Patrimoine  Vichy 

 

 

 

 


Vichy - municipalité et particuliers - possède un patrimoine d’une richesse inouïe :
architectural (immobilier), artistique et historique (objets, œuvres et archives)

Limitons-nous ici au patrimoine architectural visible, le plus éblouissant…

 

1.      Édifices historiques (par dates de construction : ci-dessous)

2.      Statues de Vichy

3.      Pour un vrai musée de Vichy (cliquez sur cette ligne)

 

Édifices historiques
de Vichy
existant toujours en 2012

 

Le Grand Casino de Vichy (1865-1901-1995)

 

 

AVANT le SECOND EMPIRE

 

Borne milliaire (- 249).  Cette Borne itinéraire des empereurs Philippe date de 249 avant Jésus-Christ. C’est un monolithe en arkose qui mesure 2,35 mètres de haut. Elle a été trouvée en 1880 dans le vieux cimetière du Moutier (thermes Callou actuels), indique que : Vichy est à 21 lieues (XXI Leugas : 50,7 kilomètres) de Clermont (Cité des Arvernes).

 

Elle fournit la preuve que Vichy est bien les Aquis Calidis de la Table de Peutinger. La borne itinéraire (dite aussi « milliaire »), aujourd’hui visible dans le grand hall du Centre thermal des Dômes, est classée Monument historique depuis le 5 juin 1916.

 

 

Reste du Couvent des Célestins (1410).  Le « bon duc » Louis II de Bourbon fonde en 1410 le couvent des Célestins pour 13 religieux et y faire« sa demourance ». Ce couvent était situé à l’extérieur des anciennes murailles de la ville. Louis II meurt le 19 août 1410, à 73 ans au château de Montluçon, et rejoint ses ancêtres à Souvigny. Son épouse, Anne d’Auvergne, achève la construction. Le couvent sera supprimé en 1777 par bref du pape Pie VI et détruit en 1795.

 

Il ne reste aujourd’hui du couvent qu’une maison qui se dresse dans le parc (où il y avait deux courts de tennis à la Belle Époque) au dessus de la source des Célestins. Ce pignon de l’ancien couvent, que l’historien Antonin Mallat appelait « les restes du couvent », est inscrit Monument historique le 24 juin 1927. La CCCI de Moulins-Vichy implante le 6 avril 2009 dans cette maison de 1410 (enfin rénovée) son centre de ressources baptisé QUALIDEV.

 

 

Chastel-Franc (vers 1531)

 

 

Le Chastel-Franc (prononcez « Castel », sans le H), dit aussi « Maison du Bailliage », était occupé,
3 rue Verrier, par la Antoine Gravier.

Construit à l’emplacement de l’ancienne résidence du bailli, il servira de mairie à la ville de Vichy entre 1801 et 1822.
Restauré en 1887 par Charles-Alexandre Gravier du Monsseaux (qui meurt le 29 novembre 1928 à presque 102 ans), il servira de musée à la Compagnie fermière pendant 47 ans, d’août 1937 à 1984.

 

Il appartient depuis 1997 à la mairie de Vichy qui assure son entretien sans l’exploiter. L’escalier de sa « vieille tour » (la tourelle) est inscrit Monument historique depuis le 28 décembre 1926. Dans le jardin, se trouvent l’ancienne Porte du château de Maringues et, en façade, une frise provenant du château de Charmeil. A noter par ailleurs que la tour du château médiéval, appelée naguère Vieille tour, Tour vigie ou Tour de l’horloge, s’est effondrée le 15 mai 1987 à 3 heures du matin. Son énorme cloche datant de 1638 est conservée au Centre technique de la mairie, situé près du cimetière des Bartins.

 

 

Pavillon Sévigné (vers 1624)

 

 

La marquise de Sévigné a fait deux cures
à Vichy : en 1676 et 1677

La Marquise venait soigner ses rhumatismes aux mains qui la gênaient pour écrire à sa chère fille, Madame de Grignan. Veuve à 26 ans (son mari est tué en duel pour les beaux yeux d’une autre dame), elle est alors âgée de 50 ans. A-t-elle logé au « Pavillon Sévigné », alors Maison Gravier construite vers 1624 pour la famille Gravier ? Les historiens de Vichy ont longtemps pensé qu’elle aurait résidé à côté, à l’Auberge du Cheval blanc qui deviendra « l’hôtel de l’Ermitage et du Pont neuf » (ensuite maison de retraite jusqu’en 2007). En fait, elle a elle a logé dans la Maison Badoche : emplacement actuel de la Villa paisible (maison de retraite face l’église Saint-Blaise).

 

Le nom de Pavillon Sévigné n’est donné à l’hôtel qu’en 1838 par son exploitant, Mme Ramin-Chacot. Agrandi et devenu Palace en 1909, il fut même la résidence privée du maréchal Pétain de 1942 à 1944. Après avoir été un hôtel quatre étoiles réputé, le Pavillon Sévigné est fermé en 1995 et transformé en résidence privée (de classe !) en 2002. La façade avec jardin est magnifique à voir de l’extérieur, sur le boulevard Kennedy.

 

 

Vieille église Saint-Blaise (1714)

 

La petite église Saint-Blaise est construite sur la chapelle Saint-Michel du château de Vichy. Lancée en 1672 par l’abbé Claude Mareschal, curé de Saint-Christophe, la construction est achevée le lundi 26 mars 1714 (avec le transfert de la Vierge noire) par son neveu, l’abbé Joseph Mareschal qui y est enterré à son décès le 15 juillet 1725. Sa dalle funéraire, présente dans le chœur, est classée Monument historique, le 30 août 1924. L’église abrite une « Vierge noire » en noyer qui est vénérée pour ses miracles et promenée en procession chaque 15 août, fête patronale avec grand messe sur le parvis du Grand Casino. Une nouvelle église Saint-Blaise de style Art déco est ajoutée en 1931, communiquant (simple rideau rouge) avec cette ancienne église où l’atmosphère de recueillement est surprenante, émouvante. Le sanctuaire qui abrite la Vierge noire miraculeuse de Vichy, appelée Notre-Dame des Malades, est rénové l’été 2007 pour le 70e anniversaire (le 14 octobre 2007) de son couronnement le 27 mai 1937.

 

 

Parc des Sources (1812)

 

 

Ce parc central est aménagé par un décret de Napoléon Ier pris le 20 juin 1812 à Gumbinnen (aujourd’hui Gusev, dans l’enclave russe de Kaliningrad, ex-Königsberg), en pleine campagne de Russie (il se dirigeait alors vers Moscou).

Ce parc a longtemps té baptisé Ancien parc, pour le distinguer du « Nouveau parc » créé cinquante ans plus tard en 1862 par Napoléon III sur les berges de l’Allier. A son extrémité, côté rue Lucas, fut ouvert en 1828 l’Établissement thermal de la duchesse d’Angoulême que fréquenta Napoléon III à ses quatre cures de 1861 à 1864 (il ne fit pas de cure en 1866, lors de son dernier séjour). Ces thermes furent doublement remplacés en 1902-1903 par le Hall des Sources pour les boissons (au même emplacement) et par le Grand établissement thermal pour les soins (en face). Ces deux derniers bâtiments sont toujours en activité.

 

Le Parc des Sources, endommagé (sols, parterres, arbres et mobilier) par le temps et les étourneaux, mériteraient une urgente et importante rénovation. Le coût de la restauration du parc a été évalué en 2002 à 20 millions d’euros par l’architecte urbaniste Bernard Wagon. Restant dans le domaine de la Compagnie fermière, peu soucieuse d’investissements non rentables (seules les eaux sont productives), aucuns travaux ne sont envisagés dans l’immédiat. Le projet d’un transfert de la propriété du Parc des Sources à la ville de Vichy butte sur ce problème financier.

 

 

SECOND EMPIRE

 

Le Second Empire est la première période phare de Vichy. Napoléon III, présent cinq étés (de 1861 à 1866, sauf en 1865), transforme complètement la bourgade moyenâgeuse dans le but d’en faire la plus grande station thermale française et mondiale. Pari réussi, d’autant qu’il lance simultanément la vogue de la ville, au point ce vue marketing. Son plan d’urbanisme du 27 juillet 1861 (avec le parc d’Allier, le plan d’eau et les grandes avenues) configure le Vichy que nous connaissons aujourd’hui.

 

 

Chalet de la Compagnie (1857-1898)

 

Un chalet, construit par l’architecte Charles Badger (1822-1880) en 1857 pour la direction et les réceptions de la Compagnie Fermière (gestionnaire des eaux et thermes de Vichy depuis 1853), est reconstruit en 1898 en style normand par Gustave Simon (né à Deauville en 1865). Situé face au parc central à l’angle de la rue du Parc et de la rue Prunelle, il accueille depuis l’été 2008 (investissement de 1,2 M€) le restaurant Jacques Décoret, le plus réputé de la ville, qui était installé depuis 1998 en haut de la rue de Paris.

 

La municipalité a acquis en 2006 ce Chalet de la Compagnie pour 420.000 euros et le louera 31.200 euros par an, à compter du 1er janvier 2007, à Jacques Décoret qui disposera ainsi d’un cadre lui permettant d’obtenir une deuxième étoile. La transformation inesthétique de la façade (ajout d’un énorme cube noir de vitres fumées) a été heureusement corrigée.

 

Vichy peur être surnommé « la ville des chalets ». Outre ce Chalet de la Compagnie, les cinq chalets impériaux de 1863-1864 (voir ci-dessous), le « chalet des Suppliques » de 1864 au pied du pont de Bellerive, il existe encore à Vichy deux autres chalets datant de la fin du Second Empire : le chalet de la Moskova (9 rue Alquié) et un petit chalet dans les jardins de l’hôtel du Rhône (8 rue de Paris). Deux chalets Second Empire ont par ailleurs été récemment détruits : le Chalet de l’Hôtel des Lilas 7 avenue Victoria (en 1978 lors de la transformation de l’hôtel en résidence) et le Chalet Thérapia ex-111 bd des Etats-Unis (remplacé, avec l’hôtel Quenn’s à côté, par le Sofitel-Spa des Célestins en 1993). Enfin, un autre chalet situé en haut de la rue de Paris, construit probablement entre 1870 et 1900, a existé jusqu’en 1971 (détruit pour faire la place Lasteyras) : il s’agit du « Grand café du Chalet », beuglant (café-concert) dirigé par A. Lauthier, qui a été mairie provisoire de Vichy pendant 15 ans, du 1er octobre 1910 au 15 avril 1925.

