ville de sa jeunesse à Vichy, suivi par Claude et Jeff en 2003) qui avaient, avec bien d’autres, maintenu le club à flot pendant quarante ans dans la sombre troisième division !

 

 

16 – Durr, c’est dur

 

Le lundi 8 juillet 2002, Michèle Carteret, reine de la raquette depuis sa jeunesse sous le nom de Michèle Fourniol, participait aux championnats de France vétérans à Roland-Garros où elle représentait l’Auvergne. En double dames des plus de ?? ans, le tirage au sort lui a opposé la doublette Durr-Darmon. Françoise Durr avait gagné Roland Garros en 1967 et Rosa Darmon, la Mexicaine épouse de Pierrot Darmon, avait été la 5e joueuse mondiale en 1969. Que croyez-vous qu’il arriva ? Les vieilles gloires ont cartonné. Que c’est dur de jouer Durr !

 

 

17 – « Gagner » s’impose

 

Les journalistes de la télévision ont banni en sports le verbe « gagner » pour celui de « s ‘imposer ». Cela devient insupportable  d’entendre que le club de foot qui gagne péniblement d’un petit but « s’est imposé », que le joueur de tennis qui l’emporte 10/8 au cinquième set « s’est imposé ». Le sportif de terrain emploie lui les simples verbes « gagner et perdre ». Cette mode journalistique prétendument huppée est aussi nulle que fatigante à la longue.

 

 

18 – Laporte aveugle

 

La France a perdu 24 à 7, le dimanche 16 novembre 2003, la demi-finale de la Coupe du monde de rugby contre l’Angleterre. Le match était perdu d’avance, sur le tapis, avant d’être joué grâce à l’aveuglement de Bernard Laporte et de Jo Maso. Comment ne pas voir qu’il pleuvait depuis trois heures et que la rencontre se résumerait à un « match de foot » dans un bourbier. Il fallait évidemment ne choisir que des trois-quarts botteurs, même aux ailes : c’est-à-dire aligner Traille, Liebenberg et Merceron aux dépens de Dominici, Jauzion et Rougerie ! Nos sélectionneurs n’ont rien vu, rien pressenti, et n’ont même pas compris à la mi-temps qu’il était urgent de corriger le tir ! Ce sont eux qui ont offert la victoire aux Rosbifs sur un plateau.

 

La petite finale pour la première place, jeudi matin 20 novembre, a vu l’équipe de France Bis tenir vaillamment tête aux « abbés » de l’hémisphère sud (AB = All Blacks). L’arbitre (britannique) a offert la victoire à nos opposants en acceptant, dès le début de la seconde mi-temps, deux essais entachés de visibles « en-avant » qui ont creusé un large écart au score (un cadeau de quatorze points).

 

Sarko et Laporte octobre 2007

 

19 – Discipline ou détails ?

 

Le rugby ne se joue plus sur la qualité des joueurs, leur mental ou sur une organisation collective. Il se joue désormais sur la discipline ou sur « des détails ». Impossible d’échapper à cette analyse à la fin d’un match, quel que soit le niveau de la compétition ou le score, quel que soit le joueur ou l’entraîneur interviewé ! Ces détails sont pire : de grosses conneries, indignes de professionnels !

 

Les clubs français en ont fait la triste démonstration le week-end du 22-23 mai 2004 dans leurs finales perdues en coupes d’Europe. A Reading le samedi 22, l’ASM donne la victoire aux Harlequins (27-26) sur des séries d’erreurs. Ca commence par Kuzbik qui offre un essai à son vis-à-vis après un quart d’heure. Puis Marc Raynaud se fait exclure dix minutes en milieu de première mi-temps. En seconde mi-temps, le centre Raphaël Chanal commet deux fautes professionnelles décisives. D’abord un marron (dans le vide) à l’heure de jeu qui le fait sortir pour dix minutes. Il récidive à la fin des arrêts de jeu en donnant un autre coup de poing dans une mêlée ouverte, ce qui lui vaut d’être définitivement exclu. Leurs opposants profitent de leur supériorité numérique des trente dernières secondes pour marquer un essai transformé, entaché au passage d’un en-avant, détail que l’arbitre n’a pas vu ! Le lendemain, dimanche 23 mai, Toulouse, très malchanceux (deux faux rebonds les privant d’autant d’essais) malgré sa domination constante, est aussi battu à la dernière seconde sur un détail. Bévue burlesque : l’arrière Poitreneau oublie de se saisir du ballon roulant dans son en-but de Twickenham. Howley, le demi de mêlée des Wasps (guêpes) de Londres n’en demandait pas tant : il aplatit au nez et à la barbe du Toulousain médusé. Le ralenti à la télé confirme, cette fois, que l’essai assassin était bien valable !

 

 

20 – Tennis : à réglementer d’urgence

 

Nadal a remporté le 8 juin 2008 son quatrième Roland-Garros d’affilée, ne laissant que quatre petits jeux (6-1, 6-4, 6-0) au Numéro 1 suisse Federer (prénom Roger à prononcer avec un paquet de « ddd » apès le « ro »), approchant le record de Guillermo Vilas vainqueur en 1977 (trois jeux seulement perdus) et celui de six victoires de Borg.

 

Ce tournoi pluvieux a mis en évidence trois plaies du tennis qu’il devient urgent de canaliser :

1.       ESSUYAGE entre les échanges : l’emploi de la serviette au fond du court est devenu systématique après chaque échange par tous les joueurs (utilisant autrefois des poignées pour s’éponger). C’est le prétexte de sueur pour souffler et récupérer. C’est précisément la fonction de la minute et demie donnée au changement de côté. Cela hache (et prolonge artificiellement, sans jeu) tous les matches de façon agaçante. Il faudrait d’urgence interdire l’essuyage au cours d’un jeu, donc n’autoriser l’essuyage qu’entre les jeux.

2.       REBONDS de balle avant un service : utilisés par certains (comme le n° 3 Djokovich, friand d’une bonne dizaine) pour déconcentrer l’adversaire. Nécessité de limiter à cinq rebonds maximum.

3.       CRIS : spécialité plutôt féminine (après Selles l’initiatrice, Shaparova insupportable) à interdire absolument (Hurlements déjà condamnés en rubrique 11, rédigée il y a plusieurs années). C’est ridicule en soi et crevant pour nos tympans.

 

La sanction à ces trois comportements anti-sportifs et odieux pour les (télé) spectateurs serait la perte immédiate du point. Nul doute que cela calmerait nombre de joueurs qui abusent de plus en plus de ces « astuces » qui ont été trop longtemps tolérées.

 

 

21 – Vite l’arbitrage « vidéo » au foot

 

L’Euro 2008 de foot va mettre en évidence, une fois de plus, la nécessité d’introduire sans tarder la vidéo pour trancher les phases litigieuses : buts, penalties, simulations, tacles méritant un carton rouge. Par rapport aux autres sports collectifs (rugby, basket, hand, volley, etc.) où il y a sans arrêt, des essais, des paniers, des buts, des points marqués, le foot se caractérise par un ennui profond où rien ne se passe, sinon des petites passes latérales « à toi, à moi » dans les quarante mètres !

 

Les occasions de buts (les vraies : cadrées) sont rares. Et quand il y a enfin un malheureux but (que le téléspectateur n’a pas vu, venant juste de partir aux toilettes), une fois sur trois c’est du raccroc ou du coup de pot (déviations imprévues), l’autre fois ledit but n’est pas valable (entaché d’un hors-jeu, d’une bousculade, etc.), enfin il reste un but sur trois « beau et valable ». Tous les spectateurs dans le stade (par écran géant), tous les téléspectateurs dans leurs canapés (par les mêmes ralentis) voient la faute d’arbitrage manifeste. Mais l’arbitre au foot n’a pas le droit d’utiliser la vidéo ! Il est le seul à ne pas la voir ! En conclusion, la grande majorité des matches sont non seulement inintéressants (lire la rubrique 3 plus haut), mais aussi faussés sportivement !

 

Le rugby a su adapter cette méthode moderne de la vidéo pour les matches importants où la télé est présente (Tournoi des VI nations, Test-matches entre équipes nationales et Top 14 de championnat), sans ralentir pour autant l’intensité des rencontres (au contraire : on a le plaisir de revoir les essais sous différents angles). Qu’attendent les dirigeants du foot (Platini, ex-très grand joueur, est complètement ringard et aveugle en la matière !) pour introduire la vidéo ? Bêtement conservateurs, ils veulent la mort de leur sport ?

 

 

22 – La France bien « rangée » aux JO de Pékin

 

Aux Jeux Olympiques de Pékin qui se sont achevés le 24 août 2008, la France s’est plutôt bien « débrouillée » en obtenant le chiffre rond 40 médailles (exact objectif du gouvernement) dont 7 en or (plus 16 argent et 17 bronze). Notre précédent record de 38 médailles à Sydney (33 seulement au précédents Jeux d’Athènes en 2004 avec 11 d’or) est battu, mais nous avions alors obtenu 13 médailles d’or (et aussi 15 d’or à Atlanta en 1996 pour un total de 37 médailles).

 

A l’arrivée, le tableau officiel (qui n’est qu’officieux : non prévu dans la charte olympique) classe la France en 10e position, car il se base uniquement sur le nombre de médailles d’or (les autres départagent seulement les ex æquo). Si l’on prend le critère de l’ensemble des médailles obtenues - vrai reflet de la valeur sportive d’une nation -, nous gagnons trois places pour figurer en 7e position. Si l’on utilise le classement par points, le plus logique, en attribuant 3 points pour une médaille d’or, 2 pour une d’argent et 1 pour une de bronze, la France est, avec 70 points, encore la septième nation sportive du monde.

 

Et si on ramène ce nombre global de médailles à la taille de la population (la Chine qui crie victoire est alors dans les choux avec son 1,4 milliard d’habitants), nous grimpons au 5e rang mondial (Jamaïque et Australie formant le duo de tête). Pas si mal, donc : cocorico, en la jouant fine dans l’analyse des statistiques ! Surtout que si on raisonne en cumul de nombre de médailles depuis la création des Jeux modernes en 1896, la France est 3e au monde derrière les intouchables Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

 

Ajoutons pour conclure qu’à chaque fois (sauf pour le géant Alain Bernard en natation) que nos médias ont encensé un athlète (les Manaudou, Baala, Doucouré, Estanguet, Flessel, Murtis, etc.) pour nous promettre monts et merveilles, celui-ci, gagné par la pression, n’a rien gagné ! Quels porte-poisse ces médias nationaux ! Le bilan « globalement positif » pour nos 312 Bleus engagés cache des échecs retentissants dans plusieurs disciplines, notamment en athlétisme - épreuve reine des Jeux- qui ne fournit qu’une seule médaille (argent au 3.000 steeple), laquelle n’était évidemment pas du tout attendue…

 

 

23 – Compliqué de faire simple !

 

Après un an d’interruption d’opinion personnelle dans le domaine des sports, on ne peut résister en août 2009 à s’insurger contre le vocabulaire dont les journalistes sportifs nous accablent, se copiant et s’imitant bêtement les uns les autres comme des moutons.

 

L’adjectif COMPLIQUÉ devient insupportable à entendre à tout bout de champ. Comme si le mot DIFFICILE avait été banni de la langue française ! Le pire est que les joueurs eux-mêmes, à force de l’entendre, se mettent aussi à l’employer sans cesse dans leurs interviews. On est véritablement saoulé par ce mot inapproprié qui n’apporte rien…

 

Le terme S’IMPOSER est également exaspérant, employé systématiquement par nos commentateurs télé, tous sports confondus. Comme si le verbe GAGNER (ou L’EMPORTER si on pense le mot plus noble que Gagner) n’existait plus ! S’IMPOSER est manifestement inexact en cas de courtes victoires au score. Il implique normalement un écrasement de l’adversaire. Comment ose-t-on prétendre qu’un tennisman s’est « imposé » en gagnant péniblement 7/6 au tie-break final ?

 

 

24 – JO Londres (juillet 2012)

 

Les 34 médailles obtenues par la France aux Jeux Olympiques de Londres place notre pays au 7e rang mondial. C’est bien, mais faible par rapport à l’inflation permanente des médailles distribuées : environ 950 médailles en 2012. Il y a trop de disciplines « bidon » et trop de catégories dans certains sports : tous les 5 kilos en boxe ! Des disciplines, trop techniques, ont perdu tout aspect spectaculaire, comme le judo et l’escrime. Au judo, les adversaires passent leur temps à essayer de s’accrocher, finissent hors limite et sont au final départagés par des estimations de juges incompréhensibles du grand public. En escrime, les adversaires se jettent l’un sur l’autre et il faut regarder les écrans informatiques pour savoir qui a touché le premier !

 

 

25 – Rugby : pour des coups francs non tentés

 

Le rugby a le mérite d’adapter ses règles pour rendre le sport plus ouvert et vivant. On vient de modifier en 2012 le commandement des mêlées qui s’effondrent trop souvent (plus d’une sur deux). Les arbitres sifflent systématiquement un coup franc (à tenter, ce qui hache le jeu en faisant perdre deux 2 minutes de jeu effectif) pour une équipe, puis accordent à la mêlée suivante un coup franc à l’autre équipe (et ainsi de suite), sans qu’on sache pourquoi (un pilier s’écroule du fait de son infériorité physique ou de la poussée illégale en travers de son opposant ?).

 

Il est temps de décider que le coup franc sera indirect (bras cassé), c’est-à-dire sans pouvoir tenté un but : donc obligatoirement joué à la main ou dégagé en touche. On gagnera du temps et verra plus de jeu, limitant ainsi ces incessantes chandelles pour occuper le camp adverse dans l’espoir d’une pénalité tombée du ciel !

 

 

 

 

Management

 

 

 

 

1 -  Lois des meilleurs

 

- Penser en homme d’action et agir en homme de pensée (Bergson)

- Prévoir en stratège et agir en primitif (René Char)

 

- Qui Veut PEUT (principe QVP)

- Rien Sans Travail (principe RST), sauf dans la fonction publique.

 

 

2 -  Savoir écouter

 

La nature a doté l’homme (et même la femme) d’une langue et de deux oreilles.
C’est bien pour qu’il (qu’elle aussi) écoute deux fois plus qu’il (qu’elle) ne parle !

 

 

3 -  Attention

 

Tout ce qui brille n’est pas star (Jacques Séguéla)

Ce n’est pas la lessive qui mousse le plus qui lave le mieux (variante).

 

 

4 -  Etre Expert

 

L’expert est celui qui en sait de plus en plus, sur de moins en moins.

 

 

5 -  Expérience

 

L’expérience n’a jamais donné de génie à un imbécile.

 

 

6 –  Le vrai patron

 

Le vrai propriétaire d’une entreprise, c’est le client. Car c’est bien lui qui amène le CA (chiffre d’affaires) permettant aux autres - actionnaires, directeurs et salariés - de vivre ou survivre. François Michelin l’a rappelé dans son livre « Et pourquoi pas ? » paru fin 98 : « Le patron de Michelin, c’est aussi celui de nos concurrents Goodyear ou Pirelli : c’est le client ! ». Ne le répétez surtout pas aux syndicats : ils croient que c’est eux qui font avancer l’entreprise.

 

 

7 –  Idées simples

 

Les idées simples sont les plus difficiles à trouver. Sinon, « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? ».

 

 

8 –  Etre organisé

 

Savoir travailler, c’est savoir s’organiser.

 

 

9 –  Différence entre Investir et organiser

 

Organiser et investir ont exactement le même principe à la base et sont complémentaires :

- Organiser : c’est perdre du temps maintenant pour en gagner plus ultérieurement.