 

 

Villa Strauss (1858)

 

La villa Strauss a été construite en 1858 pour Isaac Strauss, compositeur de valses et chef d'orchestre à Vichy de 1844 à 1859. Son architecte est Hugues Batilliat (1816-1878) qui achèvera en 1867 l’église Saint-Saturnin de Cusset après le décès de Jean-Baptiste Lassus le 15 juillet 1857. Napoléon III y a logé lors de ses deux premières cures de 1861 et 1862, à côté des ses maisons civiles et militaires installées dans l’Hôtel des Thermes. Elle a été rachetée 90.000 francs en 1866 par le docteur Zénon Pupier (1824-1895) qui l’a occupée jusqu’à la fin de la saison 1891 et revendue 112.200 francs fin 1893 au docteur Frantz Glénard (1848-1920).

 

La villa Strauss, de style néo-Louis XIII, est aujourd'hui partie intégrante du restaurant "La Véranda" de l'Aletti Palace, hôtel 4 étoiles, qui la jouxte (à l’emplacement de l’Hôtel des Thermes, reconstruit en 1912 sous le nom de Thermal Palace). Les associations napoléoniennes, locales (Les Amis de Napoléon III de Vichy) et nationales (Souvenir Napoléonien), ont plaisir à y déjeuner et à y organiser des colloques historiques.

 

 

Galerie Napoléon III (1858)

 

Il s’agit de la galerie centrale de l’ex-établissement thermal de 2e classe
construit en 1858 par Charles Badger, l’architecte du Chalet de la Compagnie et plus tard du Casino.
Il est ouvert aux baigneurs le 15 juin 1858 (année inscrite au fronton), sous le Second Empire.
Ces thermes avaient donc été ouverts trois ans avant le premier séjour de l’Empereur à Vichy en 1861.

 

 

Le reste des bâtiments a été détruit en 1935 lors de création des Bains Callou qui le remplaçaient à proximité.
En juin 2008, cette galerie a été aménagée en café-restaurant, géré par André Leca,
avec animations (ateliers, bibliothèque, conférences, réunions, jeux, etc.)
pour curistes de la Compagnie fermière, touristes et Vichyssois.

 

 

Parc d’Allier Napoléon III (1862)

 

 

Le parc d’Allier (13 hectares de végétaux d’essence rare) a été réalisé dès l’été 1862, à la seconde cure de Napoléon III à Vichy, pour embellir la ville sur une digue longue de 1,5 km destinée à protéger les habitations des crues incessantes de l’Allier sauvage.

Cet embellissement, réalisé par Radoult de Lafosse (né en 1825 et mort vers 1900), permet la création d’un premier plan d’eau avec l’ajout en 1868 d’un barrage mobile à aiguilles situé à un kilomètre du pont de Vesse (Bellerive), juste avant l’actuelle Rotonde.

 

En 1963, un siècle plus tard, le maire Pierre Coulon prolonge la digue de 1,5 kilomètre jusqu’à un nouveau Pont-Barrage, créant le magnifique plan d’eau actuel de 2,5 km de long. Dans ce parc Napoléon III, il reste deux intéressants bâtiments du parc d’origine : les serres (touchant l’avenue Walter-Stucky) et le « chalet des Suppliques » de 1864, inscrit Monument historique en 1990. Ce petit chalet, dit aussi « de l’octroi » (à tort car il servait de maison au gardien) est visible à l’entrée du pont de Bellerive (un second identique, de l’autre côté de la route, a été détruit pour élargir le pont en 1932). L’Office de tourisme organise des visites passionnantes de ce parc d’Allier aux végétaux extraordinaires.

 

 

Gare PLM (1862)

 

 

A sa première arrivée à Vichy le 4 juillet 1861, l’empereur Napoléon III avait dû descendre du train à Saint-Germain-des-Fossés, à 10 km de la station thermale (ligne ouverte le 19 juin 1854).

A son retour le vendredi 11 juillet 1862 à 17 h 05, la gare de Vichy est achevée par le PLM (Paris Lyon Méditerranée). Ouverte le 8 mai 1862 et placée sous la direction du chef de gare Charles-Alexandre Gravier du Monsseaux (1827-1928), elle a été construite en haut de la rue de Paris sur les plans de l’architecte Denis Darcy (1823-1904) formé aux cabinets de Lassus, Labrouste et Viollet-le-Duc, et sous l’inspection de l’architecte Gros. L’Empereur pourra ainsi arriver (salle de réception richement décorée par Eugène Lacoste) et repartir du centre-ville à ses quatre séjours de 1862, 1863, 1864 et 1866.

 

Le 8 juillet 1977, soit 115 ans plus tard, la gare devenue SNCF est agrandie ; mais sa façade est défigurée et en partie masquée par un affreux bardage métallique bleu (couvrant l’ancienne marquise pour augmenter la largeur du bâtiment qui n’était que de huit mètres). D’importants travaux dans le cadre d’un « Pôle intermodal » ont redonné l’été 2008 à cette gare impériale son bel aspect d'origine, avec l’horloge, les frises, les girouettes et les cheminées ornant la toiture du pavillon principal.

 

 

Chalets impériaux (1863 et 1864)

 

Voir en rubrique « Histoire Vichy », à la fin du chapitre Napoléon III, le détail sur ces cinq chalets dits « impériaux » ou « suisses » construits en 1863 et 1864 par Jean Lefaure, également architecte de l’église Saint-Louis en 1865.

 

C'est dans le premier chalet impérial de 1863, appelé aujourd'hui "Villa Marie-Louise" (ici à gauche, le plus beau des cinq restants : au numéro 109, de couleur ocre), qu'eut lieu le lundi 27 juillet 1863 la fameuse scène d'Eugénie, suite à "l'histoire du petit chien" (racontée en rubrique Napoléon III) de Marguerite Bellanger, maîtresse de Napoléon III et présente avec lui à Vichy.
Furieuse d’une preuve aussi éclatante de l’infidélité de son mari, l’impératrice quitta la ville le soir même pour n'y jamais plus revenir.

 

 

Maisons anglaises (1864)

 

Ces « maisons anglaises » ont été construites en 1864
pour loger les dignitaires et officiers accompagnant l’Empereur.

Situées rue Alquié (entre le parc central des Sources et le parc Napoléon III bordant l’Allier),
elles gardent un charme incomparable avec leur bow-windows.

 

 

Casino de Vichy (1865)

 

 

L’ensemble du Grand Casino
(Casino de 1865 et théâtre de 1901)
a été rénové en 1995 en « Palais des Congrès ».

Lire l’article d’Alain Carteret
dans le n° 32 (août 2015) du
magazine Napoléon III.

Le Casino d’origine est construit par Charles Badger, l’architecte du Chalet de la Compagnie en 1857 et des Bains de 2e classe (dont il reste aujourd’hui la Galerie Napoléon III) en 1858.

Le Casino est inauguré le 2 juillet 1865, le même jour que l’église Saint-Louis, en l’absence de l’Empereur (qui ne le découvrira que le lundi 30 juillet 1866 à son dernier séjour). La façade nord, côté parc avec terrasse et véranda, présente les cariatides « Les quatre saisons » sculptées par Carrier-Belleuse et des volutes recevant horloge et baromètre, portés par des petits amours. La salle centrale salle des fêtes (actuel salon Napoléon III) a vu ses plafonds décorés par Jules Petit. En 1907, l’architecte Jules Simon remplace la véranda par une marquise en verre et ajoute un fronton à trois oculi.

Il y a aussi, à l’arrière du Casino donnant sur la rue de Banville, un théâtre, magnifique salle rouge et or de 1.200 places. Ce théâtre Napoléon III sera transformé en salle de jeux en 1899. Les jeux quitteront le Casino à la fin des années 1980 pour s’installer, en face, au Grand café (qui remplace La Restauration ouverte en mai 1870). Mais il reprendra une physionomie de théâtre en 1995, pour servir de lieu de conférences et de réunions sous le nom d’Auditorium Eugénie (496 places).

 

 

Église Saint-Louis (1865)

 

Le jeudi 4 juillet 1861, Napoléon III arrive à Vichy pour sa première cure. Le dimanche 7, il se rend à la messe dans la minuscule église Saint-Blaise où le curé Louis Dupeyrat lui réclame « un temple digne de Dieu ». Le décret du 27 juillet 1861 prévoit la construction d’une nouvelle église. Celle-ci, construite par Jean Lefaure (l’architecte des chalets impériaux), est ouverte au culte sous le vocable de Saint-Louis le 2 juillet 1865 en l’absence de l’Empereur non venu à Vichy cette année-là (« Qu’on livre sans délai l’édifice au culte », avait-il demandé). Les neuf vitraux du chœur représentant les saints de la famille impériale sont dus au réputé Antoine Lusson qui avait rénové les vitraux de la Sainte-Chapelle. Lors de son dernier séjour de 1866, l’Empereur découvre enfin son œuvre en assistant à deux messes : le 29 juillet avec de nombreux dignitaires (Mgr de Dreux-Brézé, évêque de Moulins), puis le 5 août avec le Prince impérial.

 

L’église s’est enrichie en août 1915 de la peinture symboliste « A la gloire de Saint-Louis » d’Alphonse Osbert (1857-1939) et en 1944 de la statue de « Saint Louis juvénile » par le sculpteur cussétois Raymond Rivoire.

Article de 15 pages (avec plus de 70 illustrations) sur L’église Saint-Louis de Vichy par Alain Carteret
dans le n° 164 du 1er semestre 2015 de la SHAVE (Société d’Histoire de Vichy).
Lecture (ou achat à 15 €) à la Médiathèque Valery-Larbaud de Vichy (Fonds patrimoniaux : au 2e étage).

 

Premier plan d’eau (1868)

Le premier plan d’eau de Vichy date de 1868 sous le Second Empire. Ajouté à la digue de 1862, un barrage mobile à aiguilles, placé au niveau de La Rotonde d’aujourd’hui, créait un « Lac d’Allier » d’une longueur d’un kilomètre depuis le pont de Bellerive. Ce barrage de Napoléon III a été surplombé en 1902 par une « passerelle des courses » (ossature métallique issue de l’Exposition universelle de 1900) pour pouvoir aller à pied au champ de courses de Bellerive. Il a été détruit en 1963 par le maire Pierre Coulon pour être remplacé par un Pont-barrage moderne allongeant de 1,5 kilomètre le Lac d’Allier. Ce lac s’étend donc aujourd’hui sur 2,5 kilomètres entre les deux ponts.

 

 

Café « La Restauration » (1870)

 

Construit par l’architecte Charles Badger, ce restaurant ouvre en mai 1870 à côté du nouveau Casino pour remplacer un Café de la Rotonde situé près de l’établissement thermal. Il comportait alors un étage qui a été supprimé dès 1872.