- Investir : c’est dépenser de l’argent maintenant pour en gagner plus ultérieurement

 

 

10 –  Objectif obligatoire

 

« Celui qui n’a pas d’objectif ne risque pas de l’atteindre ». Ce proverbe chinois est à rapprocher d’une phrase d’Andrew Grove, ancien PDG de Intel : « Si nous ne savons ce que nous voulons, nous avons peu de chance de l’obtenir ».

 

 

11 –  Pas un « blème »

 

Ne dites pas qu’un problème est « difficile », car si ce n’était pas difficile, ce ne serait pas un problème.
Ce truisme est attribué au Maréchal Foch.

 

Dans le privé, un commercial ne doit jamais prononcer devant un client ou prospect le mot « problème », et donc trouver des équivalents moins inquiétants (souci ou besoin, selon le contexte). Il peut par contre répondre « sans problème » (= facile) à une question de possibilité (jamais écrire « cent problèmes »). Dans le public, la formation élevée du fonctionnaire l’amènera à évoquer une « problématique ». Que ce terme fait noble et savant !

 

 

12 –  Ne donnez rien : vendez tout

 

Évidence qu’on a peine à croire, alors que c’est la meilleure façon de valoriser les choses et d’être considéré.

 

 

13 –  Client fidèle ou nouveau

 

Ca coûte 10 fois plus de conquérir un nouveau client que de fidéliser un ancien client. C’est pratiquement l’inverse de la formule concernant les femmes : « une de perdue, 10 de trouvées ».

 

 

14 –  Aller de l’avant

 

Valable en toute chose, car « Qui n’avance pas recule ».

 

 

15 –  PTT

 

Allô ? Les personnes demandées étaient jusqu’au 1° février 2000 en réunion ou déjà au téléphone, lorsqu’elles ne souhaitaient pas vous parler. Un nouveau motif est apparu depuis la l’application des 35 heures : il (ou elle) est en RTT (Réduction du Temps de Travail). Votre seule chance reste donc de vouloir joindre les jeunes forçats d’une une start-up du Sentier : il disent tous faire les 35 heures en 2 jours. Ils sont, eux, en PTT : Prolongation du Temps de Travail. Totalement illégal !

 

 

16 –  Bulletin de sale air

 

Le bulletin de paie est devenu, au fil du temps, un véritable casse-tête chinois. Il atteint aujourd’hui le summum de l’absurdité et de l’illogisme :

 

·       Nombre de lignes qui peinent à tenir sur une feuille

·       Cotisations tantôt que salariales, tantôt salariales et patronales

·       Cotisations à différentes et multiples assiettes : sur le brut (totalité), tranche A (plafond de la Sécu), tranche B (entre brut et plafond), tranche C, etc.

·       Cotisations salariales imposées : non déductibles du net imposable (partie de la CSG)

·       Taux allant parfois jusqu’à 3 décimales

·       Taux variables selon le lieu, la taille (transport) ou le secteur d’activité (accidents du travail)

·       Cotisations payées sans contreparties : Assedic pour les gérants

·       Régimes spéciaux pour les cadres, bas salaires, apprentis, etc.

 

Est-il vraiment impossible de simplifier tout ceci ? De donner un peu de « bon air » ( et de bonheur, en même temps) au bulletin de paie. Merci de prévenir si vous apprenez que la question intéresse un de nos 577 députés pourtant à l’affût de participer à des commissions et des enquêtes parlementaires.

 

 

17 –  Service « sourire compris »

 

Ce devrait être la devise de toutes les sociétés de service et des commerçants. Pour les services dits « publics », on n’en demande pas tant. C’est déjà inespéré quand ils sont ouverts à l’heure où les usagers ne travaillent pas ou quand ils ne sont pas carrément en grève (un droit constitutionnel, s’il vous plaît).

 

 

18 –  Confusion sur internet

 

Les 55 millions de français qui ne vont pas sur internet (les pauvres) ignorent qu’il y a deux types d’adresses bien distinctes sur le Réseau des réseaux :

 

  1. Site Web. Son adresse commence par http:// suivi, le plus souvent, par www et un point (écrire Dot et prononcer Dote pour faire anglais). Elle se termine en France par .fr ou .com (quelquefois par .org ou .net). L’adresse Web permet de lancer et consulter le site d’un organisme ou d’une société. Un site fournit des informations classées en un ensemble de pages, atteintes par clic sur un lien hypertexte (quand le pointeur de la souris se transforme en main avec doigt pointé). C’est la pub ou le catalogue instantané du monde moderne.

2.       E-mail. Son adresse débute par le nom de l’utilisateur, comprend l’arobase @) au milieu et se termine par le nom du fournisseur d’accès (écrire Provider et prononcer le i « ai » pour paraître branché). L’adresse E-mail permet l’échange (envoyer et recevoir) de messages électroniques avec un autre micro équipé pour internet. C’est la facteur (sans casquette) à la maison (sans risque que la boîte à lettres ne déborde). Ne pas oublier que le décret n° 96-602 du 3 juillet 1996 « relatif à l’enrichissement de la langue française », paru au JO du 2 décembre 1997 (faut donner du temps au temps, comme disait Mitterrand), recommande d’écrire « Mèl » et non E-mail ! Le mot « courriel » est aussi parfois utilisé.

 

 

19 –  Servir

 

La devise des hommes politiques, responsables d’associations et chefs d’entreprise, devrait être celle du Rotary « Servir » et non pas « Se servir ».

 

 

20 –  « 1 + 1 = 3 » ?

 

Cette formule, initialisée par le théoricien marketing Igor Ansoff en 1965, s’appelle «  la synergie » : l’addition de 2 forces donne plus que 2, par les effets d’expérience et d’entraînement. C’est hélas de moins en moins vrai. Ainsi la fusion de deux sociétés donne rapidement (par réduction d’effectifs, pour éviter les double emplois), à l’inverse, moins de salariés que le cumul des effectifs de départ. L’équation devient alors : « 1 + 1 = 1,5 ». C’est un peu comme pour la publicité : une bonne publicité dope les ventes, une mauvaise se transforme en « contre-publicité » et casse plutôt les ventes. Si la réalité était toujours conforme à la théorie, il y a longtemps que cela se saurait !

 

 

21 –  Le fond et la forme

 

Certains ont de la peine à distinguer un contenant (la bouteille) et un contenu (l’eau à l’intérieur). Ainsi en informatique, le disque dur s’organise en Dossiers (contenants) qui reçoivent des fichiers (contenus ou produits finis : composants de logiciels ou documents créés et enregistrés depuis un logiciel).

 

De la même façon, il faut apprendre à bien distinguer le fond (réalité des choses) de la forme (présentation des choses). Le fond est à rapprocher du contenu, alors que la forme correspond au contenant, c’est-à-dire à l’emballage. On disait de Talleyrand qu’il avait « une main de fer dans un gant de velours ». Cette expression traduit parfaitement un mode d’action à appliquer pour être efficace. La preuve en est que ce principe est adopté par les hommes d’affaires en négociation, les spécialistes de marketing et les hommes politiques. Il sera toujours difficile de convaincre sur l’essentiel (le fond) si l’on n’y met pas une forme séduisante. Il ne suffit pas d’avoir un bon produit ou de bons arguments si on ne sait pas les présenter. A contrario, un fond léger ou bidon peut momentanément plaire si sa présentation est attrayante.

 

En conséquence, les consommateurs et les électeurs se doivent d’être vigilants, car certains hommes sont habiles à « vendre du vent », uniquement grâce à la forme. Mais la tromperie sur la qualité réelle des produits sera tôt ou tard démasquée. Benjamin Franklin, l’inventeur américain du paratonnerre, disait justement que « un sac vide tient difficilement debout ». Abraham Lincoln, le président assassiné, avait donné cette fine réplique à un visiteur : « Vous pouvez tromper tout le monde un certain temps. Vous pouvez même tromper quelques personnes tout le temps. Mais vous ne pourrez tromper tout le monde tout le temps ».

 

 

22 –  Le roi des abréviations

 

Qui se souvient aujourd’hui de Yvon Gattaz ? Centralien patron de Radiall Composants, il a aussi présidé 5 ans le feu CNPF (devenu Médef) au début de l’élection de François Mitterrand. Les chefs d’entreprises ne se battaient pas alors pour aller affronter la gauche idéologique. Gattaz était maître en l’art (typiquement américain) de reprendre les initiales d’une expression pour mieux la populariser : ETHIC (Entreprises de Taille Humaine Industrielles et Commerciales), ENCA (Emplois Nouveaux à Contraintes  Allégées), BBF (Bureaucratie de Bonne Foi) et surtout IAA (Irréversibilité des Avantages Acquis). Cet hyper-protection de l’IAA était pour lui, comme pour tout le monde quand il s’agit des autres, la plaie contre la modernisation des entreprises.

 

Gattaz est aussi l’auteur de quelques formules chocs :

-         L’entreprise est une bicyclette. Comme elle, elle ne conserve son équilibre que dans le mouvement. Arrêtée, elle tombe.

-         Pour créer une entreprise, il faut 45 % de courage et 45 % d’inconscience.

-        Le patron ne doit pas assimiler les fonds propres à ses propres fonds.

 

 

23 –  Son propre intérêt

 

Toute organisation a des difficultés à se réformer. L’Eglise catholique qui s’appuie sur d’importantes structures humaines n’y échappe pas. Elle manque cruellement de prêtres dans les paroisses (= sur le terrain). Les prêtres font vœu de célibat (d’ou des départs) et sont obligés de poursuivre leur sacerdoce tant qu’ils le peuvent physiquement.  Le renouvellement n’est plus assuré, par manque de vocation dans notre société trop matérialiste. Ainsi 78 % des prêtres du diocèse de Moulins (= de l’Allier) ont plus de 60 ans.

 

Quelques solutions simples faciliteraient grandement la solution de ce grave problème : l’autorisation du mariage des prêtres et l’ordination des femmes. Ce sont des papes lors de conciles, et non les paroles du Christ, qui ont imposé les interdictions actuelles. Un changement de ces traditions à ce sujet serait bénéfique pour l’Eglise toute entière. Comme quoi « réformer dans le sens de son propre intérêt » est difficile pour toute organisation, prisonnière de son passé et de son mode de pensée !

 

 

24 –  Il faut diviser

 

Le français est-il, par tempérament, plutôt « cartésien » (rationnel) ou artiste (imaginatif) ? La même question se pose à propos de toute personne individuelle : est-elle à dominante « logique » (cerveau gauche) ou « créatif » (cerveau droit) ?

 

Toujours est-il que c’est notre philosophe René Descartes qui a formulé, le premier, une règle fondamentale en matière d’efficacité : diviser. Elle s’applique aussi bien au management des organisations (publiques et entreprises) qu’à l’organisation personnelle (résolution des problèmes). Le second précepte du Discours de la méthode (1637) de Descartes recommande de « diviser chacune des difficultés en autant de parcelles qu’il se pourrait et qu’il serait requis pour les mieux résoudre ». Ce conseil général (rien à voir avec un Département) de « division » a ainsi été repris et appliqué dans le domaine de l’organisation du travail (dont le taylorisme) et du marketing (principe de segmentation). Les hommes de pouvoir les plus machiavéliques l’ont aussi adopté à des fins personnels, avec le fameux « Diviser, pour mieux régner ».

 

 

25 –  Besoins et moyens

 

Doit-on adapter les moyens aux besoins, ou, à l’inverse, les besoins doivent-ils se limiter aux moyens ? La relation entre les Besoins et les Moyens est la question la plus actuelle de nos sociétés et de nos comportements économiques personnels. Elle est à la fois philosophique (débat théorique) et pratique (sa réponse conditionne la vie de tous les jours).

 

La réponse des dirigeants politiques, quelque soient leur parti et leur niveau de responsabilité, est plutôt qu’il faut dégager les moyens nécessaires aux besoins. C’est cette conception marxiste à l’origine (« A chacun selon ses besoins ») qui domine leur mode de pensée aujourd’hui. La conséquence est qu’on augmente les ressources (impôts) pour arriver à financer les nouveaux besoins. Le problème est que les besoins sont sans limite et que les possibilités de prélèvements sont limitées, soit en volume (richesse et conjoncture), soit en efficacité à partir d’un certain niveau (courbe de l’économiste américain Arthur Laffer sur le rendement décroissant des impôts, effets induits négatifs). La vraie solution consisterait à financer les besoins nouveaux indispensables sur les fonds dégagés par une réduction des dépenses publiques. Mais les politiques les jugent toujours incompressibles !

 

Les dirigeants d’entreprises, ne pouvant lever l’impôt, sont contraints d’adopter une autre attitude. Ils ne peuvent satisfaire que les besoins pour lesquels ils ont une source de financement, qu’elle soit immédiate (bénéfices dégagés) ou prévisionnelle (investissement productifs). Ils sont donc contraints à un arbitrage permanent sur les besoins en fonction des ressources disponibles.

 

Le particulier, pris isolément ou en famille, est dans la même situation que l’entreprise. Il n’a pas le choix : il ne peut dépenser que ce qu’il a. Il doit donc ajuster, c’est-à-dire limiter, ses besoins à ses revenus. Tout ceci explique sans doute pourquoi le prestige des hommes politiques est en baisse. Ils sont les seuls à pouvoir créer des moyens pour financer n’importe quel besoin, sans connaître de vraie contrainte de gestion.

 

 

25 –  Faire ou « faire faire » ?

 

C’est une question qui relève aussi bien de la stratégie que de la gestion quotidienne d’une organisation : publique ou privée. Faire revient à étoffer ses services et recruter. Il apporte une maîtrise interne, sans dépendance. Il prend aussi de l’argent (investissement) et du temps (mise en place). Faire faire consiste à sous-traiter à un partenaire, une société extérieure. L’appel à un spécialiste est plus rapide, plus souple, moins risqué (pas de charges fixes) et généralement moins coûteux (si bien négocié).

 

Depuis les années 1980, les entreprises ont compris qu’elles avaient intérêt à sous-traiter tout ce qui (nettoyage, formation, informatique, publicité, fabrication de pièces et sous-ensembles dans l’industrie, etc.) ne relevait pas directement de leur métier de base. Ceci explique la baisse continue des effectifs des grandes entreprises avec des licenciements collectifs. Le chômage ainsi provoqué est en partie compensé par le recrutement dans les PME de service et sous-traitance. Ce qui n’empêche pas les cas individuels douloureux, puisque que l’emploi retrouvé en PME comportera toujours moins de salaire et d’avantages.

 

L’État et les collectivités territoriales ont, pour l’essentiel (à quelques exceptions près : autoroutes, prisons, etc.), gardé le réflexe de vouloir continuer à faire en interne et de s’arroger des missions complémentaires (en loisirs notamment) qui ne concernent pas leurs fonctions initiales. D’où l’augmentation, elle aussi continue, des fonctionnaires et des charges impossibles à réduire du fait de l’emploi à vie qui s’attache au statut. Donc à des coûts supérieurs et avec une réactivité inférieure. Le coup d’arrêt à cet engrenage proviendra d’abord d’un changement d’état d’esprit de nos dirigeants politiques et technocrates : « faire faire » est plus efficace et économique que de « faire directement ».

 

 

26 –  Manager exigeant

 

Gérard Dufau, le demi de mêlée international de rugby des années 1950, capitaine de l’équipe de France (38 sélections), puis entraîneur plus de vingt ans du RCV Vichy (avec deux quarts de finale du championnat en 1960 et 1961), aurait eu cette formule : « Je ne suis pas trop exigeant. Je suis très exigeant. ». N’est-ce pas une excellente définition du trait principal de caractère que doit posséder tout manager ?