 

La Restauration sera longtemps réputée pour être « le plus grand café d’Europe ». Elle a été complètement rénovée en 1985 (inauguration le 30 juin 1985), récupérant une partie des jeux du Casino, en prenant le nom de « Grand café ». C’est un point d’attraction essentiel de la ville, avec un manège traditionnel à proximité, face à l’Astoria.

Le Grand Café (ex-Restauration)

 

Pont de Bellerive (1870)

 

Il a été ouvert à la circulation le 20 mai 1870, juste avant la guerre contre la Prusse.
Le
précédent pont, celui dont Napoléon III avait supprimé le péage en 1861, avait été détruit par la crue du 27 septembre 1866.

 

Construit par l’ingénieur Radoult de Lafosse, le nouveau (actuel) pont en fonte s’appelait alors simplement

« Pont de Vichy » (la commune de Vesse ne s’est appelée Bellerive que le 23 janvier 1903).

 

Il a été doublement élargi et grandement solidifié en 1932. Il est inauguré le 11 septembre 1932 par le maire PV Léger, en même temps que le Stade municipal.

 

Pour en savoir plus sur l’histoire de Vichy au Second Empire :

Voir deux rubriques de ce site :
« Napoléon III » et « Histoire Vichy (1848-1871) »
ou se procurer le livre de 2008
« 
Vichy Cité Napoléon III » d’Alain CARTERET

 

Deux autres réalisations du Second Empire sont encore présentes : le cimetière des Bartins, ouvert le 8 juillet 1866, et la chapelle des Franciscaines (35 rue du Maréchal Joffre) datant de 1870.

 

Pourtant… environ un tiers du patrimoine Second Empire n’existe plus, comme
des bâtiments de l’Hôpital militaire, le kiosque à musique de 1866 (remplacé par l’Opéra en 1900),
les abattoirs de 1866, les premiers ateliers d’emballage Cie Fermière de 1867 (route de Cusset) !

 

Quatre importants édifices Napoléon III, aujourd’hui disparus, ont été longtemps utilisés :

  • la mairie de Napoléon III : 45 ans, de 1865 à 1910
  • la poste : 40 ans, de 1865 à 1905
  • le kiosque à musique : de 1866 à 1914 (déplacé en 1900 place de la République)
  • le marché couvert : 2/3 de siècle, de 1867 à 1935
  • le temple protestant (rue du Portugal) : 44 ans de 1870 à 1914.

 

 

BELLE ÉPOQUE

 

C’est le mariage parfait entre les embellissements Second Empire et les réalisations Belle Époque
(domaine thermal, grands hôtels et palaces, villas) qui donne à Vichy son style attrayant,
son cachet charmant et son parfum si particulier…

 

Villas Belle Époque (1884-1914)

 

Les villas privées construites à la Belle Époque, notamment par les architectes Henri Décoret (1865-1914) et Antoine Percilly (1858-1928), se marient harmonieusement avec les édifices du style Napoléon III et les architectures thermales du début du XIXe siècle.

 

Les plus remarquables, à voir absolument du fait de la variété de leur style « néo », sont regroupées dans trois rues :

§         Rue Hubert-Colombier : villas signées Antoine Percilly en 1900, sauf trois : grande villa Jurietti par Henri Despierre en 1897, villa Paul (Laire) par Décoret en 1897 et « Chalet du gardien » à l’angle de la rue Foch par Honoré Vianne en 1896,

§         Rue de Belgique : Villa Vénitienne d’Henri Décoret en 1897 au numéro 7 et Castel flamand d’Ernest Mizard en 1898 au numéro 2,

§         Boulevard de Russie : La Tourelle d’Honoré Vianne 1984 au n° 18, Castel gothique de Samuel Henriquet 1910 au n° 25, Castel fleuri de Percilly 1905 au n° 27, et villa du Dr Blanchet 1910 au n° 31.

 

Bien d’autres villas étonnantes sont éparpillées en centre-ville :

-          rue Alquié : villa Douchka du sous-préfet, par Décoret en 1896

-          rue Albert-Londres : villa Anne-Marie 1902 de Paul Martin (sa seconde demeure)

-          boulevard Carnot : villa Tunisienne achevée par Percilly en 1912 au numéro 19
                            et Castel Virginy de 1891 au n° 75

-          boulevard des Etats-Unis : villa de Samuel Henriquet de 1906 au numéro 115

-          rue du Maréchal-Foch : Castel Henri et Castel Saint-Julien aux numéros 46 et 48
                                   (les deux par Henri Décoret),

-          rue Jean-Jaurès : villa Bluette de Percilly 1896 au n° 9
                         et villa Marlyse de Percilly 1902 au n° 39

-          rue Longchamp : villa Yvonette de Chanet 1899

-          rue Prunelle : Castel du Dr Greletty de 1893 par Percilly

-          rue de Strasbourg : villa Paul Martin type Art nouveau 1904 au numéro 50
                            et villa Antoine Planchin, type Gaudi, au numéro 70

-          avenue Thermale : villa de l’architecte Honoré Vianne en 1881
                            pour l’établissement du Dr Eugène Lejeune,
                            (devenue en 2002 le musée des arts d’Afrique et d’Asie)

-          quai d’Allier : villa Mon plaisir d’Émile Pélisse 1894 au numéro 4
                     et villa du Dr Maire d’Henriquet 1911 au numéro 11

-          etc., etc.

 

La ville de Vichy a édité en 2004 un Guide éventail magnifique sur les principales villas : il est toujours disponible (4 euros) à l’Office de tourisme ou à la médiathèque. Fin 2007, un « beau livre » de la Vichyssoise Fabiene Pouradier Duteil présente des vues splendides de ces villas Belle époque.

 

 

Hôtels et Palaces Belle Époque (1900-1914)

Le succès croissant de la Reine des villes d’eaux a entraîné, au début du XIXe siècle, la modernisation du parc hôtelier, avec notamment la construction de cinq palaces par Joseph Aletti (1864-1938) : Carlton, Majestic, Thermal Palace aujourd’hui Aletti Palace (photo ci-dessus), Ruhl (renommé Radio entre les deux guerres), et le fameux « hôtel du Parc ».

 

Ajoutons bien d’autres noms : les Ambassadeurs, l’Astoria, l’International, Le Havre, Le Helder, Le Lutétia, les Princes, le Queen’s, etc. Ces grands hôtels et palaces sont situés pour la plupart dans les deux grandes rues (rue du Parc et rue Wilson) qui longent le parc central des Sources. Leur aspect extérieur, avec des kilomètres de balcons forgés, mérite la visite guidée organisée depuis 2005 par l’Office de tourisme. Et encore, cela ne permet pas de se rendre compte du luxe incroyable qui existait à l’intérieur, notamment dans les somptueuses salles de restauration et dans les calmes jardins arborés !

 

Tous, sauf l’Aletti Palace (photo à gauche), sont aujourd’hui transformés en résidences. Le plus imposant extérieurement, dominant tout Vichy, est « Le Palais des parcs ». Construit en 1912 comme hôtel Ruhl par Antoine Chanet (également architecte de l’actuelle mairie et de la nouvelle église Saint-Blaise), il remplaçait la « mairie de Napoléon III » construite en 1865 et abandonnée comme mairie en 1910 pour être détruite. Devenu hôtel Radio après la Première Guerre mondiale, il est revendu par Jacques Aletti (1909-1993) après la Seconde et réaménagé en appartements privés. Un Guide éventail des hôtels de la Belle Époque, significatif de cette époque glorieuse, a également été édité (4 €) par la ville de Vichy. Un livre du Dr Jacques Cousseau, édité fin 2007, présente magnifiquement ce parc hôtelier des années 1900-1914.

 

Théâtre Opéra (1901)

 

Le théâtre du Casino est construit en extension du Casino de 1865 (l’ensemble est alors baptisé « Grand Casino »), sur l’emplacement du kiosque à musique de 1866 (transféré vers 1898 place de la République où il restera jusqu’en 1913). Il est signé l’architecte Charles Lecoeur (1830-1906), épaulé par le jeune Lucien Woog (1867-1937). L’ancien Casino de 1865 est conservé et relié par un hall (inscription au fronton : « 1865 Casino 1900 ») à la nouvelle construction. La nouvelle salle est inaugurée le 2 juin 1901 par l’opéra Aïda de Verdi, la décoration intérieure de l’Opéra n’étant achevée que pour l’inauguration officielle le 31 mars 1903.

 

La salle, de style Art nouveau (thèmes floraux et formes courbes), offre 1.483 sièges. Elle est décorée par le peintre Léon Rudnicki en teintes « or et ivoire ». La voûte de la coupole du dôme est ornée par Léon Rudnicki, de 1901 à 1903, de quatre lyres avec visages d’artistes : Sarah Bernhardt, Réjane, Coquelin, Cléo de Mérode, Mounet-Sully. Les ferronneries - les 3 portes de l’esplanade, balustrades et rampes - sont d’Émile Robert. Les masques sont dus à l’ornementiste Pierre Seguin.

 

C’est dans cette salle que les parlementaires de la IIIe République ont voté, à une écrasante majorité (seuls 80 refusent), les « Pleins pouvoirs constituants » au maréchal Pétain le 10 juillet 1940. L’opéra du Casino est inscrit Monument historique en 1975, puis classé en 1996. Les plus belles représentations s’y déroulent depuis 1901. Ses collections de partitions, de décors, de costumes sont conservées et présentées au nouveau « Musée de l’Opéra », ouvert le 9 juillet 2001 au 16 rue du Maréchal-Foch. Depuis l’été 2007, une visite de l’Office de Tourisme baptisée Univers Opéra organise la double visite du musée de l’Opéra et de la salle de l’Opéra.

 

 

 

Galeries couvertes et marchandes (1901).  Une galerie couverte de 800 mètres est construite autour du parc central des Sources, aménagé depuis le décret du 20 juin 1812 pris par Napoléon Ier à Gumbinnen. La galerie couverte a été conçue par les architectes Charles Lecoeur (1830-1906) et Lucien Woog (1867-1937). La ferronnerie, avec frises à chardons style Art nouveau, est d’Émile Robert (1860-1924) qui y a apposé sa signature de chaque côté, rue Wilson et rue du Parc. Contrairement à une erreur historique fort répandue, ces ferronneries ne proviennent pas de l’Exposition universelle de 1900, mais ont été exécutées spécialement pour Vichy. Une galerie marchande, « en fer à cheval », prolonge la galerie couverte autour de la source de l’hôpital, selon la mode des stations étrangères à succès (Karlsbad, Marienbad et Baden-Baden). Son salon de thé Le Samoa, ses magasins de luxe et ses galeries d’art sont une des distractions favorites des curistes et touristes à Vichy.

 

 

Hall des Sources (1902).  Le Hall des sources est également construit sur les plans de Charles Lecoeur en 1902, à l’emplacement de l’établissement de la duchesse d’Angoulême qui, depuis 1828, regroupait les buvettes et les soins. Il sera longtemps appelé « Trink-hall » (à l’allemande) ou « Drink-hall » (à l’anglaise), parfois « Palladium », puis « Palais des sources » à partir de 1928. Modifié à plusieurs reprises, notamment en 1971, le hall regroupe aujourd’hui les buvettes des cinq grandes sources de Vichy : Célestins, Chomel, Grande grille, Hôpital et Lucas (la source du Parc est obstruée). La Compagnie fermière a pris l’heureuse initiative d’y organiser, chaque semaine en soirée, un bal-musette d’accueil des nouveaux arrivants curistes.

 

 

 

Kiosque de la Source de l’Hôpital (1902)

 

Le nouveau « kiosque à musique » de la source de l’hôpital est inauguré le 1er juin 1902. Son plan octogonal est conçu par l’architecte Charles Lecoeur. Les rampes du ferronnier Émile Robert sont en forme de portées musicales correspondant à six chansons enfantines : Au clair de la lune, Sur le pont d’Avignon, La boulangère a des écus, Frère Jacques, J’ai du bon tabac, Nous n’irons plus au bois.

 

Toujours présent pour des concerts de soirées l’été (tous les lundis), ce kiosque à fines colonnes, au cœur du « fer à cheval » de la galerie marchande, est classé Monument historique en 1994.

 

 

Grand Établissement thermal (1903)

 

 

Le « Grand Établissement thermal » est inauguré le 31 mai 1903 par Pierre Maruéjouls (1837-1908), ministre des Travaux publics, le sénateur Jules Gacon et Charles Fère, directeur de la Compagnie fermière. Il remplace l’établissement de la duchesse d’Angoulême datant de 1828. Il est implanté sur des annexes : chaudières, réservoirs et lingerie. Il est uniquement consacré aux soins, puisqu’un Hall des sources est édifié indépendamment pour « les buveurs ». Il est construit sur les plans des architectes Charles Lecoeur (qui meurt peu après en 1906) et Lucien Woog (35 ans). Les travaux, commencés le 5 février 1899 par l’entreprise Leblanc, ont duré quatre ans.

 

Cet important bâtiment, sur un terrain de trois hectares, a 170 mètres de façade sur la fin de la rue Lucas. Le style néo-byzantin (coupole) s’accompagne des céramiques bleues d’Alexandre Bigot. Les escaliers du hall central, dus au ferronnier Émile Robert (1860-1924), conduisent à des balcons-loggias. Deux fresques (La Source en 1903 et Le Bain en 1904) sont peintes par Alphonse Osbert (1857-1939) au premier étage. Le côté hommes (à gauche en entrant dans le hall par la grand porte) est séparé du côté femmes (actuel Forum). Une salle de mécanothérapie, ultramoderne pour l’époque, est créée.

 

La réalisation de ce Grand Établissement constitue l’apothéose du Vichy «  Reine des villes d’eaux » à la Belle Époque. A partir des années 1970, la partie Thermes n’utilise plus que les bâtiments du fond sur le boulevard des Etats-Unis, modernisés en avril 1991 sous le nom de « Centre des Dômes » et réservés aux soins de 1re classe. Le Novotel Thermalia s’installe au milieu en 1978 et les locaux de devant, face à l’esplanade Napoléon III, servent de bureaux pour la Compagnie fermière et de galerie commerciale (Forum).

 

 

Pavillon des Célestins (1908)

 

 

L’actuel pavillon des Célestins a été construit en 1908 par Lucien Woog, principal collaborateur de Charles Lecoeur décédé en 1906. Dans un style Trianon, il remplace des buvettes qui dataient de 1858. Un nouveau captage préalable, très en profondeur, est réalisé simultanément pour améliorer son débit et sa régularité.

Inscrit Monument historique, le pavillon des Célestins a été complètement rénové en 1993, à l’identique à l’exception de quelques frises. Le « pignon » qui reste de l’ancien couvent de 1410 domine le pavillon, juste au-dessus du rocher.

 

L’eau des Célestins, la plus froide (22°) est la seule des cinq sources de boisson de Vichy (les quatre autres étant : Lucas 27°, Hôpital 34°, Grande Grille 39° et Chomel 43°5) à disposer d’un pavillon à part. Une association, fondée par Jean-Marc Carcassin en 2000, a réintroduit aux Célestins en juillet et août les fameuses donneuses d’eau en costume Vichy. Rémunérées uniquement au pourboire, elles redonnent vie l’été à ce site charmant du parc des Célestins, donnant sur le boulevard Kennedy. Le reste de l’année les Vichyssois peuvent s’y approvisionner librement. Les curistes disposent de son eau pétillante dans le Hall des sources et aux Thermes Callou. Depuis 1985, la prestigieuse eau des Célestins (froide à 22°), seule marque commercialisée au nom de Vichy, est embouteillée dans la grande usine de Saint-Yorre à six kilomètres de son émergence.

 

 

Pavillon du Golf (1908)

 

 

L’hôtelier Joseph Aletti est à l’origine du golf du Sporting qui a ouvert le 1er mai 1908 à Bellerive à côté de l’hippodrome dont les premières courses remontent au 22 août 1875. Le Club-house dû à l’architecte de la Cie fermière Gustave Simon. Ce pavillon de type normand comportait un clocheton pointu (charpentes de Camille Prory) qui a été détruit en janvier 1936 lors de rénovations (vestiaires). Il demeure un lieu de rencontre très plaisant (avec restaurant), tant pour les golfeurs que pour les promeneurs.

 

Le 14 février 1923 s’ajouteront les courts de tennis entre ce golf et le pont de Bellerive. Le « Pavillon du tennis » (actuel restaurant Le Galéa) a été inauguré le 19 juillet 1939 et complété en 1940 par une agréable piscine. De l’autre côté, de l’hippodrome au Pont-Barrage, le Centre Omnisports (COS pourvu du Palais du Lac dès 1966) a été aménagé en 1968 avec la MJC (Maison des Jeunes et de la Culture) et le CIS (Centre International de Séjour), puis la salle de basket Pierre-Coulon en septembre 1974. La rive gauche de l’Allier, sur le territoire de la commune de Bellerive, est donc magnifique sur 2,5 kilomètres : tennis, golf, hippodrome et Centre Omnisports. Elle fait face à autant de verdure à Vichy même avec le parc Napoléon III et l’esplanade des boulevards De Lattre et Franchet d’Esperey. Au-delà du pont de Bellerive en direction d’Abrest, les deux bords de l’Allier sont également paysagés : les parcs Kennedy et Bourins (club de l’aviron à l’extrémité) répondent à Vichy aux guinguettes et campings qui agrémentent le côté Bellerive.

 

 

Kiosque des Bourins (1910).  Ce kiosque à musique a probablement été construit en 1910 dans le parc central des Sources, à côté du grand café La Restauration (alors le plus vaste d’Europe, édifié au printemps 1870 avant la fin du Second Empire), pour remplacer un kiosque installé vers 1875. Ce Kiosque dit « de la Restauration » est à son tour déplacé dans le Parc des Bourins (au bord de l’Allier, dans le quartier de France en fort développement depuis 1910) à la fin de 1927, dans le cadre d’une importante transformation du parc et du hall des Sources. Il avait perdu sa raison d’être à cet emplacement-là du fait de la construction en 1902 du Kiosque de la Source de l’Hôpital, à quelques mètres. Le transfert est inauguré aux Bourins le dimanche 24 juin 1928 avec la participation d’une société d’orphéon qui s’appelait « la Chatouille ». Il a ensuite très peu servi, abandonné à côté du Parc d’enfants créé en 1936 par le Compagnie fermière. Sa rénovation est entreprise depuis 2005 par une association comprenant des entreprises et des écoles du bâtiment. Le Kiosque des Bourins aura retrouvé sa belle jeunesse l’été 2010.

 

 

ENTRE-DEUX-GUERRES

 

L’Entre-deux-guerres constitue la troisième grande vague de constructions à Vichy, après les inestimables embellissements du Second Empire et les innombrables réalisations de la Belle Époque. Il s’agit essentiellement d’édifices « utilitaires », rendus indispensables par l’explosion du nombre de curistes : mairie, église, stade, pont, marché, poste, thermes. Hormis le nouvelle mairie (l’actuelle), commencée avant-guerre, et les bains Callou et Lardy, les bâtiments reflètent le « style béton armé » de l’époque peu agréables au regard…

 

 

 

Mairie de Vichy (1925)

 

Le 15 avril 1925, les services municipaux s’installent dans un nouvel Hôtel de ville (l’actuel), construit place de la Nation sur les anciens emplacements de la Bourse du travail et du café du Chalet. Les travaux, commencés en 1913 et arrêtés par la guerre, avaient été repris en 1921 par le maire Louis Lasteyras. Cette mairie, d’un style mairie de Paris, est l’œuvre de l’architecte vichyssois Antoine Chanet (1873-1964) avec son associé et gendre Jean Liogier (1894-1969). Le lanternon soutenu par des dauphins au sommet des toits en ardoise est splendide. Elle ne sera officiellement inaugurée que trois ans plus tard, le 23 septembre 1928.

 

 

Église Jeanne d’Arc (1929).  De l’architecte vichyssois Gilbert Brière, l’église Jeanne d’Arc est inaugurée le 29 juin 1929 par Mgr Gonon, évêque de Moulins. Cette église est édifiée sur un voeu du chanoine Eugène Goutet, curé de Saint-Louis pendant 35 ans (de 1897 à son décès le 19 juillet 1933, inhumé à l’intérieur de l’église). Cette église qui avait faisait donc partie de la paroisse Saint-Louis jusqu’en 1938, est intégrée aujourd’hui au secteur de Cusset « Saint-Joseph des Thermes ».

 

 

Chapelle des Missionnaires (1930).  Construite à l’initiative du père lazariste Henri Watté (1878-1935), elle est bénie le 19 juillet 1930 par Mgr Jean-Baptiste Gonon, évêque de Moulins, au début de l’avenue Thermale face aux bains Callou. Le même jour, est posée la première pierre de la maison Béthanie (architecte Pierre Lefort) destinée à accueillir les prêtres missionnaires en cure. Édifiée en un an, Béthanie servira de résidence au nonce Valerio Valeri entre 1940 et 1944. Des offices ont lieu régulièrement dans la chapelle, pourvue d’une belle Vierge au-dessus du chœur et de vitraux sur la vie de saint Vincent de Paul.