 

Surnommé « Zézé »x dans le monde de l’ovalie, Dufau (né en 1924) est décédé le 4 juillet 2002. La municipalité de Vichy refuse toujours, en décembre 2003, de donner son nom au stade municipal Darragon (cycliste sur piste d’il y a un siècle, illustre inconnu pour la population). C’est un refus de reconnaissance ou une absence de sens marketing ? Les deux, mon général.

 

 

27 –  Deuzo

 

Le vocabulaire anglais regorge de mots avec deux « o » consécutifs (book-livre, good-bon, etc.) qui se prononcent « ou » en Français. Pour faire nouvelle économie, beaucoup de sites français se croient obligés d’adopter cette mode du « oo » au lieu du « ou », lancée par Wanadoo de France Télécom. Et si possible de l’intégrer dans le nom avec un jeu de mots héxagonal : Alibabook (livres), Dooyoo (opinions), Iyatoo, Kasskooye (comique), Kelkoo (achats), Koodpo (jeux), Kooiz (quiz), Onatoo (enchères), Tiboo (bébés), Tootravo (bricolage), Woonoz (questions), etc.

 

Il y aurait aujourd’hui 447 sites dont le nom intègre « oo » ! A cette « oo-mania » qui fait fureur (branché et humoristique à la fois), je préfère personnellement les noms de sites bien français et expressifs, comme : Amoureux, Couilles-en-or, Cyberchieuses, Fainéant, Fouderire, Jeconomise, Raleur, Voissa (site porno).

 

 

28 –  Les Médiatiques

 

Pour être interviewé et passer à la télé, il faut être « médiatique ». Pour être médiatique, il faut soit avoir un look original, soit tenir des propos qui sortent du commun (différents de la langue de bois dominante). L’idéal est de cumuler les deux, comme l’entraîneur d’Auxerre Guy Roux ou l’avocat Gilbert Collard. Alors les médias ne vous lâchent plus, paparazzis en prime !

 

On distingue théoriquement deux catégories de médiatiques : ceux qui recherchent les médias et ceux qui font semblants de les fuir. En fait c’est qu’une question de stratégie (choix personnel) pour être mieux vu et rester médiatique le plus longtemps possible.

 

L’avantage que se procure le médiatique est double. Il se fait plaisir en se voyant et se revoyant constamment à la télé (ça flatte son égo surdimensionné). Mais en plus il augmente sans cesse de valeur, ce qui se traduit par beaucoup plus d‘affaires (clientèle ou contrat publicitaires, selon les professions) et des affaires encore plus rémunératrices.

 

 

29 –  Bové

 

S’il y en a un qui est 100 % médiatique, c’est bien José Bové. Il a le physique (avec ses bacchantes) et le parler (idéal pour être le chouchou des médias. Il combat la « mal-bouffe », même s’il est lui-même plutôt « mal-beau ».

 

Revenons à la vedette du procès de Millau qui s’est déroulé le 1° week-end de juillet 2000. Il est accusé, avec « neufs » pots d’avoir détérioré un Mac Do. C’était pour faire la pub de son mouvement. Ce procès est pour lui une super occasion de pub supplémentaire. Cette utilisation de la Justice n’est pas nouvelle. Zola l’avait initié voici un siècle en publiant son article « J’accuse » le 13 janvier 1998 en couverture de l’Aurore. C’était uniquement pour être poursuivi et ainsi (re)lancer l’affaire Dreyfus qui n’en était pas encore une (le Capitaine Alfred se morfondait incognito depuis 3 ans dans un cachot au bout du monde).

 

Le procès de José « la pipe » à Millau soulève deux questions plus générales et importantes :

1- Sondages trompeurs. Les sondages sont favorables à l’action de José Bové, défendeur de l’agriculture paysanne individuelle face aux multinationales de l’alimentaire et de leurs distributeurs. Oui, mais les mêmes qui l’approuvent s’enfournent tous les week-ends dans les boutiques de restauration rapide avec armes et gamins. Y a ce que pense et ce que je fais. Et c’est souvent contradictoire. Si les sondages avaient existé lors des accords de Munich et de la débâcle de 40, les Français auraient massivement béni Hitler et Pétain !

2 - Moyens violents pour causes légitimes. Une cause prétendue « légitime » justifie-t-elle de mettre en œuvre des moyens violents et illégaux ? La tendance est de répondre OUI si on pense la cause vraiment légitime (José Bové) et NON si elle paraît douteuse (terroristes arabes, égorgeurs islamistes, grévistes qui bloquent les routes, etc.). Le problème est que l’opposant minoritaire présente sa cause comme légitime et en est pleinement convaincu, puisqu’il est prêt à risquer son salaire, la prison ou sa vie. Pour lui, tous les moyens sont donc bons. Devant la difficulté à apprécier chaque cause et son exploitation, ne vaut-il mieux pas s’en tenir toujours à l’état de droit ? C’est-à-dire sanctionner les atteintes à l’ordre public, quelque soient les prétextes et justifications avancés par les auteurs de méfaits ?

 

 

30 –  Chirac le polyglotte

 

José Bové est plus intellectuel qu’il ne le paraît : il maîtrise parfaitement l’anglais, concerts anti-mondialistes obligent. Ça nous change du redoublant président actuel de la République. Outre un accent déplorable, Jacques Chirac est, lui, incapable d’aligner deux mots de suite dans la langue devenue le mode de communication international. Chirac a même une fois, devant les caméras, demandé à son interprète comment se traduisait le mot « hiver ». Bravo. Il aurait eu un « zéro pointé » en sixième ! Napoléon III (que le Républicains présentent depuis 1848 comme un rustre) parlait couramment l’anglais, l’espagnol et l’italien ! Il n’avait pas grand mérite à être si moderne : c’était il y a un siècle et demi ! Au cours de ses deux années 1993-1995 uniquement consacrées à se préparer aux élections présidentielles, il n’a trouvé le temps d’apprendre (ou d’improver) son l’anglais. Pas plus qu’il n’a travaillé son informatique, découvrant « le mulot » fin 1986. Et il veut donne l’image de quelqu’un épousant la société de son temps. Comme quoi un look sympa peut bien remplacer (masquer) la réalité des choses !

 

 

31 –  Dax

 

Dax est la première station thermale française avec 57.000 curistes, contre 12.000 seulement pour Vichy officiellement (en incluant plus de 3.000 simples « remises en forme »). Celui qui a l’occasion de passer à Dax ne manquera pas d’être surpris par cet écart en faveur d’une ville qui n’est pas au bord de la mer et qui est très loin de Vichy en matière de charme et de loisirs. L’explication ne peut provenir que d’un management différent, ou du fait que Dax est constitué d’une multitude de thermes indépendants qui rivalisent d’ingéniosité commerciale ?

 

 

32 –  Un conseil : « Allez en réunion »

 

 

 

Humour

 

q       Citations

q       Expressions perso

q       Blagues

 

 

 

 

CITATIONS

 

1 –  Bonnes citations

 

Il est bon, dans un discours ou une conférence, de placer une ou plusieurs citations. Théoriquement, c’est pour appuyer son argumentation. En fait, c’est pour faire son érudit et impressionner l’auditoire de sa maîtrise des belles lettres. Quelques conseils :

v      Toujours citer sa source, le nom précis de l’auteur : « Comme l’a si bien dit… ».

v      Préférez les citations d’étrangers : ça fait encore plus savant.

v      Prendre toujours quelqu’un de décédé : la valeur est plus probante.

v      Ne jamais utiliser de citations trop connues. C’est banal, et, en plus, on se ridiculise si elle n’est pas parfaitement reproduite ou si on se trompe sur la référence.

v      Ne jamais improviser ses citations : les rechercher et décider le moment précis où les dire.

 

Un truc qui marche à tous les coups lorsqu’on ne trouve pas de citation appropriée : prendre une de ses propres phrases et l’attribuer à un auteur étranger mort (inconnu de préférence). Invérifiable et impressionnant à la fois !