 

 

Nouvelle église Saint-Blaise (1931).  Sur les plans des architectes Antoine Chanet et Jean Liogier, elle est inaugurée le 5 juillet 1931 après cinq ans de travaux par l’entreprise Labbaye-Teisseire qui avait déjà construit la mairie de Vichy. Son style « Art nouveau » est une véritable curiosité. La décoration intérieure, achevée en 1933, est faite de peintures (ancien et nouveau testament sous la coupole, vingt sanctuaires dédiés à Marie sur les murs et Sept dons du Saint-Esprit dans le Chœur), de vitraux (des trois frères Mauméjean d’Hendaye), d’émaux et marbreries. Elle est officiellement baptisée « Notre-Dame des malades », mais les Vichyssois l’appellent tout simplement Saint-Blaise, alors qu’en fait elle est entièrement vouée à la Vierge Marie. Son immense clocher de 67 mètres, ajouté en 1956 et dominant tout Vichy, est visible de partout, comme un symbole, à l’extérieur de la ville.

 

 

Stade municipal (1932).  D’une capacité de 10.000 places, il est inauguré le 11 septembre 1932 par le ministre clermontois Dr Philippe Marcombes et le maire de Vichy Pierre-Victor Léger. Il est conçu par l’architecte paysagiste Charles Bouhana de Paris (où il achevait en même temps la reconstruction du Parc des Princes de 1897), déjà réalisateur du stade olympique de Colombes en 1924 et des courts de Roland Garros en 1928. Le constructeur est l’entreprise Labbaye-Teisseire de Vichy, sur les plans d’Henri Poquin. Il comporte un vélodrome avec virages à 30 degrés et une piste d’athlétisme. Cette piste vélodrome (et non le stade municipal dans son ensemble) recevra le 10 juillet 1936 la dénomination de Louis Darragon, cycliste vichyssois décédé en course au Vél’d’hiv le 28 avril 1918. L’association des Amis de Gérard Dufau réclame depuis sa création en avril 2003 que le stade municipal prenne le nom de l’ancien demi de mêlée du Quinze de France (38 sélections) et entraîneur glorieux du RCV rugby pendant plus de vingt ans (décédé le 4 juillet 2002).

La tribune d’honneur de 90 mètres de long (4.000 spectateurs) sera détruite en 1992 et remplacée par une tribune en toile. En 2002, une grande tribune moderne (2.640 places) et fonctionnelle est édifiée, tandis que les virages en béton sont abattus : elle est mise en service le 21 avril 2002. La petite tribune populaire (tribune B), couverte en 1961, est détruite à son tour en 2006. Il ne reste aujourd’hui du stade de 1932 que son volume et son environnement d’arbres géants…

 

 

Pont de Bellerive (1932).  La fondation du pont actuel qui enjambe l’Allier entre Vichy et la commune de Bellerive remonte en fait à la fin du Second Empire, à mai 1870 sur les plans de l’ingénieur Jean-François Radoult de Lafosse. Mais il a été grandement modernisé en 1932 : doublé de largeur (260 m de long) et renforcé par 1.400 tonnes de fer des usines Fives-Lille. L’inauguration a lieu le 11 septembre 1932, le même jour que pour le stade municipal, avec les mêmes personnalités.

 

 

Hôtel des Postes (1935)

 

 

L’Hôtel des Postes est inauguré le 13 octobre 1935 par Georges Mandel, ministre des PTT, et PV Léger, réélu maire de Vichy le 12 mai précédent. Un déjeuner de 250 couverts est servi au Majestic. Il est édifié à l’emplacement de l’ancien chalet de « Justice de paix ». L’architecte de ce laid bâtiment en béton (massif dans le lourd style extérieur de l’époque) est Léon Azéma, grand Prix de Rome 1921 ! Le choix de Vichy par le gouvernement Pétain en 1940 s’explique, en grande partie, par l’existence de cette installation téléphonique, réputée la plus moderne d’Europe !

 

 

Marché couvert (1935).  Il est construit par l’entreprise Chaumény sur les plans de l’architecte Mazon (premier Prix de Rome), face à la place du Catalpa qui sera rebaptisée « Place PV Léger » en juin 1955. Il remplace les arènes de Joseph Durand où avaient lieu les corridas depuis 1919. Ce vaste marché est inauguré le 13 octobre 1935, en même temps que l’Hôtel des Postes. Ce marché couvert de 1935 est rénové en novembre 2006 (ouverture le mardi 14 et inauguration le samedi 25) sous le nom de « Grand Marché ».

 

 

Salle des fêtes (1935).  Ce bâtiment de style art déco devant la nouvelle mairie est construit en régie (par l’ingénieur-voyer Passignat) de 1933 à 1935, après démolition en 1932 de l’immeuble Grangeneuve qui barrait la perspective entre l’Hôtel de ville et la grande place de la République. Le rez-de-chaussée occupé par les sapeurs-pompiers (partis en zone de Vichy-Rhue) est remplacé le 21 octobre 2001 par la nouvelle Maison des associations. La salle des fêtes de 404 m² à l’étage est totalement rénovée en mars 2007, un meeting UMP avec Patrick Devedjian précédant le mardi soir 27 mars l’inauguration officielle du vendredi 30.

 

 

Bains Lardy (1937).  Ce sont des bains de 3e classe de type provençal, s’ajoutant au Grand Établissement de 1903 (1re classe) et aux nouveaux Bains Callou de 2e classe (inaugurés le 21 mai 1933 par Albert Lebrun, président de la République, et remplacés en 1990). Ces bains Lardy qui ont fait l’objet d’une double inauguration en 1937 (19 juin et 16 septembre) ont fonctionné trente ans jusqu’en 1967. Le bâtiment principal a été rénové en Pôle universitaire Lardy en 2001, inauguré le 24 septembre par l’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing.

 

 

Pavillon du Sporting tennis (1938).  Les premiers courts de tennis du Sporting Club de Vichy (SCV) sont ouverts en 1923 sur la commune de Bellerive, à la sortie du pont. Son charmant pavillon est inauguré le 19 juillet 1938. Une élégante piscine privée est ajoutée l’été 1939. La coupe de Galéa (coupe Davis des juniors) s’y déroulera pendant 40 ans, de 1952 à 1991. L’ensemble offre aujourd’hui 13 courts en terre battue dont 4 sous couverts. Le pavillon intègre un restaurant réputé avec chef étoilé : le Galéa, tenu par Patrick Corrazzin. Un livre d’Alain Carteret « Le tennis à Vichy », publié en juin 2011, présente l’histoire patrimoniale et sportive du Sporting Club tennis, avec plus de 300 illustrations.

 

 

PÉRIODE PIERRE COULON

 

Pierre Coulon, élu maire de Vichy en 1950 à 37 ans, a marqué de son empreinte la ville en axant son développement vers le sport (suite aux décolonisations du début des années 1960 privant la station de sa clientèle traditionnelle), créneau que la municipalité sait exploiter à plein aujourd’hui. Il est décédé prématurément en 1967.

 

 

 

Plan d’eau (1963).  L’actuel Plan d’eau de Vichy date du 10 juin 1963 avec l’inauguration du Pont Barrage par son initiateur, le maire Pierre Coulon. C’est en fait l’extension du premier plan d’eau conçu par Napoléon III en 1868 avec un barrage mobile à aiguilles. Il se trouvait au niveau de l’actuel restaurant La Rotonde ouvert en 1864. Il en résulte un « Lac d’Allier » d’une superficie de 120 hectares sur 2,5 km de long (2,5 millions de m3 d’eau) entre le pont de Bellerive et le Pont-Barrage. Il permet la pratique des compétitions nationales et internationales de sports nautiques : aviron, ski nautique, voiliers, hors-bords, etc. Il a permis aussi la création d’une promenade magnifique de 1,5 km (intégralement rénovée au 16 mai 2009) à résidences de rêve et d’un quartier nouveau aux Ailes (logements sociaux et implantation de grandes surfaces).

 

Centre Omnisports (1967).  Les travaux du Plan d’eau ont entraîné la mise en valeur de la rive de Bellerive, avec l’implantation d’une salle de basket (où joue la JAV : capacité doublée en octobre 2002), d’une Maison des Jeunes (avec théâtre), d’un Palais du Lac (pour les expositions), d’un Centre international de séjour (CIJ avec 119 chambres pour le logement des sportifs et un restaurant de 350 places), de courts de tennis (20 courts), de stades de foot-rugby (10 terrains), de jeux de boules, d’un stade d’athlétisme, et du CREPS (où se déroulent les concours nationaux du Capeps). Cet ensemble exceptionnel d’installations en pleine verdure, appelé « Centre omnisports » (COS) ou « Parc omnisports », a placé Vichy au rang des premières villes françaises organisatrices de stages et manifestations sportives.

 

 

DEPUIS 1990

 

Vichy n’a cessé de s’adapter et de se moderniser ces vingt dernières années, pour la plus grande satisfaction se ses habitants et des ses visiteurs, touristes ou curistes. Sans prétendre retrouver compétemment son lustre d’antan de « Reine des villes d’eaux » qui a duré un siècle, elle reste une des plus charmantes et dynamiques villes de France.

 

 

 

Médiathèque (1985).  La Médiathèque Valery-Larbaud, conçue sur 4.480 m² par l’architecte vichyssois Jean Marol, est inaugurée le 26 novembre 1985, au 106 rue du Maréchal Lyautey. Elle est implantée sur le terrain de l’ancienne source Dubois, « Reine de l’estomac », qui a fermé sa buvette en 1946 et définitivement arrêté son exploitation des bouteilles le 31 décembre 1961. Cette nouvelle médiathèque remplace l’ancienne bibliothèque du Centre culturel Valery-Larbaud (CCVL) qui se trouvait 15 rue du Maréchal-Foch et fonctionnait depuis 1961. Le déménagement des 100.000 volumes du CCVL (ancien « Petit Casino » construit en 1929 par le cabinet Chanet et Liogier, reconverti en août 1988 en musée municipal) à la médiathèque a demandé six mois !

 

 

Thermes Callou (1990).  Les nouveaux Thermes Callou (le vocable de « Bains » datant de 1933 disparaît) remplacent en mai 1990 les Bains Callou de 2e classe (architecte Charles Letrosne) qui avaient été inaugurés le 21 mai 1933 par le président de la République Albert Lebrun. Ils sont conçus, comme un bateau de verre, par le cabinet clermontois Douat & Harland pour accueillir 2.200 curistes par jour. L’inauguration officielle a lieu le 26 juin 1990 en présence d’Olivier Stirn (ministre du Tourisme) et de Gustave Leven (alors PDG du groupe Perrier). Le hall des thermes Callou dispose, comme le grand Hall des sources, des buvettes des cinq eaux de Vichy : Chomel, Célestins, Grande grille, Hôpital et Lucas (la source du Parc qui émergeait sous le chalet de la Compagnie fermière est obstruée). Une passerelle relie, depuis mars 2002, ces nouveaux Thermes Callou au nouvel hôtel IBIS (deux étoiles).

 

 

Hôtel des Célestins (1993)

 

Le Centre des Célestins (Centre de Santé-Beauté et hôtel Steigenberger) ouvre ses portes le 9 avril 1993. Il est construit, comme les Thermes Callou, par le cabinet Michel Douat-Richard Harland de Clermont. Le projet 1988 de Jean Nouvel, d’abord retenu, a été abandonné en 1990. Le complexe - Hôtel 4 étoiles relié à un centre thermal ultramoderne - est géré au début par l’Allemand Steigenberger. Il est construit par le groupe Maillard & Duclos à l’emplacement d’anciens hôtels (Aix, Amérique, Néva et Queen’s, le plus important) et du chalet Thérapia (ancien chalet du député-banquier Ernest André sous le Second Empire) du radiologue René Francoz.

 

Au retrait du groupe allemand Steigenberger en 1995, l’hôtel prend le nom d’hôtel des Célestins, puis de Sofitel Les Célestins (relié au Spa par une passerelle enjambant le boulevard des Etats-Unis), sa gestion relevant désormais du grand groupe Accor. Avant-guerre, il existait un autre hôtel des Célestins, à l’angle de l’avenue Lyautey : il a été reconverti en lycée de jeunes filles, puis aujourd’hui en « collège des Célestins ». Situé face à la nouvelle médiathèque, sa forme en proue de navire (comme l’Astoria, à l’angle des rues Wilson et Clemenceau) est remarquable.

 

 

Palais des Congrès (1995).  Le Palais des Congrès de Vichy ouvre ses portes le 23 septembre 1995 sur 18.000 m², au sein du Grand Casino. De nouvelles salles sont creusées dans les sous-sols : notamment la salle Albert Londres avec un mur de lumière de Mickaël Prentice et l’espace Sévigné de 1.200 m² et 1.000 couverts s’avançant sous la terrasse. Le théâtre d’origine, qui était devenu une salle de jeux, est reconstruit sous le nom d’auditorium Eugénie (496 places). Le salon Berlioz (verrière de Françis Chigot) peut recevoir 400 couverts et le salon Napoléon 270 couverts. La construction n’a duré que dix mois, avec 150 à 210 ouvriers sur le chantier. Il a fallu faire de profondes fondations, le Casino de 1865 reposant sur du sable ! Les trois architectes Jean-Guilhem de Castelbajac, Frédéric Namur et Dominique Desgranchamps marient à la perfection le modernisme de bon goût et une infrastructure de style Second Empire et Belle Époque. La sculpture L’Arlequin, de René de Saint-Marceaux (1845-1915) en 1878, est déplacée du grand salon Berlioz (appelé justement autrefois « salle de l’Arlequin ») dans la galerie-vestiaires située à l’entrée côté Grand café et baptisée galerie de l’Arlequin. La municipalité de Vichy, propriétaire des lieux depuis 1987, donne le nom de « Palais des Congrès-Opéra » (PCO) à cet ensemble unique. Vichy est la seule ville de France à offrir un Palais des congrès dans un site classé Monument historique ! Pour répondre à une forte demande, des visites guidées de l’Opéra sont organisées par l’Office de tourisme depuis 2005.

 

 

Pôle Lardy (2001).. Le Pôle universitaire Lardy, à côté de la source des Célestins, est inauguré le 24 septembre 2001 par Valéry Giscard d’Estaing, président du Conseil régional. Ce pôle regroupe, sur 9.000 m², les anciens « Bains Lardy » de 3e classe construits par Charles Letrosne (1868-1939) en 1937 (à l’abandon depuis 1967) et l’ancienne Orangerie des Célestins (devenue médiathèque universitaire). Le Pôle accueille 700 étudiants : pour moitié des nouvelles filières technologiques des facultés de Clermont décentralisées à Vichy, et pour moitié des étrangers venus apprendre le français au Cavilam (Centre d’approches vivantes des langues et des médias). Tous les bâtiments ont conservé leur splendide architecture extérieure d’origine. Ainsi, la tour de sept étages, entièrement reconstruite, est identique esthétiquement (plus volumineuse en fait) à l’ancien château d’eau des Bains Lardy.

 

 

Le Grand Marché (2006).  Construit sur les plans de l’architecte Jean Mazon, l’ancien Marché couvert avait été inauguré le 13 octobre 1935, en même temps que l’Hôtel des Postes, face à la place du Catalpa (rebaptisée place PV Léger en juin 1955), à l’emplacement. des arènes Durand où avaient lieu les corridas depuis 1919. Il remplaçait lui-même un marché couvert édifié en 1867 sous le Second Empire, sur la place de la République (Charles-de-Gaulle aujourd’hui). En 2006, le Marché couvert a été rénové sur plans de Jean-Guilhem de Castelbajac avec une façade de verre (3.000 m² vitrés), tout en conservant les fondations, arches et volumes d’origine. Le nouveau marché, ouvert au public le mardi 14 novembre 2006 et inauguré le samedi 25, offre une superficie commerciale identique (avec ascenseur pour la mezzanine réservée aux producteurs locaux) dans un cadre lumineux. Ce « Grand marché » est parfaitement desservi par un nouveau rond-point et une centaine de places de parking.

 

 

 

Stade aquatique (2008).  La première pierre d’un nouveau stade nautique à Bellerive, sur le site (2,6 hectares) du Tir aux pigeons édifié en 1937, a été posée en octobre 2006. Il a été ouvert au public le 21 mars 2008. Financé par la Communauté d’agglomération VVA (Vichy Val d’Allier qui regroupe 23 communes), il remplace la piscine de Bellerive qui avait ouverte en mai 1945 (travaux interrompus pendant la guerre) et dont le bassin couvert n’est plus utilisable. La conception de l’architecte Jacques Rougerie fera largement appel à l’inox et permettra aussi bien les loisirs ludiques (dont Aquagym : photo ci-dessus) que les grandes compétitions de natation, confortant la position reconnue de Vichy comme « ville des sports ».

 

 

Esplanade du Lac d’Allier (2008).  La promenade autour du plan d’eau sera totalement arborée en 2008, en ajoutant la distance de 1,5 kilomètre entre La Rotonde du Lac et le Pont-Barrage, laquelle est pourvue depuis 1963 d’un étroit trottoir cimenté et de deux voies pour automobiles. La route à une seule voie (côté immeubles du boulevard de Lattre de Tassigny) a été refaite et achevée le 9 juillet 2007 entre la Rotonde et le stade municipal. L’autre voie, sur les berges de l’Allier, a été inaugurée le samedi 16 février 2008 par une promenade paysagée pour le plus grand bonheur des touristes et des joggers. Les 800 mètres restants sur le boulevard Franchet d’Esperey (nom donné en 1967), entre l’Annexe du stade municipal et le Pont-Barrage (au pied du Cora), ont été inaugurés par le ministre Brice Hortefeux le 16 mai 2009 (une seule voie à sens unique).

 

 

Les statues de Vichy

 

Statue miraculeuse de la « Vierge noire ».

La statue de Notre-Dame des Malades, datée du XIVe siècle, est vénérée à Vichy de longue tradition pour ses miracles. Présente depuis le 26 mars 1714 dans le chœur de la vieille église Saint-Blaise, « sanctuaire » pourvus d’ex-voto en remerciement de nombreuses guérisons, cette « Vierge noire » (en noyer) a été sauvée du brasier révolutionnaire en novembre 1793 par un enfant de onze ans, Claude Baffier. Depuis 1802, chaque 15 août (jour de l’Assomption et fête patronale de la ville), la statue miraculeuse (seul son visage est d’origine) refait l’objet d’une procession aux flambeaux. Le sanctuaire qui abrite la Vierge de Vichy est rénové l’été 2007 pour le 70e anniversaire (le 14 octobre 2007) de son couronnement le 27 mai 1937.

 

La chapelle des Missionnaires 16 avenue Thermale, bénie le 19 juillet 1930, contient également en son chœur une Vierge magnifiquement mise en évidence (auréolée par le texte : « O Marie conçue sans pêché, priez pour nous ») mais jugée sans valeur patrimoniale.

 

 

Cariatides de Carrier-Belleuse

 

Hiver

Automne

Printemps

Été

 

Les Cariatides représentant « les Quatre saisons » ont été sculptées en août-septembre 1864 par Albert-Ernest Carrier-Belleuse (1824-1887) sur la façade principale (nord, côté parc avec terrasse et marquise) du Casino inauguré le 2 juillet 1865. N’étant pas venu à Vichy en 1865, Napoléon III ne les a donc découvertes que fin juillet 1866 au début de son dernier et court séjour à Vichy.

 

 

 

Également sculptée par Carrier-Belleuse (achevée en mai 1865), cette statue de style néo-grec se trouvait à l’origine en 1865 à l’arrière du Casino, au dos du théâtre, dans une niche de la façade sud du Casino, face à l’actuelle rue de Banville. Elle représente une femme déversant l’eau bienfaisante d’une cruche sur deux petits angelots à ses pieds (le visage de celui de gauche a disparu).

 

Après transformation du théâtre en salle de jeux au début du XXe siècle, la Nymphe est déplacée en 1925 dans la Salle de repos de la Source-de-l’hôpital, puis en 1943 à quelques mètres, à côté de l’actuel café Le Samoa. Restée à l’air libre, elle est endommagée par les intempéries (le visage de l’angelot de gauche a disparu). En très mauvais état, elle reçoit enfin une verrière de protection en mai 2002 grâce à l’action de Michèle London, présidente de l’association du Quartier thermal. Notons enfin que Carrier-Belleuse a sculpté en 1864 à Vichy un buste de Napoléon III (qui le recevait à dîner en son chalet sur le nouveau parc d’Allier) dont un exemplaire en bronze (signé simplement « A. Carrier ») se trouve à l’entrée du restaurant N3 du Sofitel Les Célestins.

Nymphe des eaux

 

 

 

Statue de l’Hôpital. La statue « La République bienveillante protégeant l’enfance et la vieillesse », du sculpteur Édouard Drouot (1859-1945), a été inaugurée le 16 juin 1901 par le député Jules Gacon, devant la chapelle de l’Hôpital civil inauguré le 23 octobre 1887 derrière la gare PLM. Notons que, pendant quarante ans de 1895 (inauguré le 31 mai 1895 par le président de la République Félix Faure) à 1936, un groupe important (7 mètres de haut) de Jean Ossaye Mombur (1850-1896), appelé tantôt « Le Génie des eaux » et tantôt « Vichy accueillant ses hôtes », se trouvait sur la place devant la gare de chemin de fer, en haut de la rue de Paris. Déplacé fin 1936 en bas de la route d’Abrest, il a été envoyé à la fonte en 1942.