 

 

2 –  Les femmes (de Guy Try)

 

Sacha Guitry (1885-1957), l’auteur de théâtre aux 124 pièces, se maria 5 fois. Eddy Barclay a largement depuis battu son record. Sa première femme, Charlotte Lysès, mourut un an avant lui en 1956 et il régla tous les frais d’enterrement. Sa seconde, la chanteuses Yvonne Printemps, le quitta pour partir avec Pierre Fresnay. Sa troisième, Jacqueline Delubac, lui donna la réplique dans ses films. A son mariage en 1935, Guitry se justifia : « J’ai 50 ans, elle en a 25. Il était donc normal qu’elle devînt ma moitié ». A son divorce avec la quatrième, Geneviève de Séréville, il dira : « Je vais donc enfin vivre seul. Et déjà je me demande avec qui ? ». Il promit en 1949 à la roumaine Lana Marconi, sa dernière femme : « Les autres ont été mes femmes. Toi, tu seras ma veuve » et il tint parole.

 

Guitry a si bien connu les femmes qu’il a laissé d’innombrables mots d’esprit à leur sujet. Quelques unes de ses meilleures phrases qui reflètent l’humour et les mœurs (matcho) de son époque :

·     Les femmes ? C’est un sujet inépuisable d’emmerdement et de discorde.

·     La femme ! Un sujet délicieux sur lequel j’aime m’étendre.

·     Un homme baise la main d’une femme qu’il voit pour la première fois. Il faut bien commencer par un endroit quelconque.

·     Les femmes parlent jusqu’à ce qu’elles aient quelque chose à dire.

·     Il y a des femmes dont l’infidélité est le seul lien qui les attache encore à leur mari.

·     On les a dans les bras, puis un jour sur les bras et bientôt sur le dos.

·     L’embêtant d’être cocu, c’est qu’un autre sait de quoi je me contentais.

·     Nous ne devons épouser que de très jolies femmes si nous voulons qu’un jour on nous en délivre.

·     A l’égard de celui qui vous prend votre femme, il n’est pire vengeance que de la lui laisser.

 

 

3 –  Parité Hommes-Femmes

 

Homme

 

- Il a mis la photo de sa femme et de
ses enfants sur son bureau :

Quel bon père de famille !

 

- Il a un bureau encombré :

C'est un bosseur et un fonceur.

 

- Il parle avec des collègues :

Toujours soucieux de concertation.

 

- Il n'est pas dans son bureau :

Il est sûrement en conférence.

 

- On ne le trouve pas dans le service :

Il est allé voir des clients.

 

- Il déjeune avec le patron :

Il fait son chemin.

 

- Il s'est fait critiquer par le patron :

Il va se ressaisir.

 

- On lui a joue un sale tour :

Est-ce qu'il s'est mis en colère ?

 

- Il se marie :

Ca va le stabiliser.

 

- Il va être père :

Il aura bien besoin d'une augmentation.

 

- Il part en voyage d'affaires :

C'est excellent pour sa carrière.

 

- Il quitte la société, car il a trouvé
 mieux ailleurs :

Il sait très bien saisir les occasions.

 

Femme

 

- Elle a mis la photo de son mari et de
ses enfants sur son bureau :

Sa famille passe avant le travail.

 

- Elle a un bureau encombré :

Elle est désordonnée et sans cervelle.

 

- Elle parle avec des collègues :

Encore en train de jacasser.

 

- Elle n'est pas dans son bureau :

Elle est sûrement aux toilettes.

 

- On ne la trouve pas dans le service :

Elle est sortie faire des courses.

 

- Elle déjeune avec le patron :

Elle couche avec lui.

 

- Elle s'est fait critiquer par le patron :

Elle ne s'en relèvera pas.

 

- On lui a joue un sale tour :

Est-ce qu'elle a eu sa crise de larmes ?

 

- Elle se marie :

Elle va faire un enfant.

 

- Elle va être mère :

Elle va coûter cher en congés maternité.

 

- Elle part en voyage d'affaires :

Et qu'en dit son mari ?

 

- Elle quitte la société car elle a trouvé mieux ailleurs :

On ne peut pas compter sur les femmes.

 

 

4 –  Bouvard, sans Pécuchet

 

Il y eu Alphonse (Allais, pas Danleta), puis Sacha (Guitry, fils de son père) et maintenant Philippe (le grand Bouvard). La France a toujours des auteurs prodigues de bons mots. La finesse de notre langues s’y prête à merveille. Woody Allen est le seul étranger (avec Oscar Wilde) qu’il est obligatoire de citer (après traduction) à ce titre dans les soirées. Alors, allons y pour trois pensées de Philippe Bouvard, le petit aux grands mots d’esprit :

  • La démocratie, c’est la moitié des cons plus un.
  • Les mondanités consistent à parler, quand on a rien à dire, avec des gens qu’on n’est pas obligé de rencontrer.
  • Le redressement fiscal est ainsi nommé par ironie pour désigner l’opération dont un particulier ou une entreprise ne se relèveront jamais.

 

 

5 –  Tapie Tics

 

Bernard Tapie est un personnage controversé. Il est trop populaire pour être aimé. Son bon sens et sa clarté d’expression n’empêchent pas qu’il a, comme tout le monde, ses tournures. Ca commence toujours (sur RMC) par « Le fait est que… », puis c’est « De vous à moi » (la confidence) et il termine inévitablement par « J’ai été content de bavarder avec vous ». Comme quoi, on peut être poli, à défaut d’être apprécié par la majorité des gens.

 

 

6 –  Langue nouvelle


La mode linguistique est d’utiliser des périphrases pour adoucir des mots jugés trop nus (facteur > préposé), crus (bonne > employée de maison) ou dévalorisants (nain > personne de petite taille). Cette pratique a dépassé le cadre des métiers (balayeur > technicien de surface ; Instituteur > professeur des écoles ; ouvrier > agent technique) pour envahir tous les domaines : la gym du vieux temps jadis est devenu l’EPS (Education Physique et Sportive) ; les aveugles sont devenus « non-voyants » ; les sourds « mal entendants » ; et l’Inculpation s’est transformée en Mise en examen (depuis que les hommes politiques sont concernés).

 

Un certain Robert Beauvais avait déjà signalé cette pratique anti-vexatoire dans son livre « L’Hexagonal » paru en 1965. Ce phénomène moderne,  visant à na plus appeler un chat « un chat », ne risque pas de s’atténuer . Notre Premier Ministre serait, selon les Guignols de Canal Plus, passé maître dans l’art de la recherche de locutions de substitution traduisant mieux sa pensée. L’imagination de nos académiciens va jusqu’à inventer des mots français quand le langage courant s’est permis d’adopter un mot tiré de l’impérialisme américain : l’étudiant doit dire « marchéage » et non « marketing » s’il ne veut pas être bâché à son examen !

 

 

7 –  Pensée unique

 

Chaque être est différent. Personne ne se ressemble. Ni physiquement : les 1,3 milliards de chinois, 1 milliard d’indiens et 127 millions de japonais arrivent à se reconnaître entre eux, paraît-il. Ni intellectuellement : la nature est injuste, disait déjà Rousseau. Ni au point de vue du comportement : honnêtes et voyous, mous et nerveux, sympas et odieux, etc.

 

Pourtant, nous français, nous sommes homogènes dans nos têtes grâce à la « pensée unique ». On croit tous la même chose parce que les médias nous répètent inlassablement, de manière uniforme, comment il faut comprendre les évènements et faits de société. C’est comme ça qu’on aboutit au consensus. Qu’il est doux de na plus vivre de situations conflictuelles !

 

 

8 –  Informatique : mots à vouar

 

En informatique, les Américains adorent la terminologie en WARE : hardware, software, shareware, freeware, etc.

Nous, Français, nous sommes pourtant aussi créatifs, puisque nous utilisons depuis longtemps les fins de mots de technologie informatique avec la consonance « ouare » :

 

Un serveur réseau : un abreuware

Un réseau local d’entreprise : un coulware

 

Un logiciel très compliqué : un assomware

Un logiciel anti-virus : un mouchware

Un logiciel de copie : un mirware

Un logiciel de classement : un tirware

Un logiciel pour documents en attente : un purgatware

Un logiciel nettoyant le disque dur : une baignware

Un logiciel filtrant les données : un entonware

Un logiciel de préparation de discours : un oratware

Un logiciel de vote électronique : un isolware

Un logiciel de merde : un suppositware

 

Une poubelle Windows : un dépotware

Un écran de veille : un dortware

Une salle informatique non climatisée : une rotissware

Une réunion de responsables informatiques : un tupperware

 

En réaction au tempérament revendicatif des Français, le patronat (le Médef) a été contraint de concevoir un logiciel spécifique pour répondre aux incessantes demandes d’augmentation des salaires : le Vatefaireware.

 

Allez, aureware

 

 

9 –  Tic et toc

 

Les abréviations, qui ont pour but de faire gagner du temps quand on parle ou écrit, finissent par être source de confusion. Ainsi TIC est désormais l’abréviation des « Technologies de l’Information et de la Communication ». L’expression NTIC est devenue ringarde, car les ces Tic ne sont plus « Nouvelles ». Rien à voir avec le vieux « tic », gestuel chronique et ridicule !

 

Lequel tic ordinaire est à bien distinguer du TOC : le « Trouble Obsessionnel Compulsif ». Le TOC est une manie plus grave, véritable maladie, consistant à répéter des rituels. Pasteur se lavait ainsi sans arrêt les mains et échoua en politique (élections sénatoriales de 1876) parce qu’il craignait les salissantes poignées de mains. Les joueurs de tennis d’aujourd’hui sont bourrés de TOC : se souffler sur les doigts, remonter le col de la chemise, etc. Lequel TOC est sans rapport avec le mot « toc », imitation sans valeur, ni avec le « toc-toc » qui désigne le bruit de frapper à une porte ou l’état d’une personne qui devient brelot . Que notre langue moderne est riche ! Y’a que le contexte pour s’y retrouver !

 

 

10 –  Mon père avait raison

 

Sur le thème de la pièce de Sacha Guitry, une évolution assez tendre :

A 5 ans : Mon papa, il sait tout

A 10 ans : Mon papa, il sait presque tout

A 15 ans : Mon père, j’en sais autant que lui

A 20 ans : Pauvre papa, il n’a jamais rien compris

A 25 ans : Décidément, papa n’est plus dans le coup

A 30 ans : Cette réflexion de papa… elle n’était pas si bête

A 40 ans : J’ai tout de même envie de demander l’avis de mon père

A 60 ans : Hélas ! je ne peux plus demander l’avis de mon père qui avait toujours raison !

 

 

EXPRESSIONS PERSO

 

 

1 -  Crois-y et « bois de l’eau fraîche »

 

Expression personnelle (stupide) que j’adresse à un naïf qui prend pour argent comptant ce qu’on lui dit, alors que ça me semble manifestement faux. A ne pas utiliser à l’égard des hommes politiques dont les promesses sont, bien sûr, toujours tenues.

 

 

2 –  Ça tue le temps

 

Une de mes expression favorites, utilisée lorsqu’on fait quelque chose qui occupe sans grande passion, même si cette occupation ne sert pas à grand chose.

 

 

3 –  Sans moi

 

Pour dire laconiquement qu’une chose qui m’est proposée ne m’intéresse pas du tout.

 

 

4 –  C’est bon à savoir

 

Phrase que se plaît à entendre celui qui vous informe de quelque chose. Dites la lui, même si vous vous en foutez !

 

 

5 –  Dans la vie…

 

Début de phrase que j’utilise toujours avec mes enfants avant de jouer au gros moralisateur ou à l’homme d’expérience. Quand ils entendent maintenant cette introduction, ils ont tendance à se tirer tout de suite ! Le prestige des parents n’est plus ce qu’il était…

 

 

6 –  A ton avis ?

 

Renvoi commode pour éviter de se crever à donner une réponse qui paraît évidente.

 

 

7 –  Moitié-moitié

 

Expression familiale demandant au détenteur le partage d’un dessert ou d’un plat. Si le plat est appétissant, on répond généralement NON ou on ne refile qu’une « chtite » part, équivalant à la portion congrue de l’ancien temps.

 

 

8 –  A moitié…

 

Expression, différente de la précédente (commençant par un « à » et avec une seule moitié), destinée à donner de l’importance à ce qui est dit, sans pouvoir ou vouloir préciser la quantité. Correspond finalement à « très » ou « beaucoup ». Exemple : « Il est à moitié barjot » qui signifie en fait qu’il est complètement dingue.

 

 

9 –  C’est bon

 

Le « C’est bon » tout court - normalement accompagné d’un froncement de sourcils - n’a rien à voir avec la matière culinaire ou la pratique amoureuse. C’est le vocable utilisé par les jeunes, pour nous dire « Fous-moi la paix » en langage encore correct, ou « Tu me broutes » en vrai langage des moins de 20 ans.

 

 

10 –  C’est bon pour les festounes

 

Expression familiale utilisée au sujet d’un plat (riche en calories) lors d’un repas (ou entre des repas). Elle signifie évidemment que le côté nourrissant ne sera pas sans effet sur l’aspect (arrière) le plus visible de sa personne (ou d’une balance).

 

 

11 –  Y a rien de meilleur

 

Formule personnelle que j’aime bien placer, en tout domaine, pour encourager les autres à tester et apprécier quelque chose.

 

 

12 –  C’est affligeant

 

Expression bénite de mon épouse, quand une situation ou un fait ne lui plaît pas.

 

 

13 –  Tu trouves ça normal, toi ?

 

Autre expression chérie de mon épouse (chérie), m’incitant interrogativement à être de son avis (réprobateur).

 

 

14 –  Chacun sa vérité

 

Chacun sa vérité est le titre d’une pièce de l’italien Luigi Pirandello, parue en 1917. Pour clore un débat contradictoire, un ami utilise une formule voisine : « Tes évidences ne sont pas forcément les miennes ».

 

 

15 –  Cerise et beurre

 

S’il y a une formule qu’on se lasse d’entendre, c’est bien « La cerise sur le gâteau ». J’aimais mieux la précédente utilisée en entreprise : « C’est un plus ». Autre formule devenue agaçante, car trop et cul laid : « Le beurre et l’argent du beurre ».

 

 

16 –  En moyenne…

 

Expression que j’utilise systématiquement quand je ne connais pas le chiffre exact sur quelque chose. L’air de rien, sa connotation statistique fait plus précis que de dire « environ ».

 

 

17 –  Psychologiquement…

 

Autre formule astucieuse qui débute mes tentatives de grande explication. L’apparence approfondie et scientifique masque parfaitement l’impossibilité de vérifier la démonstration qui suit.

 

 

18 –  Le mérite d’exister

 

Un de mes anciens patrons (Philippe d’Ambreville, PDG du cabinet d’expertises Roux) ressortait régulièrement, à la fin des années 1980, la formule « Ça a au moins le mérite d’exister » quand il évoquait une procédure ou une organisation qui ne marchait pas très bien et qu’il ne voulait pas se fatiguer à essayer de réformer.

 

 

19 –  Poussin bleu

 

Ainsi m’appelaient affectueusement mes parents du temps de ma prime jeunesse. Une allusion au réputé salon de thé, rue Lucas à Vichy ? En tout cas, le poussin s’est transformé depuis en grand coq. Il n’y a pas que dans le monde des affaires que le « Small is beautiful ». La paternité de cette phrase doit être attribuée à Schumacher (Ernst de son prénom, pas Michael le coureur allemand de formule 1).

 

 

20 –  Coup monté

 

Expression utilisée naguère par mon épouse pour fustiger une manœuvre (généralement réussie) de nos filles désirant faire quelque chose que nous n’aurions pas autorisée.