 

 

Statue de la République

 

Cette statue de la République fut également dénommée « Le Génie de la liberté » et « Le Génie de la République offrant la paix et la concorde au monde ». Elle représente une femme ailée avec un rameau à une main et l’autre main posée sur la tête d’un lion. Elle est érigée le 5 avril 1904 « place de la République » d’alors (ex-place du marché de 1870 à 1898 et place de Gaulle depuis 1970) en plein centre ville.

Elle est due au sculpteur d’Ebreuil Jean Coulon (1853-1923). A ses pieds, figuraient alors quatre allégories représentant : l’Art, l’Agriculture, le Commerce et l’Industrie. Elle est déménagée en 1934, lors de la construction de l’Hôtel des Postes, à la « place de la République » actuelle (qui ne prit officiellement ce nom qu’en mars 1938, auparavant « place des Anciens abattoirs », puis « place de la Nation » de 1935 à 1938). Enlevée par les Allemandes le 21 juillet 1942, elle est récupérée à Hambourg (sans les allégories) et réinstallée le 5 avril 1952.

 

Cette statue de la République est à ne pas confondre avec le groupe « Vichy accueillant ses hôtes » (dit aussi « Le Génie des eaux »:) de Jean Ossaye Mombur (1850-1896) d’Ennezat, placé au centre de la place de la Gare et inauguré par le président de la République Félix Faure le 31 mai 1895. Ce monument de sept mètres, avec trois allégories au pied (les sources, la santé et le plaisir), n’existe plus : déplacé en mars 1938 en face du pont d’Abrest, il a été envoyé à la fonte en 1942.

 

 

Statue d’Eugène Gilbert dans le parc des Bourins. Il s’agit plutôt d’un simple buste, du sculpteur Robert Mermet de Cusset, placé à côté du Parc du Soleil (parc d’enfants datant de 1936) en 1962 pour remplacer un monument imposant qui avait été édifié le 19 septembre 1920 à la gloire de l’aviateur Eugène Gilbert (1889-1918) qui avait passé sa jeunesse à Vichy. Les Allemands avaient emporté l’ensemble en 1943 pour récupérer les bronzes.

 

 

Statue de la Vierge au sommet de l’église Jeanne d’Arc. Une très belle Vierge est placée au sommet de l’église Jeanne d’Arc inaugurée le 29 juin 1929 par le chanoine Eugène Goutet, curé de l’église Saint-Louis depuis 1897. Le curé Goutet, décédé en juillet 1933, repose au sein de l’église Jeanne d’Arc. L’auteur de cette statue est le Moulinois Pierre Fournier des Corats (1883-1953). Fournier des Corats a également réalisé en 1935 à Vichy les motifs des façades de la Salle des fêtes construite en style art déco et rénovée en 2007.

 

 

Statue de la Vierge au sommet de l’église Saint-Blaise. La statue extérieure de Notre-Dame des Malades (5,20 mètres de haut) domine, à 42 mètres du sol, la nouvelle église Saint-Blaise construite par le cabinet d’architectes Antoine Chanet / Jean Liogier et inaugurée le 5 juillet 1931 par Mgr Gonon, évêque de Moulins. La décoration intérieure par les frères Mauméjean ne fut achevé qu’en 1933 et le clocher voisin qu’en 1956.

 

 

 

Monument aux morts. Décidé par le maire Louis Lasteyras après la victoire de 1918, cet imposant monument (« à la gloire des enfants de Vichy morts pour la patrie ») est dû au statuaire parisien Charles Plas. Il a mis plus d’une quinzaine d’années à être réalisé. Non achevé lors de la visite du président Lebrun le 21 mai 1933, il ne fut inauguré officiellement que le 11 novembre 1935. La statue géante d’un jeune homme, habillé à l’Antique et armé d’une épée et d’un bouclier, est implantée sur l’ancienne place du Fatitot devenue la place de l’Hôtel de ville en 1865, puis Square des Nations fin 1918. La place porte le nom de « Square général Leclerc » depuis le 22 juin 1948. Une stèle de marbre gris a été ajoutée en 2003 au dos du monument à la mémoire des victimes des combats en Afrique du nord entre 1952 et 1962. Notons en outre que le cimetière de Vichy, aux Bartins à la limite de Cusset, contient plusieurs statues originales, en particulier celles d’Armand Perrin et de Jacques Jurietti surmontant des femmes éplorées à leurs pieds !

 

 

Statue d’Albert Ier. La statue du « Roi soldat » des Belges de 1909 à 1934 (décédé lors d’une escalade), sculptée par le Bruxellois Victor Demanet (1895-1964), a été inaugurée le 11 septembre 1938 (en présence de 10.000 personnes) sur le square au pied du pont de Bellerive (ex square de la Marine, rebaptisée square Achille-Fould entre 1865 et 1871, puis Aristide-Briand en 1918). Le square a pris le nom d’Albert Ier le 15 janvier 1941. La Belgique avait été déjà honorée le 17 décembre 1918 lorsque le nom de rue de Belgique avait été donné à l’ancienne rue Strauss, la seule qui restait avec un nom donné au Second Empire (en 1862, du vivant du compositeur Isaac Strauss).

 

 

Saint-Louis juvénile

 

Cette magnifique statue du Cussétois Raymond Rivoire (1884-1966), préalablement sculpteur en 1935 du Supplice de Tantale exposé au musée municipal du CCVL (15 rue Foch), orne le bord gauche de la nef de l’église Saint-Louis.

 

Elle représente le roi de France Louis IX en habits de croisé, la couronne d’épines entourant le pommeau de l’épée placée entre ses mains. Elle est bénie le dimanche 27 août 1944 (le lendemain la Libération de Vichy) par Mgr Jacquin, évêque de Moulins, et le nonce apostolique Valerio Valeri.

 

 

 

Marquise de Sévigné

 

Le buste de Madame de Sévigné, première adepte célèbre des eaux de Vichy (cures de 1676 et 1677), a été sculpté par André Tajana (1913-1999) pour le tricentenaire de la mort de la Marquise (le 6 avril 1696 à Grignan).

 

Il est placé en 1996 dans le parc Kennedy, face au Pavillon Sévigné.

 

 

Statue Napoléon III

 

Jean-Auguste Barre (1811-1896) avait sculpté en 1852 un buste du Président de la IIe République. L’original, acquis par la Fondation Napoléon au Louvre des antiquaires, est offert à la ville de Vichy qui le place en salle des mariages de la mairie (1er étage). Un double, reproduit par le fondeur Lhuillier de Lapalisse, est inauguré le samedi 14 septembre 1991 dans le Parc Napoléon III (à l’arrière du chalet des Roses, à l’ombre d’un séquoia géant) grâce à l’action de l’association des « Amis de Napoléon III de Vichy » fondée le 16 avril 1983. Le texte suivant est inscrit sur la colonne en marbre gris qui soutient le buste : « Napoléon III - Empereur des Français 1808-1873 - Bienfaiteur de Vichy ».

Deux copies de ce buste de Vichy ont été reproduites et inaugurées à l’étranger : à Bucarest (Roumanie) le 29 juillet 1998 et au Canada, à Rustico dans l’île du Prince-Édouard (en Acadie), le 3 avril 2004.

 

 

Une autre statue a fait longtemps (1895-1938) la gloire de Vichy : « Le génie des eaux »

Cet immense groupe statuaire de 7 mètres de haut, avec trois allégories au pied (les sources, la santé et le plaisir), était dû au sculpteur d’Ennezat Jean Ossaye Mombur (1850-1896). Il était placé au centre de la place de la Gare pour accueillir les curistes et visiteurs de la station. Il avait été inauguré le 31 mai 1895 par le président de la République Félix Faure. Il fut déplacé en mars 1938 à l’entrée de Vichy, route d’Abrest, puis envoyée à la fonte en 1942.

 

 

Pour un « vrai musée » de Vichy

 

Chastel-Franc : musée de 1937 à 1984

 

Alain Carteret défend depuis 2001 l’idée de créer « un musée général de Vichy ».

(de César à nos jours, mettant l’accent sur les visiteurs célèbres)

Ci-dessous les extraits des quatre livres sur Vichy où il développe cette nécessité :

 

Vichy Deux millénaires (2001)

 

Antonin Mallat, le célèbre pharmacien-historien de Vichy, écrivait déjà, le 14 mars 1913, dans une lettre adressée au maire de Vichy Armand Bernard et reproduite dans son livre « Un peu de tout sur Vichy » en 1927 : « Mais, hélas, nous n’avons pas de musée ».

 

Force est de constater que, 90 ans plus tard, nous sommes pratiquement dans la même situation. Certes entre-temps, de 1937 à 1984, il y a eu le musée privé de la Compagnie fermière au Chastel-Franc. Certes on peut arguer qu’il existe, depuis 1988, le Musée municipal, au Centre Culturel Valery-Larbaud. Mais il se limite à un nombre réduit de peintures, sculptures et objets antiques, mal mis en évidence. Certes il existe encore, depuis 1923, le musée du Missionnaire, mais il ne présente que des souvenirs de Chine et d’Afrique sans aucun rapport avec Vichy. Certes un musée de l’Opéra de Vichy, financé sur fonds privés, a ouvert en juillet 2002. Il est magnifique, mais ne touche qu’un thème précis du vaste patrimoine de la ville. Certes Vichy peut être considéré, à juste titre, comme un véritable musée « à ciel ouvert », par la variété de ses architectures et l’historicité de certains lieux. Mais tout cela ne fait pas un « vrai musée » : un musée qui regroupe l’essentiel des témoignages historiques de son glorieux passé et qui génère, par son intérêt, du trafic, des détours touristiques.

 

L’explication, inconsciente ou inavouée, de cet état de fait ne proviendrait-elle pas d’une persistante confusion entre un musée de la période 1940-1945, supposé raviver les plaies ou risquer d’être perçu comme pro-pétainiste, et un musée général rappelant tout ce que la ville compte de passionnément historique ?

 

Les événements et les patrimoines évoqués dans ce livre montrent combien l’histoire de Vichy est riche. Un musée bien conçu est donc susceptible d’intéresser foule de visiteurs, Vichyssois, touristes et curistes.