 

 

21   Je suis pas déçue

 

Début de phrase, souvent prononcé par ma fille Florence, signifiant au contraire qu’elle est « vachement » déçue. Vient ensuite l’explication. C’est généralement bien moins « grave » qu’on pouvait le craindre. Heureusement…

 

 

22 –  Météoula ?

 

Nom que je donne au téléphone « portable », car c’est première phrase (interrogation) qui est prononcée à chaque appel par tout utilisateur. Mal branché, je reste en France le seul non-utilisateur d’un Météoula. Je suis fier d’être un des derniers « ringards ». Comme disait Hugo : « S ‘il n’en reste qu’un, je serai celui-la ». Il ne s’en est pas « portable » plus mal !

 

 

22 –  Mais bon…

 

Expression qui tend à remplacer, à tout propos, le « pas déçue » de ma fille Florence (celle du numéro 21). Pour votre information, elle s’est mariée le 11 octobre 2003 à Bertrand Mandon : y’a vraiment des gars qui seront pas déçus ! Son « Mais bon… » achève fréquemment une explication, à moins qu’il ne commence une nouvelle phrase dont on ne saura jamais la suite. Mais bon…

 

 

23 –  On perd du temps, là

 

Constatation qu’on fait dix fois par jour, empruntée à Sophie Davent dans le jeu d’aventure télévisé (et minuté) La piste de Zapatane qui rencontrait un grand succès à la fin des années 1980.

 

 

24 –  Il n’y a que les gens ennuyeux qui s’ennuient

 

« Mouverscproverb : en VO anglaise « Only boring people are ever bored ».

 

 

BLAGUES

 

« Les meilleures sont les plus courtes »

 

1 –  Histoires de lit

 

Quelle est la différence entre une fille et une femme, de 10 ans en 10 ans ?

 

  • A 10 ans : tu la mets au lit et tu lui racontes une histoire.
  • A 20 ans : tu lui racontes une histoire pour la mettre au lit.
  • A 30 ans : elle vient au lit sans histoire.
  • A 40 ans : elle te raconte son histoire et tu la mets au lit.
  • A 50 ans : tu lui racontes une histoire pour ne pas aller au lit.
  • A 60 ans : c’est de l’histoire ancienne.
  • A 70 ans : c’est de la pré-histoire

 

 

2 –  Belge rapide

 

Un Belge vient de battre le record du monde du 100 mètres : il a parcouru 102 m.

 

 

3 –  Lettre anonyme

 

C’est dégueulasse. Renvoyez la vite à son expéditeur…

 

 

4 –  Pourquoi être militaire

 

Pourquoi t’es rentré dans l’armée ?

- J’étais célibataire et j’aimais la guerre.

- Moi, c’est l’inverse : j’étais marié et j’aimais la paix.

 

 

5 –  Sites rigolos

 

internet fourmille de sites drôles (c’est le « Cyber humour ») où l’on trouve quantités de blagues, histoires, devinettes, jeux de mots. Jetez un coup d’œil sur les 12 sites sélectionnés pour vous, en cliquant simplement sur leur adresse :

 

1

http://www.rigoler.com/

Le doyen (un con tournable)

2

http://www.humour.com/

Un grand classique

3

http://www.jememarre.com/

Peut-être

4

http://www.tartalacrem.com/

Pour se défouler

5

http://www.trucalacon.com/

Talc qui ne servent à rien

6

http://members.aol.com/kellumour

Quel humour !

7

http://www.inutile.com/

Méconnu à tort

8

http://www.parc-internet.com/

Jeux de lettres

9

http://www.arts.unimelb.edu.au/~espaces/arche

Pour amoureux des mots

10

http://www.multimania.com/coloc

Insolite

11

http://www.kasskooye.com/

Vaut surtout par son titre

12

http://www.wogey.com/

Annuaire de sites amusants

 

 

6 –  Veek-end

 

Comment s’appelle le jour qui suit deux jours de pluie ? – « Le lundi ».

(ça sert donc à rien de ne rêver qu’au week-end, toute la semaine au boulot)

 

 

7 –  Genre grammatical

 

Pourquoi, dès que c’est UNE galère, c’est tout de suite au FEMININ ?

LA pluie, LA neige, tout  ça, c’est pour vous les FEMMES !

 

Nous, c’est LE soleil, LE beau temps, LE printemps, LE paradis !

 

Vous, vous n’avez vraiment pas de chance : LA vaisselle, LA cuisine, LA bouffe, LA poussière, LA saleté, LA machine à laver.

 

Nous, c’est LE Café dans LE fauteuil avec LE journal.

Et ça pourrait être LE bonheur, si vous ne veniez pas semer LA discorde et LA chicane.

Pour retrouver LE calme, je crois que nous devrions laisser LE genre décider

 

Vous pouvez regarder LA télé mais nous choisissons LE poste. Même si LA télécommande vous appartient, nous avons LE contrôle. Mais ne voyez aucun sexisme là-dedans, oh non !

 

D’ailleurs, entre parenthèses, je vous signale que le mot SEXE n’a pas de. Féminin.

On ne dit pas LA sexe mais bien LE sexe d’une FEMME. Le mot COCU n’a pas de féminin !

Par définition LE plaisir est donc pour les HOMMES. Car si les préliminaires sont rapides, c’est qu’ils ne sont qu’UN préliminaire. Plus que ça, c’est une perte de temps !

Après avoir obtenu UN orgasme, les HOMMES se retournent pour trouver LE sommeil pendant que les FEMMES vivent UNE frustration…

 

D’ailleurs dès que c’est sérieux, comme par hasard, c’est tout de suite au MASCULIN.

On dit UNE rivière, UNE mare d’eau, mais on dit UN fleuve, UN océan.

On dit UNE trottinette, mais UN avion à réaction ! Et quand il y a UN problème dans UN avion, c’est tout de suite UNE catastrophe. C’est toujours la faute d’UNE erreur de pilotage, d’UNE panne d’essence, d’UNE mauvaise visibilité, bref toujours à cause d’UNE connerie. Et alors là, attention mesdames, dès que LA connerie est faite par UN homme ça ne s’appelle plus UNE connerie, ça s’appelle UN impondérable.

 

Enfin, moi, si j’étais vous les FEMMES, je ferais UNE pétition. Et il faut faire vite parce que votre situation s’aggrave de jour en jour.

 

Y’a pas si longtemps, vous aviez LA logique, LA bonne vieille logique FEMININE.

Ça ne nous a pas plu, nous les HOMMES, et nous avons inventé LE logiciel.

 

Mais vous avez quand même quelquefois des petits avantages : nous avons LE mariage, LE divorce ; vous, vous avez LA maison et LA pension.

Vous avez LA carte de crédit, nous avons LE découvert.

 

Mais en général, LE type qui a inventé LA langue française ne vous aimait pas beaucoup.

Ne faudrait-il pas faire UN référendum pour que LA position des FEMMES soit meilleure ?

 

 

8 –  Annotations de bulletins scolaires

 

Des progrès mais toujours nul.

 

Sèche parfois le café pour venir en cours.

 

Un vrai touriste aurait au moins pris des photos.

 

En forme pour les vacances.

 

Plonge inexorablement dans les profondeurs de la nullité.

 

Fait preuve d'un absentéisme zélé.

 

Fait des efforts désespérés...pour se rapprocher de la fenêtre.

 

Hiberne probablement.

 

Printemps arrivé, toujours pas réveillé.

 

Elle mâche... Elle parle... Elle mâche...  Elle parle...

 

En nette progression vers le zéro absolu !

 

A les prétentions d'un cheval de course et les résultats d'un âne.

 

Participe beaucoup... à la bonne ambiance de la classe

 

Se retourne parfois... pour regarder le tableau.

 

Ensemble bien terne, élève peu lumineux.

 

Élève brillant... par son absence.

 

Dors en cours, sur le clavier ou sur le tapis de souris.

 

Ne se réveille que pour boire son café à l'intercours.