 

Il est donc grand temps et même urgent (compte tenu des délais de conception et de réalisation, d’au moins trois ans à partir d’une prise de décision de principe) de créer ce « vrai musée ». Son objectif doit être clairement d’économie culturelle : c’est-à-dire d’attirer et de faire rester plus longtemps des visiteurs à Vichy et dans ses environs. Sa réussite conditionnera directement l’autofinancement de son exploitation. C’est un moyen publicitaire (la ville communique peu à l’extérieur) à mettre rapidement en œuvre dans la foulée de Vulcania. Ceci implique que le futur musée remplisse deux conditions simultanées : il doit être général et attractif.

 

Il doit être général. En aucun cas un musée de Vichy ne peut se limiter à l’épisode noire de la dernière guerre mondiale. D’abord parce « Vichy capitale » n’a rien laissé de remarquable. Elle n’a même laissé que des hôtels et des installations endommagés. Ensuite et surtout parce que l’essentiel de la belle histoire de Vichy se situe avant (Napoléon III et Belle Époque) et après (réalisations actuelles depuis le plan d’eau de Pierre Coulon au Pôle universitaire Lardy). Pour intéresser le maximum de personnes, sans relancer le passé (« qui ne passe pas », selon le titre d’un livre d’Henry Rousso en 1994), le musée se doit donc d’être général. Il doit aborder, comme dans ce livre, toutes les périodes et sous tous leurs aspects : politique, culturel, sportif et économique. Sans ignorer non plus la triste période qui semble poser problème aux décideurs : on peut en parler objectivement, comme dans ce livre, par de simples rappels de faits bruts. Quand bien même, malgré le maximum de précautions prises, la manière de traiter cette période serait contestée par quelques acharnés trop passéistes ou exploiteurs politiques, il en résulterait une publicité gratuite ne pouvant que favoriser les visites !

 

Il doit être attractif. Il doit être conçu en direction du grand public et mettre en évidence toutes les personnes connues qui ont eu un lien avec la ville ou un impact sur la ville. Il faut regrouper et y exposer les pièces les plus significatives et spectaculaires : tableaux, sculptures, photographies anciennes, vestiges archéologiques, instruments de musique, livres originaux, objets-souvenirs, etc. La plupart ne font que dormir en divers recoins de la ville. Une multitude de panneaux synthétiques donneraient clairement les explications complémentaires. Ce musée, destiné à créer un trafic supplémentaire dans la région, pourrait s’inscrire dans un édifice (sur l’ancien site de l’Emballage* de la Compagnie fermière) qui fasse à lui seul parler de la ville par son originalité.

 

Cette idée de musée général et attractif concerne en fait l’ensemble de l’agglomération de Vichy. Car les retombées, en fixant les visiteurs plus longtemps sur place, devraient profiter aux communes voisines. Une salle pourrait même promouvoir les musées des environs, qu’ils soient publics ou privés (dont Glozel, bien sûr). C’est donc la nouvelle Communauté d’agglomération qui devrait faire, de ce nouveau musée, un des axes prioritaires de son action, en raison de son double impact économique et culturel. Vichy a été longtemps le première des stations thermales, pourquoi serait-elle aujourd’hui la dernière ville à posséder un « vrai musée » ?

 

* Actualisation au 18 octobre 2006 : Le site de l’emballage a été retenu pour une pépinière d’entreprises et des logements.

Bien d’autres sites sont possibles à Vichy. Les idées ne manquent pas, avec leurs modalités pratiques de mise en œuvre…

 

 

Napoléon III bienfaiteur (2003)

 

Page 150-151

 

Que manque-t-il aujourd’hui pour mettre encore mieux en lumière ce riche passé que peu de villes possèdent en France ? Un grand musée qui regrouperait le nombre inestimable d’objets (statues, tableaux, lettres, souvenirs) éparpillés dans divers locaux dépendant de la mairie (hôtel de ville, médiathèque et centre culturel Valery-Larbaud), dans les greniers de la Compagnie fermière et dans les villas de collectionneurs privés (Michel Laval a constitué une collection unique de « souvenirs » de Vichy ; Jacques Cousseau dispose de documents rares sur l’hôtellerie vichyssoise). Un grand musée qui embrasserait la totalité de l’histoire de la ville depuis le passage de Jules César et qui n’hésiterait pas non plus à inclure la période subie de l’État français entre 1940 et 1944. Ne serait-ce pas un bon moyen pour crever enfin l’abcès de « Vichy-capitale » ?

 

Napoléon III mériterait la meilleure place dans ce musée. Une place distincte des hôtes célèbres de la station, car il ne l’a pas seulement visitée : il l’a pratiquement créée, il l’a façonnée. Pionnier du tourisme, il lui a donné une impulsion qui s’est prolongée durant un siècle entier. Ce musée, sorte de musée du Chastel-Franc modernisé, constituerait un nouveau pôle d’économie culturelle et touristique appréciable pour la ville et un hommage pleinement mérité à Napoléon III, son bienfaiteur.

 

 

Page 216-217

 

Beaucoup de Vichyssois pensent aujourd’hui que la meilleure manière d’éviter la confusion entre la ville et le régime du maréchal Pétain est d’ouvrir un musée sur la période 1940-1944. Ce serait l’occasion de montrer la réalité historique et donc la distinction entre le régime qui s’est implanté à Vichy et ses habitants qui l’ont subi. Cette idée répond de plus à une forte demande touristique, les passions s’étant atténuées soixante ans après les faits.

 

Craignant que le remède se révèle pire que le mal, la municipalité en place s’est, à ce jour, refusée à prendre l’initiative d’un tel rappel. Elle s’est limitée en ce domaine à quelques initiatives comme la création, voici une dizaine d’années, d’une visite guidée sur les sites utilisés par l’État français. Alain Carteret a proposé, en 2001, une solution dans son livre « Vichy deux millénaires » : un musée moderne sur l’histoire générale de Vichy intégrant la période 1940-1944 avec l’évocation des lieux et des faits. Cette suggestion n’a pas rencontré le moindre écho.

 

 

Vichy Charme (2006)

 

Page 28

 

En conclusion, Alain Carteret appelle de ses vœux, dans son Napoléon III bienfaiteur de Vichy et de la France, la réalisation d’un « Grand musée de Vichy » comme il l’avait fait à la fin de Vichy deux millénaires. Un musée « général » qui embrasserait la totalité de l’histoire de la ville depuis Jules César. Il inclurait donc la période noire 1940-1944 qui fait l’objet d’une forte demande d’informations de la part des touristes. Ce serait l’occasion de réaffirmer haut et fort la position de la municipalité, vérité historique incontestable, sur le fait que la ville n’est pour rien dans le choix de Vichy en juillet 1940 comme capitale provisoire de l’État français, sinon qu’elle a été victime de la qualité de ses infrastructures. Les habitants de Vichy n’y ont gagné qu’une ville endommagée, des hôtels saccagés et une assimilation tenace, par les médias et les hommes politiques, de son nom à un régime !

 

 

Page 68

 

Le numéro 9 de MODERGNAT (mai 2005), avec le maréchal Pétain et Claude Malhuret en couverture, est titré Vichy face à son passé, faisant allusion à la formule éculée d’Henry Rousso Un passé qui ne passe pas. Ce thème passionne toujours autant les journalistes, à défaut de passionner les lecteurs ! Il oppose le maire de Vichy au député Gérard Charasse, radical de gauche, son traditionnel concurrent aux législatives. Toujours la même rengaine de Vichy étouffé et prisonnier de son histoire, du silence gêné des Vichyssois sur cette période douloureuse. Claude Malhuret réaffirme sa crainte qu’un musée Pétain ne fasse juger la ville « révisionniste » et son opinion que c’est au gouvernement ou à un collège d’historiens de créer cet éventuel musée. Gérard Charasse ne pense, lui avec son adjoint Christophe Pommeray, qu’à faire un musée « dictature de Pétain » au titre de la mémoire. Aucun des contradicteurs n’évoque évidemment la solution logique préconisée par Alain Carteret depuis 2001 : créer un musée de toute l’histoire de Vichy, intégrant donc la période 1940-1944, en mettant surtout l’accent sur les hôtes illustres.

 

 

Page 177

 

Dans son programme « Vichy au cœur » de 2001, le Dr Malhuret réfute en quatre pages (51 à 54) l’idée, émise par nombre de Vichyssois, de créer un nouveau musée : un musée « Vichy capitale ». Il estime que la réalisation d’un tel musée, sujet national, ne peut revenir qu’au gouvernement ou à un collège d’historiens incontestés. Son raisonnement est parfait dans le cadre d’une réponse à une question mal posée. L’intérêt touristique de la ville commande de créer, non pas un « musée Pétain », mais un nouveau musée de « l’histoire générale de la ville », axé sur ses personnalités et hôtes célèbres. La partie consacrée à la période 1940-1944 ne serait qu’un des éléments répondant aux fortes attentes du public. Cette partie purement historique serait l’occasion de bien rappeler que la ville de Vichy n’est pour rien dans le déclenchement de la guerre, dans la défaite militaire, dans le rapatriement à Vichy en 1940, qu’elle a au contraire été victime de ce choix extérieur par des installations endommagées et une assimilation constante de son nom à un régime.

 

 

Régime de Vichy : ça suffit (2010)

 

Page 91

 

En fait, ce n’est pas un « musée Pétain » qu’il faudrait, mais « un musée général » de l’histoire de la ville qui intégrerait aussi la tragique période 1940-1944. L’historien local Alain Carteret le suggère depuis 2001, ayant même dans ses cartons, un projet complet de musée avec nom original, architecture marketing du bâtiment, composition et contenu des salles, etc. Son concept s’insère dans un cadre plus large d’économie culturelle et d’acquisition du patrimoine (collections de particuliers).

 

Si Vichy est indéniablement riche de nombreux et captivants musées, ils sont tous thématiques : les arts (musée municipal et musée privé Boucheix), l’Opéra, les civilisations d’Afrique et d’Asie, la philatélie, etc.

 

Aucun de ces musées ne couvre l’ensemble de son histoire, notamment les époques fastueuses où Vichy était parée du titre de « Reine des villes d’eaux » et où les célébrités du monde entier se précipitaient.

 

Ce musée général serait l’occasion de présenter, comme dans ce livre, les arguments balayant clairement cette dénomination révoltante de « Vichy » affectée au régime du maréchal Pétain.

 

Cette idée ne sera pas mise en œuvre sous le mandat du maire actuel au motif (imparable !), selon sa déclaration au mensuel Modergnat en juin 2010, que « Tous les musées sont des gouffres financiers inimaginables ».

 

 

 

Alain Carteret dispose d’un projet « clef en main »
(nom, architecture, contenu, etc.)
pour le futur musée de Vichy…

 

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